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LA TOPONYMIE DE L'ALGERIE

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LA TOPONYMIE DE L'ALGERIE

Message par Boualem le Sam 20 Déc 2008, 23:19

Le premier intérêt de l’étude des toponymes est de fournir des points de repère pour localiser des lieux et les mémoriser. La mémoire humaine ne peut se rappeler de tous les lieux, et si on ne les nommait pas on serait obligés à chaque fois de décrire la position, l’emplacement, donner des caractéristiques pour reconnaître le lieu en question. La toponymie, dont l’objet d’étude est le nom de lieu, est une discipline aujourd’hui classée dans la linguistique ou science du langage et des langues. Elle relève de l’onomastique ou étude des noms propre qui comporte, en plus des noms de lieux, l’étude des noms de personnes ou anthroponymie. Le champ de la toponymie étant très vaste, la discipline est subdivisée en plusieurs branches:

-Hydronyme : ou étude des cours d’eau, des ruisseaux, des sources, des oueds etc

-Oronyme : ou étude des noms de sommets : montagnes, collines, vallons, plateaux, ainsi que des reliefs plats, comme les plaines,

-Odonyme : ou étude des noms de voie de communication, comme l’étude des noms de rues ou de monuments

-La microtoponymie: s’intéresse aux lieux dits, peu ou pas habités etc.

Dans de nombreux pays, la toponymie fait l’objet de recherches et dispose même de chaires à l’université. C’est que la toponymie n’est pas seulement une affaire de patrimoine, c’est aussi une question de souveraineté : elle est la marque indélébile de l’histoire d’un pays, de ses frontières et de sa personnalité. Dans les pays coloniaux, la décolonisation est souvent suivie de vastes remaniements toponymiques : C’est le cas de l’Algérie où après 1962, la plupart des villes dont le nom a été francisé ainsi que les agglomérations issues de la conquête, ont retrouvé leurs anciens noms ou acquis de nouveaux noms algériens...... La suite sous la photo


Dernière édition par Boualem le Mer 24 Déc 2008, 10:50, édité 1 fois (Raison : Pour élargir le sujet à toute l'Algérie.)

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Re: LA TOPONYMIE DE L'ALGERIE

Message par Boualem le Sam 20 Déc 2008, 23:28

..... La toponymie actuelle de la Kabylie


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Re: LA TOPONYMIE DE L'ALGERIE

Message par Invité le Sam 20 Déc 2008, 23:34

juste

Merci

Ce genre détudes devrait être obligatoire dans les programmes des lycées algeriens.

Pour comprendre la racine du mal algérien actuel.
Et qu'on puisse parler enfin de "nation" algérienne.

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Re: LA TOPONYMIE DE L'ALGERIE

Message par Boualem le Mer 03 Fév 2010, 13:35

La toponymie amazighe en Afrique du Nord

A la fin des années quarante, le résultat des études berbères indiquait, premièrement que les berbérophones étaient encore une dizaine de millions parlant encore le Berbère ( Tunisie, Algérie, Maroc, Sahara, Tripolitaine).
Concernant la seule Algérie, les berbérophones pouvaient être répartis d’une façon générale entre deux groupes dialectaux :
- 1° la zenatiya ou parler zénète ( Aures, Bani Nenacer, beni Snous, Ouarsenis, Dahra, Mzab, Oued Rir, Ouargla, Touat, etc...)
- 2° le kabyle ou zouaoua, parent du touareg ( Ahaggar) et du chleuh marocain ( Kabylie, Blida, Cherchell, Teniet el Haad, etc...)

Relief et règne minéral :
Le terme générique adrar ou adreîr - Montagne - correspond au mot arabe Djebel.
Adrar - Pierre - terme générique en Kabylie, et - Montagne - dans l’Aïr.
Les cartes géographiques en Algérie étaient, à ce sujet, assez fautives ; ainsi, dans tout le pays kabyle on dit : adrar n jerjer et NON Djebel djurdjura.

Isk et Ich « Corne » et, par extension « pic, sommet, montagne, escarpement » est toujours fréquent en Algérie où il apparaît toujours en composition : Ichouar « le Pic du lion » Ich temedda « le Pic du vautour » (Aures)

Azru, Tarerut, pluriel Izarwen, tazerwin, izra « pierre, rocher, montagne, endroit rocailleux » En Algérie : Djebel azerou-Djemaa, l’Azerout-n-Tarat, l’Azrou-n-Tohar, Bou Azera, Tazeroud, l’Azerou-n-Trourda ( montagnes ) Azerou-em-Bchar, Azera, Tizra (localité)

Tafsa se rapporte, en général, au grès et à tout calcaire En Algérie, les Aîn-Tafeza « Source du grès » sont nombreuses. G.MERCIER rapporte à ce thème nominal, par permutation du f X p, les noms antiques de TIPAZA et THAPSUS.
A ce thème, relèvent également les noms de Djebel Tifech et de l’Oued Tifech et peut-être TEFESCHOUN.
Tekkat qui a le sens de « rocher à pic un peu surplombant » a formé quelques noms de lieux.

En Algérie : Koukou, ancienne capitale de la Kabylie XVI° et XVII° S. Tkut, Takouka, Takkouch, Takoucht (djebel), Tikiouch « le petit piton » localité de Kabylie.

Ekadé « pierre « en Touareg donne ekedi avec le sens d’escarpement » il serait d’avis de rattacher à ce terme Ras Skidda (Philippeville), nom antique Rusicade qui serait de compte à demi avec rush « cap « . Comme il arrive souvent en toponymie, il y aurait une superposition de deux vocables de même signification.

