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La poésie arabe et les problèmes de traduction.
LE SITE ET LE FORUM DE SETIF ET DE SA REGION :: LITTERATURE, ART ET CULTURE :: La littérature d'expression arabe
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La poésie arabe et les problèmes de traduction.
Parmi les langues vivantes, la langue arabe possède quelque chose de singulier et de particulier et même de vraiment fascinant : c’est une langue qui n’a pas évolué depuis son apparition dans la péninsule arabique. Elle n’a pas subi de transformations notables et est restée figée sans péricliter, attrayante et très usitée sans s’user, constante sans mourir, et cela pendant de longs siècles, conservant même une vitalité à toute épreuve et s’accommandant à tous les changements en absorbant avec une grande facilité toutes les innovations sociales, culturelles, linguistiques et philosophiques qui ont pénétré le monde arabe. Bien plus, elle a été porteuse de génies philosophique et scientifique qui ont prestigieusement porté aux nues diverses époques. Elle a brillé pendant de longs siècles là ou se sont imposés ses partisans. Pratiquement rien, ni dans son vocabulaire, ni dans sa grammaire, ni dans sa syntaxe, ni dans son alphabet, n’a subi de modification. C’est la langue du Coran que tous les musulmans considèrent comme une parole divine omnisciente omnipotente et intangible D’aucuns , par ignorance ou par un sincère et rigoureux esprit critique , lui trouvent des caractères de langue presque morte du fait qu’ elle n’ a pas subi de " métamorphose notable dans le temps " , comme si une langue vivante devait obligatoirement passer par le stade des changements intérieurs profonds et subir des mutations radicales pour qu’elle demeure " vivante ".
Dans sa foulée, la poésie arabe se caractérise aussi par cette même continuité et cette même constance que la langue qui la véhicule. Que ce soit son mètre, ses thèmes ou sa composition, toute sa structure n’a pas subi de modifications notables . Il est en effet très aisé pour un contemporain de comprendre et d’apprécier la poésie arabe datant de plus de 14 siècles telles les mouallaqate de l’ère antéislamique .Le charme qui s’en dégage est le même . Le vocabulaire ne s’est pas modifié, le mètre est constant , les tournures , les métaphores ont peu changé tout le long de ces 14 siècles d’histoire arabo- musulmane . Les caractéristiques de cette poésie font qu’elle s’apprécie par sa musicalité beaucoup plus que par la cohérence de ses thèmes , par le rythme de ses tournures plus que par la solidité de la construction. La poésie arabe a des délices incomparables pourvu qu’elle soit lue dans sa mouture originale et appréhendée selon l’esprit de son compositeur, avec l’effort constant de décortiquer le sens profond des mots qu’elle utilise.
A tel point que certaines tournures peuvent paraître fastidieuses, compliquées voire absconses pouvant se répercuter sur sa traduction . Est-elle pour autant aisément traduisible ? La réponse est non si on ne prend pas certaines précautions ; la traduction littérale ou à l’aide d’un logiciel de traduction est une erreur à ne pas commettre car elle aboutirait à un résultat catastrophique , inintelligible et désespérément démobilisateur ! Le sens d’un vers peut en effet ne pas apparaître spontanément, les comparaisons paraissant parfois assez anachroniques mais elles sont surtout très subtiles et ont parfois des sens inapparents. Les sentiments exprimés s’extériorisent d’une façon frappante, parfois métaphorique souvent avec une insistance répétée. L’amour , la chevalerie, les descriptions diverses , la thrène , l’autopanegyrique , les louanges sont tour à tour abordés avec un talent et une intelligence particulières. La poésie arabe est celle de l’intelligence. Elle exige souvent des efforts de réflexion, la rendant rebutante pour certains novices . Les traducteurs devraient donc tenir compte des facteurs intrinsèques qui la définissent. S’il est pratiquement impossible de restituer dans toute sa valeur et dans toute sa fascination la musicalité de la rime poétique et son rythme enchanteur, le traducteur doit veiller à respecter son esprit : il s’agit de poèmes où les symboles sont aussi importants sinon plus que les apparentes et faussement froides descriptions.Mais il faut se rendre à l’évidence : il existe bel et bien des vers qu’on ne peut pas traduire au risque de se retrouver avec un texte complétement « hors-jeu ».
QUELQUES EXEMPLES.
1/ Vers très difficilement traduisibles ou intraduisibles (littéralement) :
Ces vers d’Al mutanabbi :
واحـر قلــــباه ممــن قلبــه شبــم
ومن بجسمـي وحـالي عنده سقـم
Celui dont le cœur est chaud en veut à celui dont le cœur est froid
Et qui a rendu malade mon corps et mon âme.
2/ Vers assez facilement traduisibles, du même poème d’Al mutanabbi
الخيل والليل والبيــداء تعرفنــــي
والسيف والرمح والقرطاس و القلم
انا الذي نظر العمى إلى ادبــي
و أسمعـت كلماتي من به صمــم
ما أبعد العيب و النقصان عن شرفي
أنا الثـــريا و ذان الشيب و الهرم [b]
[b] Ma grandeur a été façonnée par les chevaux , la nuit , les immensités
Ainsi que par l’épée , la lance , la plume et le parchemin.
Je suis celui dont les poèmes ont rendu la vue à l’aveugle
et que même les sourds entendent miraculeusement.
Sont aussi loin de moi l’insuffisance et les vices
Que sont loin de la pléiade , la vieillesse et la décrépitude .
3/ Vers facilement traduisibles et gardant un certain caractére poétique d’Al Mutanabbi
صحبـت في الفلوات الوحش منفرد
ا حتى تعجـــب مني القور و الأكــم
Seul , j’ai poursuivi les animaux sauvages à travers le désert
au point de susciter l’admiration de la pierre et du sable .
4/ Vers gardant un cachet poétique certain , même traduits , l’exemple de Kabbani :
أتحبني بعد الذي كانا
كانا إني أحبكِ رغم ما
إثارتَهُ ماضيكِ لاأنوي
الآنا حسبي بأنكِ هاهنا
تَتَبَسَّمينَ وتُمْسِكينَ يدي
فيعود شكِّي فيكِ إيمانا
عن أمس لا تتكلمي أبدا
وتألَّقي شَعْراً وأجفانا
"Est-ce que tu m'aimes après tout
Car, moi, j'ai tout oublié.
Ton passé, je ne compte pas le réveiller
Il me suffit que tu sois là maintenant.
Tu souris et tu tiens ma main
Et mon doute en toi devient croyance,
D'hier, ne parle jamais
Et laisse faire les yeux et les cheveux.
Enfin , il faut signaler l’apport considérable à la poésie arabe des poètes andalous , à travers leurs mouwachha…hates ,si chers à mon ami le brillant Zeryab de SI, ainsi que les inoubliables poémes des poétes contemporains tels que Kabbani ou Darwich qui ont apporté un plus à la poésie arabe en améliorant la construction des poémes qui sont devenus plus légers , l’agencement étant plus libres , n’obéissant plus aux exigences du mètre arabe classique , le vocabulaire simplifié étant devenu plus abordable .Ils sont un peu pour la poésie arabe ce que sont certains poètes modernes du 20è siècle pour la poésie française : ils se sont libérés des éxigences étroites de la rime poétique classique.
PS : La traduction des vers d'Al Mutanabbi est personnelle et est donc approximative .
Voir le topic suivant pour lire en français, la traduction de poèmes en arabe :
http://www.setif-dz.org/la-litterature-d-expression-arabe-f29/les-paroles-des-chansons-arabes-orientales-celebres-t1586.htm
Dans sa foulée, la poésie arabe se caractérise aussi par cette même continuité et cette même constance que la langue qui la véhicule. Que ce soit son mètre, ses thèmes ou sa composition, toute sa structure n’a pas subi de modifications notables . Il est en effet très aisé pour un contemporain de comprendre et d’apprécier la poésie arabe datant de plus de 14 siècles telles les mouallaqate de l’ère antéislamique .Le charme qui s’en dégage est le même . Le vocabulaire ne s’est pas modifié, le mètre est constant , les tournures , les métaphores ont peu changé tout le long de ces 14 siècles d’histoire arabo- musulmane . Les caractéristiques de cette poésie font qu’elle s’apprécie par sa musicalité beaucoup plus que par la cohérence de ses thèmes , par le rythme de ses tournures plus que par la solidité de la construction. La poésie arabe a des délices incomparables pourvu qu’elle soit lue dans sa mouture originale et appréhendée selon l’esprit de son compositeur, avec l’effort constant de décortiquer le sens profond des mots qu’elle utilise.