Uzzal est le nom « du fer » dans tous les dialectes avec quelques variantes vocaliques

Dans l’Aures, une espèce de frêne au bois très dur se nomme t’uzzalt pluriel T’uzzalin. Mais au Maroc, uzzal et tazult est aussi « sulfure d’antimoine » ou Koheul, en arabe, employé comme fard et collyre pour les yeux. De nos jours, les Kabyles emploient aussi uzzal dans un sens métaphorique qui signifie « bravoure, courage ».

Tizi, « col, passage, chemin, etc... » pluriel Tizza, diminutif Tizit est fréquemment noté dans la nomenclature algérienne. Il est toujours suivi d’un déterminant dont je préciserais plus loin la signification suivant qu’il est emprunté à la botanique ou à la zoologie.

En Kabylie, le « versant exposé au soleil » s’appelle asammer féminin tasamert, tandis que le « versant exposé à l’ombre » s’appelle amalu, pluriel imula ; Tassameurt, Oussameur, Amalou, localité, « pente et versant d’une montagne » de dit amadel pluriel imadal.

D’après M. Soualah : Telemly ( à Alger) représenterait Tala oumalou « la source ombragée » ou Tala oulimi « la source de la pente ».

Ifri, pluriel Ifran et Ifraten, diminutif Tifrit. Avec un vocalisme à : Afri pluriel Tifran « caverne, grotte » et aussi « trou » ou « bassin artificiel destiné à recevoir l’eau des montagnes »

En Algérie : Aîn Tifrit, Oued Tifran, Tifra, Tafraoui, etc... Ghar-Ifri. Aurir et Taurirt, pluriel Tutarin « colline, montagne peu élevée » est un terme fréquent dans la nomenclature algérienne : Taourirt, Taourirt Amokrane pour meqqorel « la grande colline », Taourirt-Ighlil « la colline du bras ».

Zaccars (les) sont deux montagnes situées dans les environs de Miliana : Zaccar Gharbi (Ouest) 1579m et Zaccar Chergui (Est) 1533m. Zaccar est une forme arabisée du berbère Izeiikar pluriel Azellaker qui signifie « cime, point culminant ». Zacor, Zoukara, Zgaïer (localités).

Ténéré pluriel Tinâriwin « plaine, étendue assez grande de terrain plat, sans montagne ni dune de sable » Par extension : plaine déserte.

Tensa « lieu encaissé » tensaout « lieu bas entouré de hauteurs » pluriel Tinsoin sont des termes qui désignent en Kabylie des villages. Thansaoutt « ombellifère très commune dans les moissons dont la fleur fournit une teinture jaune »

Dans la plupart des dialectes Ighil pluriel Ighalen diminutif Tighill « bras » sert à désigner une « colline, crête faîtière, chaîne de montagnes, etc... »

Ighilali, Aghil En composition Ighil et Tighilt sont fréquement employés en Kabylie. IGHILIZAN « la crête des mouches » a donné RELIZANE

Ighir « épaule » aurait un féminin Taghrut, terme qui a le sens d’ « épaule, omoplate » dans l’Aures.

En toponymie, le diminutif Tagherdit et le pluriel Tighardin ont le sens de « hauteur, falaise, escarpement ».

Aïn Taghout. C’est peut-être le thème qu’il faudrait rattacher, Ghardaïa, prononcé par les M’zabit Tagherdayat.

L’EAU :

C’est une racine polymorphe qui a servi à fournir d’innombrables noms de lieux en Afrique du Nord.
Le Dr Provotelle, dans une de ses nombreuses publications a été le premier à signaler la valeur hydronymique de la racine lybico-berbère LL à laquelle il a rapporté le nom de LALA, petite localité au sud de Gafsa en Tunisie. Stéphane Gsell a cité lui aussi le vieux mot lybiens LILU appliqué à l’eau courante par Hesychius. De son côté, E. Laoust, dans ses « Mots et Choses Berbères » écrit : « Dans le djebel nefusa, à Djerba, au Djerid, Itel désigne « la mer », tandis que sitel, en Touareg est « le mirage » ; Il, en zenaga est « un fleuve » ; « rincer du linge » se dit partout SLIL qui est une forme factitive, littérairement « faire passer de l’eau » ; Aslili chez les Izayan est « lapierre sur laquelle on lave et rince le linge » ; Alili « laurier-rose », arbuste par excellence des oueds africains.

Ilel, Ilil, Tillit, termes fréquemment relevés en toponymie « pour nommer les sources et les rivières ».

En Algérie : L’Hillil, Telilat, Aîn Loulou, Oued Lili Illiten

Aman : il semble que ce terme entre dans la composition du vocable Agelman, pluriel Igulman. Agelmin, Tagelmin, pluriel Igulminen « citerne, réservoir » qui a fourni en Algérie de nombreux lieux signalés par G. Mercier. Kabylie, ce vocable a aussi le sens de « mare ».

Ighil Igoulmimen « la crête des citerne » Taghelmint, Agoulmane, Haouch Agoulman, Ikhf-en-Tigelman et les aguelman des Plateaux sahariens.

Connu de la plupart des dialectes, SUA, dérivé du verbe SU « boire » a le sens de « source ». Ce vocable est représenté dans la nomenclature antique par : SUA, actuellement Chouach, MISSUA actuellement Sidi Daoud et THIMISUA, actuellement HT Tazma (en Tunisie)

Aghbalou « source, fontaine » est fréquent dans la nomenclature marocaine. Bir Rabalou, Djebel Arbalou, Aghbal, Arbal, Oued Arbalou en Algérie.