A tel point que certaines tournures peuvent paraître fastidieuses, compliquées voire absconses pouvant se répercuter sur sa traduction . Est-elle pour autant aisément traduisible ? La réponse est non si on ne prend pas certaines précautions ; la traduction littérale ou à l’aide d’un logiciel de traduction est une erreur à ne pas commettre car elle aboutirait à un résultat catastrophique , inintelligible et désespérément démobilisateur ! Le sens d’un vers peut en effet ne pas apparaître spontanément, les comparaisons paraissant parfois assez anachroniques mais elles sont surtout très subtiles et ont parfois des sens inapparents. Les sentiments exprimés s’extériorisent d’une façon frappante, parfois métaphorique souvent avec une insistance répétée. L’amour , la chevalerie, les descriptions diverses , la thrène , l’autopanegyrique , les louanges sont tour à tour abordés avec un talent et une intelligence particulières. La poésie arabe est celle de l’intelligence. Elle exige souvent des efforts de réflexion, la rendant rebutante pour certains novices . Les traducteurs devraient donc tenir compte des facteurs intrinsèques qui la définissent. S’il est pratiquement impossible de restituer dans toute sa valeur et dans toute sa fascination la musicalité de la rime poétique et son rythme enchanteur, le traducteur doit veiller à respecter son esprit : il s’agit de poèmes où les symboles sont aussi importants sinon plus que les apparentes et faussement froides descriptions.Mais il faut se rendre à l’évidence : il existe bel et bien des vers qu’on ne peut pas traduire au risque de se retrouver avec un texte complétement « hors-jeu ».
QUELQUES EXEMPLES.
1/ Vers très difficilement traduisibles ou intraduisibles (littéralement) :
Ces vers d’Al mutanabbi :
واحـر قلــــباه ممــن قلبــه شبــم
ومن بجسمـي وحـالي عنده سقـم
Celui dont le cœur est chaud en veut à celui dont le cœur est froid
Et qui a rendu malade mon corps et mon âme.
2/ Vers assez facilement traduisibles, du même poème d’Al mutanabbi
الخيل والليل والبيــداء تعرفنــــي
والسيف والرمح والقرطاس و القلم
انا الذي نظر العمى إلى ادبــي
و أسمعـت كلماتي من به صمــم
ما أبعد العيب و النقصان عن شرفي
أنا الثـــريا و ذان الشيب و الهرم [b]
[b] Ma grandeur a été façonnée par les chevaux , la nuit , les immensités
Ainsi que par l’épée , la lance , la plume et le parchemin.
Je suis celui dont les poèmes ont rendu la vue à l’aveugle
et que même les sourds entendent miraculeusement.
Sont aussi loin de moi l’insuffisance et les vices
Que sont loin de la pléiade , la vieillesse et la décrépitude .
3/ Vers facilement traduisibles et gardant un certain caractére poétique d’Al Mutanabbi
صحبـت في الفلوات الوحش منفرد
ا حتى تعجـــب مني القور و الأكــم
Seul , j’ai poursuivi les animaux sauvages à travers le désert
au point de susciter l’admiration de la pierre et du sable .
4/ Vers gardant un cachet poétique certain , même traduits , l’exemple de Kabbani :
أتحبني بعد الذي كانا
كانا إني أحبكِ رغم ما
إثارتَهُ ماضيكِ لاأنوي
الآنا حسبي بأنكِ هاهنا
تَتَبَسَّمينَ وتُمْسِكينَ يدي
فيعود شكِّي فيكِ إيمانا
عن أمس لا تتكلمي أبدا
وتألَّقي شَعْراً وأجفانا
"Est-ce que tu m'aimes après tout
Car, moi, j'ai tout oublié.
Ton passé, je ne compte pas le réveiller
Il me suffit que tu sois là maintenant.
Tu souris et tu tiens ma main
Et mon doute en toi devient croyance,
D'hier, ne parle jamais
Et laisse faire les yeux et les cheveux.
Enfin , il faut signaler l’apport considérable à la poésie arabe des poètes andalous , à travers leurs mouwachha…hates ,si chers à mon ami le brillant Zeryab de SI, ainsi que les inoubliables poémes des poétes contemporains tels que Kabbani ou Darwich qui ont apporté un plus à la poésie arabe en améliorant la construction des poémes qui sont devenus plus légers , l’agencement étant plus libres , n’obéissant plus aux exigences du mètre arabe classique , le vocabulaire simplifié étant devenu plus abordable .Ils sont un peu pour la poésie arabe ce que sont certains poètes modernes du 20è siècle pour la poésie française : ils se sont libérés des éxigences étroites de la rime poétique classique.
PS : La traduction des vers d'Al Mutanabbi est personnelle et est donc approximative .
PGT
Voir le topic suivant pour lire en français, la traduction de poèmes en arabe :
http://www.setif-dz.org/la-litterature-d-expression-arabe-f29/les-paroles-des-chansons-arabes-orientales-celebres-t1586.htm
Dernière édition par perigot le Ven 02 Jan 2009, 16:20, édité 1 fois
perigot- Accro

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Nombre de messages: 1560
Localisation: Sétif
Date d'inscription: 19/02/2008
Re: La poésie arabe et les problèmes de traduction.
Passionnante ta présentation, Périgot...peux tu expliquer ce qu'est le métre arabe classique ? j'y connais rien mais j'ai entendu dire quelque part que la langue arabe a subi peu de modification parce qu'elle n'utilise pas les voyelles, quelque chose comme ca ? Quelle est l'origine de cette langue ? y a t il un rapport avec l'araméen, le phénicien ???
Par ailleurs ne peut on pas dire que l'algérien, le tunisien...etc qui se parlent et ne sont pas écrits sont dérivés de la langue arabe ? Ce sont des questions que je me pose, j'espère que je dis pas trop de conneries .
Par ailleurs ne peut on pas dire que l'algérien, le tunisien...etc qui se parlent et ne sont pas écrits sont dérivés de la langue arabe ? Ce sont des questions que je me pose, j'espère que je dis pas trop de conneries .

Djenkelly- Trés fidéle

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Nombre de messages: 344
Date d'inscription: 02/02/2008
Re: La poésie arabe et les problèmes de traduction.
Djenkelly a écrit:Passionnante ta présentation, Périgot...peux tu expliquer ce qu'est le métre arabe classique ? j'y connais rien mais j'ai entendu dire quelque part que la langue arabe a subi peu de modification parce qu'elle n'utilise pas les voyelles, quelque chose comme ca ? Quelle est l'origine de cette langue ? y a t il un rapport avec l'araméen, le phénicien ???
Par ailleurs ne peut on pas dire que l'algérien, le tunisien...etc qui se parlent et ne sont pas écrits sont dérivés de la langue arabe ? Ce sont des questions que je me pose, j'espère que je dis pas trop de conneries.
Pas du tout Djenkelly , au contraire ce sont des points très importants dont certains méritent des clarifications , d’autres sont encore entourés de suppositions.
La langue arabe est une langue sémitique au même titre que l’hébreu , le phénicien , l’araméen , le syriaque et l’akkadien . "On fait remonter l'origine de la langue arabe au IIe siècle. La tradition orale considère cependant qu'il s'agit d'une langue révélée directement à Ismaël, fils d'Abraham, dans une forme assez proche de l'arabe classique actuel. La tradition donne par moments des origines bien antérieures : la reine de Saba, l'ancien Yémen ainsi que des tribus disparues auraient parlé l'arabe dans une forme plus ancienne. Les premières traces de l'écriture arabe, telle qu'on la connaît de nos jours, remontent au IIIe siècle comme l'ont attesté Healey et Smith par les Inscriptions de Raqush (Jaussen-Savignac 17): Les plus anciennes inscriptions Arabes Préislamiques (date 267). "
L'arabe une langue flexionnelle c'est-à-dire une langue dont les mots changent de forme selon leur rapport grammatical avec les autres mots . Donc les mots ne sont pas "invariables " .Son alphabet est un abjad où ne sont notées que les consonnes . C’est une langue liturgique , celle du Coran , d’où sa pérennité et sa constance à travers les siècles .
Les langues arabes parlées locales sont assez différentes dans la forme et cela d’autant plus que les pays se trouvent éloignés les uns des autres. Beaucoup de mots sont des expressions du terroir ayant vaguement des liens avec la langue d’origine . Un Algérien comprend très bien un Marocain ou un Tunisien. Il comprend moins bien -mais c'est surtout un probléme d'accent-un Irakien mais les différences ne sont pas très grandes ,surtout avec l’intrusion actuelle des moyens télévisuels dans tous les foyers , grâce à la parabole .
Enfin , concernant le mètre classique et en terme poétique , il s’agit des régles établies de la versification . La position syllabique de la poésie française et les rimes qui donnent les différentes variétés de métrique ne sont pas les mêmes dans la poésie arabe. " Les mètres les plus utilisés dans la poésie arabe ont été codifiés au VIIIe siècle par Al-Khalil bin Ahmad et n'ont presque pas changés depuis. Le mètre se base sur la longueur des syllabes, il y a des syllabes courtes (une consonne suivie d'une voyelle courte) et des syllabes longues (une voyelle suivie d'une consonne ou d'une voyelle longue). Ainsi la poésie arabe ne s'appuie pas seulement sur la longueur des vers et les rimes mais sur un certain rythme interne à chaque ligne (bayt). Chaque bayt est divisée en deux moitiés (shatr) qui correspondraient aux vers de la poésie française.
Les différents mètres se distinguent les uns des autres par le nombre de syllabe et l'ordre, l'alternance de syllabes courtes et longues. Mais il existe souvent plusieurs variations d'un même type de mètre puisque deux syllabes courtes peuvent être substituées par une longue par exemple...
Voici quelques noms de mètres : tawil, kamil, wafir, radjaz (forme souvent employée lors d'improvisations), hazaj, basit, khafîf, sarî', moudari... ".
Enfin différemment de la poésie française , la poésie arabe garde obligatoirement une rime unique pour chaque poéme. C'est ce qui contribue à accroitre son attrait et à augmenter son charme .
perigot- Accro