Tala et ses variantes : thala, tahala, tahalat, etc.. signifient « source » et « point d’eau ».

Dans le cas actuel, il est fréquent en composition avec un déterminant : Tala-n-Tazert « la source du figuier », Tala Ifacene, Tala Ziza, Aïn Talazit, Thala, Aïn Talaouart, Tilouïne (Aïn a la même signification que Tala).

RÈGNE ANIMAL :

Le nom des animaux, sauvages en particulier, ont laissé de grandes traces dans les noms de lieux en Algérie.

A tout seigneur tout honneur : LE LION. Le lion qui fut très commun en Afrique septentrionale a marqué la toponymie de son nom redoutable. Il convient de reconnaître que, selon les dialectes, le nom de LION se présente sous deux formes dérivées de la racine AR : ar, pluriel iren ; aired, pluriel aireden, féminin tairat, taharet, etc... La LIONNE ! (en hébreu aryé) en kabylie Izem LION.

Djebel Ichoaur, Oued Ouaran (Oran), Aïn Talaouart, Tahert, Tiaret, Izem,Taghemmount Izammen « la colline des Lions » Ouaran, Oran, dialectiquement est à rapprocher du pluriel Iren (arabisé)

Hyène : Ifis et Ilffis, féminin tifist, pluriel Ifisen On trouve en Algérie le pluriel Iffisen.

Chacal : Ucchen féminin Tucchent Ighil Bouchchen « la crête du chacal » ; Foum Taouchent, localité Aïn Témouchent.

Sanglier ou porc : Iléf, pluriel Ilfan ; féminin Téleft « laie »

Ce vocable, dans les parlers maghrébins, est utilisé sous la forme de Halluf transcrit en Hallouf et désigne aussi bien le sanglier que le porc.

L’origine de ce mot berbère d’après les toponymies ci-après : Ighil ilef (Kabylie) Dlebel Bou Ilef Oued Bou Ilfan (Aures)

Quoi qu’il en soit, son aire d’extension en toponymie nord-africaine est considérable et ce mot Halluf ou Ilef s’applique TOUJOURS au sanglier dans l’appellation de sources, oueds, puits, montagnes : Aïn Hallouf, Oued el Hallouf, Bir el Hallouf, Dlebel el Hallouf..

Serpent et les reptiles en général : Fiker, pluriel Ifiker ou Fekeren

Tortue, en arabe dialectal : Fakrun En Kabylie : tortue se dit Ifker, pluriel Ifkar et encore Ifékren, Ifekran. En Algérie : Aïn el Fakrun, Ferkane, F’krina, etc...

La fourmillière : Taourga

Scorpion : Taghardamt en forme arabisée Ghardimaou.

Perdrix : Taskurt, pluriel Tiskrin ; en arabe parler H’jel Saint Denis du Sig, nom antique de Tasaccora.

Milan, Buse : Usiwan. Ighil Oussian « crête du milan »

Faucon : La cap Falcou et Ach Oufalkou (en arabe) Conservation du nom berbère du faucon « falcou » venu du latin Falco.

Escargot : Arus, diminutif Taarus en Kabylie. Aghlil dans le Hodna. Babouch en Kroumirie.

RÈGNE VÉGÉTAL :

Divers vocables issus sans doute d’un même thème originel peuvent s’appliquer, selon les régions, à des espèces végétales fort différentes. Par exemple : Azemmür, pluriel Izemrân et Izemralen « olivier sauvage » Tazemmûrt, pluriel tizemmurin « olivier cultivé »

Ces deux mots se disent encore : Zeboudj pour les oliviers sauvages Zitoun pour l’olivier cultivé (ce mot est un terme sémitique).

Azemmur ou Zemmur par apocope de l’a initial désigne des toponymes répandus dans toutes les régions oléicoles de l’AFN : Azemmour, Zemmour, Zemmoura Tazemourth, etc...

Les céréales sont pour ainsi dire absentes.

Le « blé », irden, serait à l’origine du nom antique de Lambiridi, près de Batna, lequel signifierait, selon G.MERCIER, « l’endroit du blé ». Ichéridène a peut-être le sens de « colline à blé »

Les espèces spontanées et sauvages sont, par contre, relevées fréquemment en toponymie. Ader, aderna « les chênes à glands doux » Waderna, « les glands » Kerruch esr le nom du chêne-vert (du latin quercus) Thasaft, en Kabylie, « chêne à glands doux » Ezzan, Thazanet, « chêne zeen » Des localités : Tassaflit, Guerrouch, Thaghilt, Oukerrouch, Darna.

Le génevrier, Zinnbat Oued Zinba, Djebel Tazimbout (région de Tébessa) qui est couvert de genévriers.

Le genévrier rouge, Taga, Taka, Tega, Tiqqi, etc... Aïn Taga, Aïn Taya, Bou Taka

Le genévrier épineux, Uzzû Qui a donné le nom de Tizi Ouzou (capitale de la Kabylie)

Le fenouil sauvage, en berbère : Tamesaût - en arabe ; Temest, Temas, Temassine, Oued Messa, etc...