-

Nombre de messages: 1560
Localisation: Sétif
Date d'inscription: 19/02/2008
Re: La poésie arabe et les problèmes de traduction.
Superbes exposés sur la poésie arabe . Merci Perigot pour tes contributions hautement appréciables et de haut niveau . Tu apportes un plus , et quel plus ! à notre jeune forum . C'est avec un grand plaisir et une grande attention que nous te lisons , comme nous le faisions d'une manière assidue sur un autre forum où tu brillais de mille feux. 
_________________
"Tout est bien , tout va bien , tout va le mieux qu'il soit possible".
Voltaire
.
togir- Accro

-

Nombre de messages: 6629
Localisation: Algérie.
Emploi/loisirs: Retraité. Passionné de lecture.
Humeur: Plutôt gaie.
Date d'inscription: 09/01/2008
Re: La poésie arabe et les problèmes de traduction.
Je me joints à toi Togir, pour remercier Périgot, de nous apprendre autant de choses et de les rendre aussi accessibles pour des personnes comme moi assez hermétique à la poésie, il nous ouvre un coffre avec un trésor.

Djenkelly- Trés fidéle

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Nombre de messages: 344
Date d'inscription: 02/02/2008
Re: La poésie arabe et les problèmes de traduction.
Merci Togir et Djenkelly pour vos compliments auxquels je suis trés sensible . Je continuerai à rester disponible et actif sur ce jeune forum qui m'a été recommandé par un ami tant que les conditions de travail y restent convenables et que l'on évite dans la mesure du possible d'y introduire des "innovations" intempestives , de nature à remettre en cause ou à limiter la liberté d'action et d'écriture des forumistes .
perigot- Accro

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Nombre de messages: 1560
Localisation: Sétif
Date d'inscription: 19/02/2008
Re: La poésie arabe et les problèmes de traduction.
Je me joins à vous pour remercier M.Périgot qui , avec sa modestie légendaire,apportera assurèment un nouveau souffle à ce forum naissant et au rayonnement de Sétif.J'ai eu le privilège et l'honneur de le découvrir lorsqu'il s'est brillamment distingué par sa réplique sur le blog lemonde.fr à un prétendu Docteur qui s'est fendu d'une lettre faisant l'apologie du colonialisme.
algik- Nouveau

-

Nombre de messages: 3
Date d'inscription: 19/02/2008
Re: La poésie arabe et les problèmes de traduction.
Conseils pour traduire la poésie arabe en français .
D'abord je tiens à te remercier Algik pour ton message amical.
La traduction en français de la poésie arabe , pour qu’elle soit cohérente, logique , claire et lyrique doit s’entourer d’un minimum de précautions. Le traducteur , sans être obligatoirement un érudit ou un grand spécialiste en linguistique doit garder scrupuleusement à l’esprit au moins deux principes fondamentaux : le premier est d’essayer de respecter le sens du poème en ne déviant pas trop des objectifs et buts assignés par son auteur et le second est de s’efforcer de ne pas procéder à une traduction du type " mot à mot " qui , dans la plupart des cas est la plus mauvaise solution menant toujours à un résultat désastreux. La partie de la poésie arabe contemporaine qui s’est affranchie des exigences du mètre( dont l’existence est millénaire), est celle qui est la plus aisée à traduire car le mode de construction des vers est en général simple , facile à comprendre et les sens des mots très aisé à saisir , les tournures des vers dénués de fioriture obscure. Ce sont les poésies ancienne , ou contemporaine qui ne s’est pas libérée des contraintes de la métrique classique, qui donnent le plus de fil à retordre aux traducteurs. Il faut toujours s’armer d’une grande patience et s’atteler à suivre un chemin logique et rugueux constitué de cinq étapes principales pour espérer arriver à un résultat satisfaisant . Il faut donc à mon sens :
1/ Commencer par traduire les mots dont les sens sont ,a priori ,inconnus, en s’aidant d’un dictionnaire classique ou d’un dictionnaire électronique et en ne perdant pas de vue qu’un mot en arabe peut avoir plusieurs sens différents en français .
2/ Se référer toujours aux circonstances de composition de ce poème . C'est-à-dire connaître sa période, le type de poésie à laquelle il se rattache , les motivations du poète qui l’a écrit ., son état d’esprit , son état d’âme , les occasions de son écriture., etc.
3/Réfléchir au sens le plus apparent du vers , sachant que les métaphores et les allégories malaisées à saisir sont assez souvent l’une des caractéristiques les plus courantes de la poésie arabe. Une traduction simplifiée , du mot à mot est-elle raisonnable, a-t-elle un sens , concorde-t-elle avec le ou les buts recherchés par l’auteur ? Le sens du vers qui apparaît en premier est-il conforme au sens du vers arabe ?
4/ Tenter d’ établir une première traduction simple , si besoin et provisoirement en commençant par le mot à mot ,tout en réfléchissant au sens du vers ainsi obtenu . La construction du vers est-elle correcte . Est-il bien agencé , bien construit , ne comporte-t- il pas de maladresses , de faute de syntaxe ? A-t-il un genre ? Est-il poétique c'est-à-dire imagé , lyrique , romantique ? Peut-on lui donner une musicalité , un rythme, une rime tout en gardant son sens original ?
5/ Terminer par des arrangements qui donneront la version définitive c’est à dire la traduction des vers dans le respect du sens , du côté poétique et des buts recherchés par le poète qui les a composés. Il faut toujours tenter d’ajouter un plus, une touche particulière à l’ensemble du poème , en plaçant une sonorité par là , une harmonie par ci dans le poème obtenu , tout en restant soucieux du respect de l’idée et des objectifs premier du poète . Après ces efforts la récompense est obtenue par la transcription d’un poème , agréable à lire et faisant la joie de l’apprenti traducteur qui a parfois l’impression d’avoir réussi à accomplir un vrai travail herculéen.
PGT
Un exemple d’un vers d' Al Mutanabbi à traduire tiré de son célebre poème où il pourfend violemment et méchamment Kafour :
نـامَت نواطِـيرُ مِصـرٍ عَـن ثَعالِبِهـا .. فقــد بَشِــمْنَ ومـا تَفْنـى العنـاقيدُ
Textuellement on a :
Les gardiens d’Egypte dorment alors que leurs loups
se sont rassasiés de grappes éternelles.
Une traduction plus correcte :
Les égyptiens non vigilants se font voler
Leurs richesses par des vampires insatiables.
L’allusion vise le gouverneur d’Egypte Kafour , un esclave affranchi qui n’a pas tenu ses promesses envers le poéte.
perigot- Accro

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Nombre de messages: 1560
Localisation: Sétif
Date d'inscription: 19/02/2008
Re: La poésie arabe et les problèmes de traduction.
Tout est pratiquement dit par l'excellent exposé de notre ami Perigot, et si je puis me permettre une humble contribution, d'une pierre à l'édifice, je dirais, et pour paraphraser Réne Khawam qui est justement un spécialiste en la matière, à savoir la traduction de la poésie arabe, que la langue arabe est un outil merveilleux pour l'expression poétique. Le rythme des mots varie à l'infini. L'artiste en mots est d'abord un capteur de visions; et le rythme de leur succession est aussi important que les idées qu'elles sont supposées véhiculer.
Aussi, à noter qu'avant l'avènement de l'Islam, les poétes arabes sont des "inspirés", en relation avec un "djin" particulier (d'après ce qu'on rapporte). On craint leurs invectives avant le combat, car on les croit capables de jeter un sort sur ceux qu'ils attaquent dans leurs poèmes.
Ils sont aussi des journalistes de leur époque, les artisans de la renommée de tel mécène ou de telle tribu.
Ils colportent partout le récit versifié de tout événement glorieux ou funeste qui intéresse la péninsule.
Ils sont honorés par les Rois arabes de Lakham ou de Ghassan, établis sur la frontière de la Perse ou de l'empire Byzantin et qui entretiennent des relations complexes avec les tribus nomades du grand désert, car en effet, c'est aux confins du désert que s'est forgée la langue arabe.
La pensée elle-même, qui en Orient recourt spontanément à la rime et au rythme, suit aussi cette pente - même s'il lui arrive (ainsi chez Labid, le poète centenaire) de prôner la mesure et le bon sens. Zouhayr Ibn Aby Soulama, inspiré, disait-on, par un djin redoutable, mérita le respect de tous en proposant ses formules calmement cadencées aux âmes en peine de réconciliation.
L'Islam vint mettre un terme au climat d'insouciance et de désordre qui règnait alors sur la péninsule, où les forces utiles de tout un peuple se perdaient en luttes fratricides. Il fit l'unité morale et politique de cette vaste région, rallia les royaumes arabes tributaires de la Perse ou des Grecs de Byzance, instaura une tradition de piété ardente - et reprit à son compte les valeurs traditionnelles: courage et générosité. Les poètes musulmans contribuèrent de toutes leurs forces à cette tâche. Ils surent d'abord célébrer l'Islam en des termes dignes et glorieux, attentifs à la transformation culturelle qui entraînait dans son sillon tous les enfants du désert.
Les poètes religieux de la génération nouvelle surent montrer que le souci de conquérir les âmes à la Foi nouvelle n'avait pas d'autres alliée que la POESIE.
Enfin, ce rôle apaisant confié au verbe et même dans les batailles, était au reste conforme aux plus antiques coutumes du désert. Les arabes "bédouins" des premiers âges, contrairement à l'idée répandue, n'aimaient pas faire couler le sang inutilement, et il arrivait qu'à l'heure de la bataille, plutôt que de tirer tout de suite l'épée, on laissât les poètes des deux clans s'affronter à mots non mouchetés. L'insulte se devait d'être terrible; elle se devait surtout d'être belle, bien sonnante, inventive. Si les deux langues venimeuses s'avéraient de force égale, les armes devaient trancher. Mais s' il apparaissait que l'un des insulteurs l'emportait par trop nettement sur son confrère, il n'était pas exceptionnel que le clan humilié reconnaisse sa défaite et reprenne en silence le chemin de ses quartiers, non sans convier vertement le poète vaincu à venger au plus tôt cette déconvenue. Heureuse, fut cette époque!!! Et qui pourrait à bon compte faire leçon à nos modernes folies!!!!
TAHIYATI
Aussi, à noter qu'avant l'avènement de l'Islam, les poétes arabes sont des "inspirés", en relation avec un "djin" particulier (d'après ce qu'on rapporte). On craint leurs invectives avant le combat, car on les croit capables de jeter un sort sur ceux qu'ils attaquent dans leurs poèmes.
Ils sont aussi des journalistes de leur époque, les artisans de la renommée de tel mécène ou de telle tribu.
Ils colportent partout le récit versifié de tout événement glorieux ou funeste qui intéresse la péninsule.
Ils sont honorés par les Rois arabes de Lakham ou de Ghassan, établis sur la frontière de la Perse ou de l'empire Byzantin et qui entretiennent des relations complexes avec les tribus nomades du grand désert, car en effet, c'est aux confins du désert que s'est forgée la langue arabe.
La pensée elle-même, qui en Orient recourt spontanément à la rime et au rythme, suit aussi cette pente - même s'il lui arrive (ainsi chez Labid, le poète centenaire) de prôner la mesure et le bon sens. Zouhayr Ibn Aby Soulama, inspiré, disait-on, par un djin redoutable, mérita le respect de tous en proposant ses formules calmement cadencées aux âmes en peine de réconciliation.
L'Islam vint mettre un terme au climat d'insouciance et de désordre qui règnait alors sur la péninsule, où les forces utiles de tout un peuple se perdaient en luttes fratricides. Il fit l'unité morale et politique de cette vaste région, rallia les royaumes arabes tributaires de la Perse ou des Grecs de Byzance, instaura une tradition de piété ardente - et reprit à son compte les valeurs traditionnelles: courage et générosité. Les poètes musulmans contribuèrent de toutes leurs forces à cette tâche. Ils surent d'abord célébrer l'Islam en des termes dignes et glorieux, attentifs à la transformation culturelle qui entraînait dans son sillon tous les enfants du désert.
Les poètes religieux de la génération nouvelle surent montrer que le souci de conquérir les âmes à la Foi nouvelle n'avait pas d'autres alliée que la POESIE.
Enfin, ce rôle apaisant confié au verbe et même dans les batailles, était au reste conforme aux plus antiques coutumes du désert. Les arabes "bédouins" des premiers âges, contrairement à l'idée répandue, n'aimaient pas faire couler le sang inutilement, et il arrivait qu'à l'heure de la bataille, plutôt que de tirer tout de suite l'épée, on laissât les poètes des deux clans s'affronter à mots non mouchetés. L'insulte se devait d'être terrible; elle se devait surtout d'être belle, bien sonnante, inventive. Si les deux langues venimeuses s'avéraient de force égale, les armes devaient trancher. Mais s' il apparaissait que l'un des insulteurs l'emportait par trop nettement sur son confrère, il n'était pas exceptionnel que le clan humilié reconnaisse sa défaite et reprenne en silence le chemin de ses quartiers, non sans convier vertement le poète vaincu à venger au plus tôt cette déconvenue. Heureuse, fut cette époque!!! Et qui pourrait à bon compte faire leçon à nos modernes folies!!!!
TAHIYATI