Les roseaux, Taghanimt, pluriel collectif Ighanim ou aghanim qui donnent des noms aux lieux en Algérie et dans le Territoire du Sud avec Talmest ou almest, pluriel Tilmesin. Il conviendrait de donner l’explication du nom de la ville de Tlemcen (Oranie) : Ibn Khandoun, Histoire des Berbères, III p. 334 dit : « Le nom de Tilimçan est composé de telem et de sin, mots qui dans l’idiome des Zenatas signifie : elle est composée de deux choses, c’est-à-dire, de la terre et du ciel » ???

Ronces et mures sauvages : Habegha, tabegha, pluriel Tibagaïn, ( du touareg abegh) En Algérie, Aïn Tabegha, source en Aurès. En arabe « aleq » ronces du berbère tabegha. Cette étymologie justifierait le nom de Bougie, en arabe : Béjaiya, en berbère : Bégaiya, selon Ibn Khaldoun. Alfa : en Berbère : Aûri, ari, âri, Telemt En Arabe : Djebel Bou-Ari, Ras ou Cap Iri.

A partir de ce qui précède, je vais citer quelques noms de localités en Kabylie qui dérivent des noms de plantes.

Tadmaït le palmier nain Takhilouant le sureau ou le ricin Iguer Ghedmimen le champ des aubépines Tajjelt la ronce Tassenant l’épine Tighilt Oumezzir la petite crête de la lavande Tizi Bouafrioun le col des feuilles Ikhefilen les scilles Tifilkount la fougère Tidmimin les aubépines Tiboudiouin les massettes

En conclusion, d’une manière générale il convient d’être extrêmement prudent pour effectuer des recherches dans les étymologies basées sur la langue berbère. Je pense que l’on doit toujours se souvenir que, d’une région à l’autre, la même plante, le même arbre porteront des noms aussi différents que nombreux. (H. Banus)

NOMS SIGNIFIANT DES QUALITES OU MANIERES D’ÊTRE :

Le thème « Grand » au propre comme au figuré est souvent employé sous des formes diverses mais qui impliquent l’idée de proportions supérieures à la normale ou d’excellence.

Agur Dominer, dépasser en grandeur Ajer Surpasser Eger, Ejer Etre plus grand Ugur, Eger, Ezer Amokrane Grand

Djebel Gourou, Djebel Garra, Oued Mekkera, Djebel Touggourt, Taourit Amokrane, Magoura, localités « le lieu élevé » et peut-être, Jurjura (montagne) et Igharghar « grand Fleuve desséché »

Petit Améziane, féminin Tamezziant

Milieu Ammas, pluriel Ammasen Ihil Bou Ammas « la crête du milieu » localité

Soleil et Briller Il’ig et It’ij Metidja ou Mitidja « la plaine ensoleillée » Il existe également une Mitidja dans l’Ouarsenis.

Etre gros Amizzar - Oued Amizzour

Main droite Aifus par opposition à Azzelmad « à gauche » Matifou (cap) Tama taifust « celui qui est à droite ».

NOMS EMPRUNTES AUX COULEURS :

Parmi les toponymes tirés des noms de couleurs, le plus usité est celui qui signifie Blanc : Amlal, Amellal, Umlil, pluriel Amellalen ; féminin Tamellalt, pluriel Timillalil qui signifie « blanc » et par extension « endroit aride, sablonneux » Tamellahat, Mellila, Aïn Mellila, Aïn Melloul, Oued Mellilo etc...

Nègre et Animal de couleur noire : Esedif, pluriel Isedifen

Le chaouia de l’Aures connaît Assett’af « noir » et le M’zab Zett’af. Sétif nom antique Sitifi ou Sitifis et l’oued Setaffa relèvent du même thème.

Bleu : Azagzaou, pluriel Izegzaou.

Une montagne visible d’Alger, en avant du Djuddjura s’appelle Bou Zegza.

Rouge : Azuggagh, pluriel Izzuggaghen ; féminin Tazzuggaht.

Zougara, Izougachen, Tizougarine, Taghemmout, Zouggaghen, localités.

Synthèse d’une publication de Henri Banus, extraits.

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Bouguezoul dites-vous ?

Message par Boualem le Sam 07 Mai 2011, 09:22

Étude. Patrimoine immatériel et noms de lieux
Bouguezoul dites-vous ?



Si un jour la capitale de l’Algérie porte ce nom, on verra comment la fortune d’un nom de lieu (ou toponyme) peut, à lui seul, concilier le passé et le futur, la tradition et la modernité, rappelant toutefois et en même temps cette réflexion de mon ancien professeur de psychopédagogie à l’université d’Oran, par ailleurs psychanalyste, feu Khaled Ouaddah : «Tout ce qui est ancien n’est pas traditionnel, et tout ce qui est nouveau n’est pas forcément moderne.»



De même, nous viennent à l’esprit les mots de Mostefa Lacheraf dans son ouvrage Des noms et des lieux, où il parle d’une «société dont la filiation est établie depuis la plus haute antiquité».
Bouguezoul : perçue et évoquée depuis plusieurs décennies – à tort ou à raison –, comme la future nouvelle capitale politique de l’Algérie, selon le plan et les prévisions conçus par le ministère de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement, en raison, selon ses initiateurs, des conditions favorables d’un pôle attractif, compte tenu de sa proximité de la capitale actuelle du pays, de ses nombreuses potentialités naturelles, du nécessaire redéploiement des flux de populations, aujourd’hui dangereusement concentrées sur le littoral, et en vue d’un développement économique plus équilibré et mieux réparti dans l’espace territorial national. Quel que soit le destin final de ce projet, il est l’occasion d’étudier une dénomination qui prend source dans la nuit des temps.