Zeryab- Accro

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Date d'inscription: 09/03/2008
Re: La poésie arabe et les problèmes de traduction.
Finalement je commence à m'y plaire, moi !!! Et puisque j'y suis, et tout en restant dans ma lancée et pour élargir le débat sur la poésie puisque c'est notre sujet , qu'il faut savoir que le long cheminement qui a façonné une longue tradition et dont les Arabes eux-mêmes font volontiers leurs repères, connu cinq grandes étapes ou époques : l'époque Primitive, qui va du Vème siècle environ à l'Hégire, début de l'ére musulmane (622 après J.C.) ; l'époque "musulmane" proprement dite, qui va de 622 à 750, date où la dynastie abbasside remplace la dynastie omayyade ; l'ère du "modernisme" et du "néo-classisme", de 750 à 900 ; celle du "provincialisme", qui s'arrête à la fin du XVII ème siècle ; celle enfin de l'efforescence contemporaine, qui prend son essor à partir du milieu du siècle passé.
Pour la première période, on peut dire, mais juste brièvement, que les meilleures des compositions poétiques, primées dans les foires, détiennent le qualificatif de "joyau" ou de "pendentif", peut-être a-t-on affiché quleques unes (ce sont les "Mouâllaqates" ou les "Suspendues") dans l'enceinte des lieux saints (Kaâba). Huit d'entre -elles seulement ont été conservées. (Notre ami Perigot qui connait mieux le sujet pourrait nous en parler un peu plus, plus tard !).
Parmi les poétes de cette période ancienne, on peut citer quelques uns des plus connus , tel Hatim A'tayy ( حاتم الطائي
), renommé pour sa générosité sans limite, et de son désintéressement que sa tombe resta longtemps un lieu de visite où se réfugiaient vagabonds et miséreux. On conservait en souvenir et pendant longtemps après sa mort, auprès du tumulus, le grand chaudron dans lequel il offrait à manger à ses hôtes.
D'autres suivront, tel Imrou Al'Qays pour ne citer que lui, et donc à suivre, si bien sûr cela vous intéresse!!!
TAHIYATI
Pour la première période, on peut dire, mais juste brièvement, que les meilleures des compositions poétiques, primées dans les foires, détiennent le qualificatif de "joyau" ou de "pendentif", peut-être a-t-on affiché quleques unes (ce sont les "Mouâllaqates" ou les "Suspendues") dans l'enceinte des lieux saints (Kaâba). Huit d'entre -elles seulement ont été conservées. (Notre ami Perigot qui connait mieux le sujet pourrait nous en parler un peu plus, plus tard !).
Parmi les poétes de cette période ancienne, on peut citer quelques uns des plus connus , tel Hatim A'tayy ( حاتم الطائي
), renommé pour sa générosité sans limite, et de son désintéressement que sa tombe resta longtemps un lieu de visite où se réfugiaient vagabonds et miséreux. On conservait en souvenir et pendant longtemps après sa mort, auprès du tumulus, le grand chaudron dans lequel il offrait à manger à ses hôtes.
وإنّــي لَـعَـفُّ الفَـقْـرِ، مُـشـتـرَكُ الـغِـنـى وردك شــكـــل لا يـوافــقــه شــكــلــي
وشـكـلــي شــكــل لا يــقــوم لـمـثـلـه، مــن الـنـاس، إلا كــلُّ ذي نيـقـة مـثـلـي
ولي نيقـة فـي المجـد والبـذل لـم تكـنْ تألـفـهـا، فـيـمـا مـضــى ، أحـــدٌ قـبـلـي
وأجـعــلُ مـالــي دون عـرضــي، جـنــة ً لنفسي، فاستغني بما كان من فضلـي
ولـي، مـعَ بـذلِ المـالِ والـبـأسِ، صَـوْلـة ٌ إذا الحـرب أبـدت عـن نواجذهـا العـصـل
ومــا ضَـرّنــي أَنْ ســـارَ سَـعْــدٌ بِـأهْـلِـهِ وأفرَدَني في الـدّارِ، ليـسَ معـي أهلـي
شيكفي ابنتاي المجد، سعد بن حشرج، أحمـل عنكـم كــل مــا حــل مــن أزلــي
ومـــا مِـــنْ لَـئـيـمٍ عـالَــهُ الـدّهْــرُ مَـــرّة ً فـيـذكـرهـا، إسـتـمــال إلــــى الـبـخــل
وشـكـلــي شــكــل لا يــقــوم لـمـثـلـه، مــن الـنـاس، إلا كــلُّ ذي نيـقـة مـثـلـي
ولي نيقـة فـي المجـد والبـذل لـم تكـنْ تألـفـهـا، فـيـمـا مـضــى ، أحـــدٌ قـبـلـي
وأجـعــلُ مـالــي دون عـرضــي، جـنــة ً لنفسي، فاستغني بما كان من فضلـي
ولـي، مـعَ بـذلِ المـالِ والـبـأسِ، صَـوْلـة ٌ إذا الحـرب أبـدت عـن نواجذهـا العـصـل
ومــا ضَـرّنــي أَنْ ســـارَ سَـعْــدٌ بِـأهْـلِـهِ وأفرَدَني في الـدّارِ، ليـسَ معـي أهلـي
شيكفي ابنتاي المجد، سعد بن حشرج، أحمـل عنكـم كــل مــا حــل مــن أزلــي
ومـــا مِـــنْ لَـئـيـمٍ عـالَــهُ الـدّهْــرُ مَـــرّة ً فـيـذكـرهـا، إسـتـمــال إلــــى الـبـخــل
حاتم الطائي
D'autres suivront, tel Imrou Al'Qays pour ne citer que lui, et donc à suivre, si bien sûr cela vous intéresse!!!
TAHIYATI

Zeryab- Accro

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Nombre de messages: 1671
Date d'inscription: 09/03/2008
Re: La poésie arabe et les problèmes de traduction.
En voilà une question , ami Zeryab ! Mais bien sûr que cela nous intéresse et vivement même.Alors les mouallaqat , concernant la poésie de la djahilia , seront présentées par mes soins, avec analyses et commentaires au fur et à mesure que tu avances . Toi , diibel , djenkelly ,alakhtal , togir , et tous les autres seront priés chacun selon ses compétences d'animer ce salon littéraire qui sera , à l'image du forum IN CHAALLAH , d'un niveau relevé . Je souhaite vivement que se joignent bientôt à nous d'autres frères forumistes désireux de voir notre ville prendre le haut de l'affiche dans le domaine culturel comme elle l'a fait dans d'autres domaines d'activité . Je suis convaincu que dans quelque temps , ceux qui activent sur d'autres forums ( notamment sétifiens) et sans être contraints d'abandonner là où ils sont , nous rejoignent pour qu'ensemble on puisse participer à la grande oeuvre de restauration et de développement de la vie culturelle à Sétif.
perigot- Accro