Les deux articulations, historiques et linguistiques étymologiques que nous développerons dans cette contribution, nous montrent que le présent vocable, composé de deux unités lexicales, «bou» et «guezoul», est transcrit différemment (Bouguezoul ; Boughezoul), en raison des spécificités phonétiques des langues en présence et de leurs évolutions, ainsi que de la tradition graphique établie, depuis le haut Moyen-âge, et de ses conversions en caractères très distincts : arabe/latin et vice-versa. La survivance dans les usages oraux et écrits actuels des deux formes (Bouguezoul ; Boughezoul), s’explique certainement par la non-existence de sons dans chacun des systèmes phonétiques : l’arabe (littéraire) n’inclut pas la consonne «g» et le français ignore le «gh», ou «ghayn» de l’alphabet arabe.


Le nom de «guezoul», ou sa forme altérée, «ghezoul», émerge de manière singulière dans les textes de tous les historiens et chroniqueurs, au Moyen-âge, dans la région de Tahart/Tihart la médiévale et les moudjahidine de la Wilaya V qui arpentaient ses maquis la connaissent bien : Djebel Guezoul. Selon Al Bekri, et surtout Ibn
Khaldoun – eu égard à son long passage dans la région –, c’est sur ordre d'Ibn Rostom qu’on bâtit sur le flanc de cette montagne, la ville de Tihert (ou Tiaret la moderne) en l'an 144 de l’Hégire (761-762). L’hôte de Frenda précise : «Dans les temps anciens, les Matmata habitaient les plateaux de Mindas, aux environs de Ouanchérich et du Guezoul, montagne du pays de Téhert».


Mais, très loin dans le temps, donc dans l’Antiquité, et plus proche de nous aussi, on a attribué surtout le nom de «gezul», à des populations (usage ethnique, ethnonyme) et même en tant que patronyme, notamment dans les formes «Guezoula, Guezazla et Guezouli». Ces étymologies ne correspondent pas forcément aux quelques régularités que nous connaissons jusqu’à présent, des significations véhiculées par le système de dénomination traditionnelle des lieux et des tribus et de leurs représentations.
«Guezoula» vient de «Guezoul», nom de tribus berbères, «descendants des Béranès», selon Ibn
Khaldoun qui aborde ce point dans Histoire des Lamta, des Guezoula, et des Meskoura, tribus descendues de Tîski et sœurs de celles de Sanhadja et de Hooura.

D’autres auteurs établissent un rapport entre «gezoul» et «Gétule». Naït Zerrad, dans son Dictionnaire des racines berbères (1998), relève l’extension géographique de la racine GZL (chleuh, mozabite, Maroc central, kabyle…) sous les formes suivantes : «igzul, gzul, gzel, agezzul», avec le sens de «court, devenir court, de petite taille». «Gezzul» : il est court. «Igzal, igzul, iwzil» : être court (Chaker, 1980). Agzal : «pique courte, caractéristique des Nord-Africains, zugzal» (Tilmatine, 2004). Cependant, Emile Laoust (1940) et Rachid Bellil du Cnrpah d’Alger, dans son ouvrage Les oasis du Gourara (Sahara algérien) : Le temps des saints (1999), en font la synthèse la plus pertinente, celle notamment qui supporterait, à notre humble avis, notre hypothèse explicative de l’origine de ce nom. Dans son étude sur le Sahara marocain, Bellil cite Jacques-Meunié, en apportant quelques précisions sur les Gétules. «On se souvient, écrit-il, que sous le nom de Gatuli, Gétules, l’Antiquité semble avoir englobé tous les indigènes des Hauts-Plateaux et de l’Atlas, depuis le golfe de Gabès jusqu’à l’Atlantique… Ils auraient occupé les immenses steppes de la Berbérie à la lisière du Sahara, mais leur localisation est incertaine car ils sont signalés à la fois au Maroc, en Algérie et en Tunisie (…) Gétules n’a donc pas un sens politique ni un sens ethnique (…). Comme si, à partir d’une certaine latitude, des Libyens de ces régions prenaient automatiquement ce nom». Précisons que «Libyens» a, ici, le sens d’habitants de l’Afrique du Nord dans l’Antiquité (ndlr : ne pas confondre avec les habitants de l’actuelle Libye).


Etablissant un lien entre «Guezoula», transcription arabe d’«Igguzulen», Bellil ajoute la réflexion de Camps : «L’étymologie du mot Gétule est aussi peu connue que celle des Maures ou des Numides ; elle est vraisemblablement indigène (…) le terme gaetulus dériverait du berbère agadig, dont le pluriel, Igudalen, est transcrit en arabe : gudäla. Les Gudala (ou Djudala) sont, eux aussi, comptés parmi les groupes de Sanhadja du désert». Pour Laoust, étudiant la toponymie du Haut-Atlas au Maroc (1940), le terme en question est un pluriel de «aguzûl», désignant à la fois un groupement ethnique et un leff de l'Anti-Atlas. Il précise : «Les Gezzûla, forme arabisée, semblent être venus du Sahara aux premiers temps de la conquête musulmane, (…) ils luttèrent notamment avec acharnement contre les Almohades. Ils occupèrent le Tazârwalt. Quand un descendant des fils de Sidi Aêmed u Musa voulut réoccuper le royaume de ses ancêtres, les Berbères lui donnèrent le titre de «Amoar n iguzulen», du nom des conquérants. Les Iguzulen donnèrent leur nom à un Leff qui porte encore le nom de Tagizûlt ou de Taguzûlt auquel adhérèrent un grand nombre de tribus de l'Anti-Atlas et même des Haha dans leur totalité. Ce Leff est surtout montagnard; c'est un Leff noble qui groupe les adversaires acharnés des Isuktân…».


Tout linguiste ou historien, quelque peu averti sur les faits de langues, aurait fait le rapprochement entre le «g» et le «j» dans gezoul/jezoul et gudala/judala (cité plus haut par Camps). Le passage d’une langue à une langue, à l’oral d’abord, à l’écrit ensuite, subit des altérations dont la science phonétique combinatoire est en mesure d’expliquer les mécanismes, dans un contexte de contact entre différentes langues. C’est le cas présentement du berbère et de l’arabe, par la substitution du «g» par le «j». Apprécions à ce propos cette narration d’un historien : «Le plus connu de ces marabouts est un Guezouli, Sidi Mohammed Ben Sliman el Jazouli, un des sept patrons de Marrakech où il a son tombeau dans le quartier qui porte son nom». Plus proche de nous, l’on citera, à Oulhaça, à l’ouest algérien, plus précisément à Sidi Ouriache, la zaouïa El-Djazoulia liée au personnage de Abou Abdellah
Mohamed El Djazouli, originaire de Medjedja (Chlef), auteur de Dalayle El Khaïrate et fondateur de la tariqa (ndlr : voie ou confrérie mystique) qui porte désormais son nom : El Djazoulia.


Toute une littérature historiographique existe sur les origines des Gétules/Gezula, et leur date d’apparition dès le IIIe millénaire av. J.-C., en fonction des auteurs et de leurs époques (Strabon, Pline l’Ancien, Ibn Khaldoun, Gsell, Camps, Marouf, Bellil…), les rapprochant ou les séparant, sur un vaste territoire, des Zenata ou des Sanhadja en alliance ou en confédération avec les Houara, Goumara, Masmouda… Des travaux en linguistique ont montré l’ancrage et l’importance du sous-bassement berbère, attestant la profondeur historique de son origine en Afrique du Nord. D’anciennes références aux Gétules, comme celles des Carthaginois, révèlent les liens d’alliance entre le prince des Gétules et la reine de Carthage, vers l'an 815 av.J.-C.


Des noms de lieux, au Maghreb, portent encore cette dénomination : Djebel Guezoul, Sidi Mohamed Guezoul dans les environs de Tiaret ; Guezzazla à Mostaganem ; Jebel Guezoula Hafa Guezoula au Maroc. C’est cette tendance dénominative qui attire notre attention. En effet, la racine GZL exprime l’élévation, le thème du relief. Nous remarquons la dimension montagnarde à travers toutes les descriptions précitées. Nous formulons cette autre hypothèse que Guezoul pourrait dériver d’une base archaïque, voire primitive, et que nous retrouvons dans le touareg, ou cette même racine signifie «monter, gravir une pente». Igezulen seraient donc «ceux qui gravissent les pentes ; les montagnards». Quant au préfixe de Bouguezoul, c’est-à-dire «bou/bu», il est à rapprocher plus du berbère «vou» (celui de…, qui a…) que de l’arabe «abbou», avec le sens de père. Le «bu» berbère est suivi d’une détermination et demande l’annexion. Celui de l’arabe consacre une relation de parenté. Ce n’est pas le cas du berbère, où l’on relève des toponymes comme Bou Halloufa, Chenfar Bouloulou, Oued Bou Souf, Oued Boulensaf, Chet Boukmina, Sidi Bou Farik, Faîd Bou Rhenndja. Ce type d’appellations est usité pour désigner une particularité extérieure (présence de végétaux, d’animaux, de caractéristiques topographiques…) singularisant un lieu et ses environs.


Un géographe français, Gautier (1952) et un linguiste algérien, Cheriguen (1987), auteur du premier ouvrage sur la toponymie algérienne (1993), établissent le rapprochement devenu classique entre Guezoul et Gétule. Cependant, Cheriguen signale un rapprochement possible entre Gétule et Gueddala, et un continuum probable entre Geddala et Aguellid, «roi» en berbère. Cette hypothèse conforte la nôtre : la hauteur, la prééminence sont des marques de supériorité, préséance, suprématie. Bouguezoul signifierait dès lors : «celui du roi», «le lieu, le territoire du souverain…»… Peut-être et autrement dit, «de la capitale politique du pays» ? Les faits de nomination (noms de lieux, de tribus, de personnes, de créations artistiques, de produits de toutes sortes) font partie du patrimoine immatériel. Ramenés à l’échelle d’une société et de son histoire plusieurs fois millénaires, comme nous l’avons dit en d’autres occasions, les noms propres, chez nous, sont comme des dépôts de bijoux familiaux dans les milieux pauvres. Ils sont déposés mais non vendus, dévalorisés mais non bradés, mis de côté mais non oubliés, cependant, tout en étant en lieu sûr, ils peuvent être perdus à jamais. Tout cela, en attendant des jours meilleurs...

Farid Benramdane : Université Ibn Badis des arts et des lettres, Mostaganem. Chef de projet CRASC.
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Re: LA TOPONYMIE DE L'ALGERIE

Message par anna le Sam 07 Mai 2011, 13:13

@Boualem a écrit:La toponymie amazighe en Afrique du Nord

Concernant la seule Algérie, les berbérophones pouvaient être répartis d’une façon générale entre deux groupes dialectaux :
- 1° la zenatiya ou parler zénète ( Aures, Bani Nenacer, beni Snous, Ouarsenis, Dahra, Mzab, Oued Rir, Ouargla, Touat, etc...)
- 2° le kabyle ou zouaoua, parent du touareg ( Ahaggar) et du chleuh marocain ( Kabylie, Blida, Cherchell, Teniet el Haad, etc...)

[/i][/b]

Merci pour le sujet.
Je trouve un peu étrange que le parler targui est apparenté au zouaoui, sachant que les Touaregs sont des Zenètes. simple questionnage comme disait l'autre Very Happy

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Re: LA TOPONYMIE DE L'ALGERIE

Message par anna le Sam 07 Mai 2011, 13:33

@Boualem a écrit:[center]Étude. Patrimoine immatériel et noms de lieux
Bouguezoul dites-vous ?

Un géographe français, Gautier (1952) et un linguiste algérien, Cheriguen (1987), auteur du premier ouvrage sur la toponymie algérienne (1993), établissent le rapprochement devenu classique entre Guezoul et Gétule. Cependant, Cheriguen signale un rapprochement possible entre Gétule et Gueddala, et un continuum probable entre Geddala et Aguellid, «roi» en berbère. Cette hypothèse conforte la nôtre : la hauteur, la prééminence sont des marques de supériorité, préséance, suprématie. Bouguezoul signifierait dès lors : «celui du roi», «le lieu, le territoire du souverain…»… Peut-être et autrement dit, «de la capitale politique du pays» ?

Logique est le remplacement du "J" par le "G" comme il a été bien souligné plus haut ( Tout linguiste ou historien, quelque peu averti sur les faits de langues, aurait fait le rapprochement entre le «g» et le «j» dans gezoul/jezoul et gudala/judala (cité plus haut par Camps) mais reste t'il que pour le lecteur quelque peu averti de rejeter le rapprochement du remplacement du "Z" par le "D" . simple questionnage comme disait l'autre Very Happy

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Re: LA TOPONYMIE DE L'ALGERIE

Message par Boualem le Ven 25 Nov 2011, 11:22

Un petit (rappel)-dit en passant- avant de continuer Very Happy

(Les Zénètes, également appelés Zenata ou Iznaten, forment un groupe de diverses populations amazighes au Maghreb et sont les fondateurs des plusieurs États berbères au Maghreb, en Europe et en Afrique. Ils sont nomades et sédentaires à la fois et ces derniers sont les bâtisseurs des villes. Rachid Bellil déclare « qu'il serait une erreur de dire que les Zénètes sont uniquement nomades, car ils sont les fondateurs des villes de l'Atlas saharien et des oasis » propos qui confirment les écrits d' Ibn Khaldoun. Ce peuple a opéré le plus grand changement du Maghreb, une grande partie des Zénètes s'identifie aux Arabes comme le déclare Poitiron, « Les Zénètes disparaitront vers VIIIe siècle et qui couvraient le quart de l'Afrique du Nord, est un des faits les plus extraordinaires qu'ait connus le Maghreb. La similitude de vie et de domaine amène une arabisation rapide, accélérée par le désir des Zenata de s'anabolir, de paraitre Arabes ». Ils sont arabophones et berbérophones, ces derniers ont comme langue mère le Zénète.
Au Maghreb, les Zénètes sont concentrés de Tripoli jusqu’à Tanger dont la majorité se dit Arabes. Ce qui représente une grande masse humaine sur l’échelle de la population Magrébine.
Les Zénètes sont aussi localisés dans les anciennes villes du Nord du Maroc et l'Algerie et aussi dans le Sahara et plus précisément dans le Tell, Hodna, Haut plateau de l'Algérie (terre fertile du grand Maghreb central). Le Ziban et le Nememcha. Ces territoires et populations faisaient partie du territoire des Gétules situé derrière le limes romain et faisait l'objet d'attaque de la part des Romains. Plusieurs villes gétules étaient le théâtre de batailles entre les deux rivaux. Les historiens récents tendent à confirmer que les Zénètes du Sahara montaient vers le Nord en hiver ils se rendent au désert en été. La tradition fut rompue à l'époque romaine, ce que Benabou écrit dans son livre que Sévère confisquait les terres des nomades et les refoulait. Sévère donnait les terres aux sédentaires en échange. Les Romains ont aussi coupé le mode de vie des montagnards en leur interdisant la plaine qui est devenue la propriété des sédentaires. Ibn Khaldoun révèle que le déplacement des Zénètes au Sud et vers l'Ouest est le produit de la défaite des Zénètes face au Kutama et au Houaras. Et Ibn Khaldoun souligne que toutes les tribus soit Kutama ou Houaras ou Zénètes ou Sanhadja vivaient ensemble au Nord dans les temps reculés. Les études sur le Tifinagh ne sont pas assez développées au Sahara algérien pour confirmer que cette langue est l'écriture spécifiquement zénète, car certains soulignent que le Tifinagh viendrait de Gourara dans la wilaya d'Adrar, région habitée par les Zénètes. Gabriel Camps souligne que le langage Zénète est paléoberbère.
Au Maroc, actuellement, quelques tribus sont zénètes, on les trouve au Nord Est près des frontières algéro-marocaines et dans le Sahara marocain. Il est surprenant de constater comment les Mérinides ont pu se multiplier rapidement dans la région du Za, de la Moulouya, et du désert, après avoir été chassés d'Algérie par leurs adversaires. Et par la suite, ils prennent le pouvoir dans tout le Maghreb. Les Hafsides seront renversés par les Mérinides et que les différentes provinces de l'Algérie actuelle seront vite prises, ce que souligne Ibn Khaldoun.
En Tunisie, la majorité des Tunisiens sont Zénètes et parlent uniquement l'arabe et n'ont aucune idée de leur passé à cause des grands changements subis dans cette partie du Maghreb, ce qu'Ibn Khaldoun confirme et que E.F. Gautier déclare. Mais, pour des raisons que les chercheurs ignorent, les populations zénétiennes n'ont pas fait l'objet d'études sérieuses dans le pays, ce qui a été signalé en 1978, lors des travaux de recherche en Algérie. Au milieu du XIe siècle, lorsque les Hilaliens, envoyés par les Fatimides pour réprimer les Sanhadja en Tunisie furent face en premier aux Zénètes).


Alger



Le nom d'« Alger » dérive du catalan Alguère, lui-même tiré de Djezaïr du nom donné par Bologhine ibn Ziri (2), fondateur de la dynastie Zirides (3), lorsqu'il bâtit la ville en 960 sur les ruines de l'ancienne ville au nom romain Icosium ; Djezaïr Beni Mezghenna. La signification du nom donné par Bologhine ibn Ziri.
voudrait que le nom soit donné en référence aux îles qui faisaient face au port d’Alger à l'époque et qui furent plus tard rattachées à sa jetée actuelle, « Les Îlots », en français « Les Îles des Mezghenna ». Le terme d'île pourrait, selon des géographes musulmans du Moyen Âge, également désigner la côte fertile de l’actuelle Algérie, coincée entre le vaste Sahara et la Méditerranée, apparaissant alors comme une île de vie, Al-Jaza’ir.



Il est d'une extrême importance de préciser que Al Bakri (4), célèbre polygraphe andalou, dans sa Description de l'Afrique septentrionale, cite dans son chapitre sur La route d'Achir (5) à Djzayer Beni Mezghenna (vers l'an 1068, soit 6 siècles avant les Turcs, 4 siècles avant Ibn Khaldoun (6), 1 siècle avant les Almohades (7) et une décennie avant les Almoravides (Cool, soit à peine 2 siècles après l'islamisation de l'Afrique du Nord), cite la ville d'Alger comme encore imposante et sertie de voûtes et autres assises monumentales prouvant qu'elle fut « la capitale d'un vaste empire ». Louis Mas Latrie, reprend les propos d'El Bekri s'agissant de ses inductions quant à Icosium « capitale d'un vaste empire », Icosium n'étant qu'une cité parmi d'autres au sein de l'Empire romain. Concernant le nom même, Al Bakri dit que la ville s'appelle « Djzèyer Beni Mezghanna » et l'orthographie en arabe « Djzèyèr ». De plus, très prolixe dans ses descriptions, il ne précise à aucun moment du chapitre que « Djzèyèr » signifie « les îles », bien au contraire assimilant le nom de la ville aux Beni Mezghenna (9). La version arabe, très claire à ce sujet fit régulièrement par la suite l'objet d'excès en interprétations. Ainsi, dans la traduction faite par William Mac Guckin de Slane (10), ce dernier rajouta l'explication « les îles de la tribu Mezghenna », mention qui n'existe nullement dans la version du texte arabe originel. De plus, De Slane orthographia « Djazaïr » au lieu de « Djzèyer » tel que transcrit phonétiquement par Al Bakri qui, lui, s'abstint dans son texte de toute interprétation superflue. Nous saurons alors de manière formelle que le nom d'Alger ne comporte pas l'article défini « El » propre à la langue arabe, nous laissant croire que Djzèyer ne fait pas référence à un nom commun, ni à un qualificatif ou adjectif, alors précédés de l'article « El », mais qu'il s'agit plutôt d'un nom propre tout comme Mezghenna, Achir (qui ne se disent pas El-Mezghenna ou El-Achir, etc). Ainsi, le « El » de « El-Djazaïr » généralement admis est un rajout ultérieur, ayant induit à une fausse interprétation du nom d'Alger, faisant coïncider la ressemblance phonétique du mot avec la présence d'îlots. La tradition orale, plus conservatrice et au plus près de l'origine n'aura-t-elle pas conservé le vocable alors initial tel que transcrit alors par Al Bakri : Djzèyer/Dzèyer, qui sans l'article « El », est plus apte à désigner Ziri que des îlots (sachant en outre qu'en arabe l'île se dit El-Djazira et au pluriel El-Djouzour ). Et être un « Dziri » (c'est-à-dire Algérois), signifie en toute logique davantage être un « Ziride » (la ville devint sous Bologhine ibn Ziri (11) la capitale de la dynastie Zirides, tribu des Ziri) qu'un îlien ou insulaire. Al Bakri est considéré comme le tout premier polygraphe ayant couché par écrit la géographie de l'Afrique du Nord médiévale (il associait encore le terme « El-Maghrib » avec celui de « Ifriqya », il ne citait pas « d'îles du Maghreb »). Par conséquent, si l'on doit retranscrire rigoureusement en langue arabe le nom d'Alger tel qu'écrit pour la première fois, il ne faudra plus l'orthographier « El-Djazaïr », mais « Djzèyèr » avec le « y » et sans « El » : selon l'orthographe d' Al Bakri alors au plus proche du parler de l'époque de la dynastie Ziride.... La suite

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