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Nombre de messages: 1560
Localisation: Sétif
Date d'inscription: 19/02/2008
Re: La poésie arabe et les problèmes de traduction.
Eh bien mon cher, à la bonne heure!! Et le plaisir est partagé.
Et toujours donc, dans le sillage de la période primitive ou du Djahilya où les traditions du désert -dont la culture arabe aujourd'hui encore se considére comme l'héritière légitime - ont toujours placé au premier rang des vertus l'hospitalité et la générosité . Si le guerrier doit posséder le courage ( cela va de soi ), cette qualité n'est rien si elle n'est pas au service des deux valeurs cardinales dont Dieu Lui-même a fait Ses attributs majeurs, à savoir la clémence et la miséricorde. On a volontiers de l'Arabe du désert l'image d'un pillard, d'un homme de proie, avide de s'emparer des biens de ce monde; cette image serait incomplète, et en un sens même au rebours de la vérité, si l'on n'ajoutait que la morale du désert n'autorise le rapt que s'il précède et annonce le don. Il est permis de mettre la main sur le bien de celui qui en possède à suffisance, à condition que ce soit pour ouvrir largement cette main à celui qui est dans le besoin. Ainsi razzier est honorable, mais accaparer vous range d'office dans le clan de l'indignité. Tel est le guerrier, et tel sera aussi le poète, qui a tout instant devra pouvoir clamer à son tour d'un coeur sincère.
Parmi les poètes brigands de cette période ancienne, on peut citer aussi à l'instar de Hatem A'ttayy, Ourwah Ibn Al-Ward. On raconte que, dans les années de disette il recueillait tous les affamés dans une sorte d'hospice ambulant qu'il a fondé, et ses razzias lui assuraient les revenus nécessaires pour donner à manger à tous ses protégés.
PS: Je n'ai pas le poéme en Arabe, alors si quelqu'un peut nous le trouver...!
Il faut avouer que la traduction est limite, d'ailleurs c'est aussi pour cette raison que j'évite de trop donner de traduction à certains poèmes pour les raisons enoncées par Perigot.
Un autre pour garder un bon arrière goût !!!
TAHIYATI
Et toujours donc, dans le sillage de la période primitive ou du Djahilya où les traditions du désert -dont la culture arabe aujourd'hui encore se considére comme l'héritière légitime - ont toujours placé au premier rang des vertus l'hospitalité et la générosité . Si le guerrier doit posséder le courage ( cela va de soi ), cette qualité n'est rien si elle n'est pas au service des deux valeurs cardinales dont Dieu Lui-même a fait Ses attributs majeurs, à savoir la clémence et la miséricorde. On a volontiers de l'Arabe du désert l'image d'un pillard, d'un homme de proie, avide de s'emparer des biens de ce monde; cette image serait incomplète, et en un sens même au rebours de la vérité, si l'on n'ajoutait que la morale du désert n'autorise le rapt que s'il précède et annonce le don. Il est permis de mettre la main sur le bien de celui qui en possède à suffisance, à condition que ce soit pour ouvrir largement cette main à celui qui est dans le besoin. Ainsi razzier est honorable, mais accaparer vous range d'office dans le clan de l'indignité. Tel est le guerrier, et tel sera aussi le poète, qui a tout instant devra pouvoir clamer à son tour d'un coeur sincère.
Parmi les poètes brigands de cette période ancienne, on peut citer aussi à l'instar de Hatem A'ttayy, Ourwah Ibn Al-Ward. On raconte que, dans les années de disette il recueillait tous les affamés dans une sorte d'hospice ambulant qu'il a fondé, et ses razzias lui assuraient les revenus nécessaires pour donner à manger à tous ses protégés.
Le Vagabond
Que Dieu confonde le gueux qui choisi la nuit obscure
pour aller sucer de vieux os autour de l'abattoir;
qui prend pour sa part du butin en ce monde une nuit
où, par hasard, un ami l'héberge en loyal service;
qui dort le soir et se réveille les jambes pliées,
ôtant les cailloux de sous son flanc incrusté de garvier.
Magnifique est le gueux dont le visage resplendit
tel un flambeau lumineux aux mains d'un porteur de flamme.
Il domine de haut ses ennemis, qui le redoutent
comme on craint la flèche, au jeu, qui désigne le perdant.
Traduction: René Khawam.
Que Dieu confonde le gueux qui choisi la nuit obscure
pour aller sucer de vieux os autour de l'abattoir;
qui prend pour sa part du butin en ce monde une nuit
où, par hasard, un ami l'héberge en loyal service;
qui dort le soir et se réveille les jambes pliées,
ôtant les cailloux de sous son flanc incrusté de garvier.
Magnifique est le gueux dont le visage resplendit
tel un flambeau lumineux aux mains d'un porteur de flamme.
Il domine de haut ses ennemis, qui le redoutent
comme on craint la flèche, au jeu, qui désigne le perdant.
Traduction: René Khawam.
PS: Je n'ai pas le poéme en Arabe, alors si quelqu'un peut nous le trouver...!
إِنّــي اِمــرُؤٌ عـافـي إِنـائِـيَ شِـركَـةٌ وَأَنــتَ اِمــرُؤٌ عـافـي إِنـائِــكَ واحِـــدُ
أَتَـهـزَأُ مِـنّـي أَن سَمِـنـتَ وَأَن تَــرى بِوَجهي شُحوبَ الحَقِّ وَالحَقُّ جاهِدُ
أُقَسِّمُ جِسمي في جُسـومٍ كَثيـرَةٍ وَأَحـسـو قَــراحَ الـمـاءِ وَالـمـاءُ بــارِدُ
Je suis un homme qui offre sa nourriture
dans un vase commun, à l'intention des hôtes,
alors que toi tu mets tes aliments à part,
dans un beau récipient, pour les manger tout seul.
Je partage mon corps en des corps très nombreux,
tous ceux qui prennent part à mon activité;
et de ma main je donne à boire par gorgées
une eau pure et limpide, et fraîche à point.
Après cela peux-tu rire de moi sans gêne,
te voyant ainsi fait, corpulent et replet,
alors que le bon droit m'a tourmenté si fort
que sa main m'a rendu inquiet et décharné?!
Trad. R. Khawam
أَتَـهـزَأُ مِـنّـي أَن سَمِـنـتَ وَأَن تَــرى بِوَجهي شُحوبَ الحَقِّ وَالحَقُّ جاهِدُ
أُقَسِّمُ جِسمي في جُسـومٍ كَثيـرَةٍ وَأَحـسـو قَــراحَ الـمـاءِ وَالـمـاءُ بــارِدُ
Je suis un homme qui offre sa nourriture
dans un vase commun, à l'intention des hôtes,
alors que toi tu mets tes aliments à part,
dans un beau récipient, pour les manger tout seul.
Je partage mon corps en des corps très nombreux,
tous ceux qui prennent part à mon activité;
et de ma main je donne à boire par gorgées
une eau pure et limpide, et fraîche à point.
Après cela peux-tu rire de moi sans gêne,
te voyant ainsi fait, corpulent et replet,
alors que le bon droit m'a tourmenté si fort
que sa main m'a rendu inquiet et décharné?!
Trad. R. Khawam
Il faut avouer que la traduction est limite, d'ailleurs c'est aussi pour cette raison que j'évite de trop donner de traduction à certains poèmes pour les raisons enoncées par Perigot.
Un autre pour garder un bon arrière goût !!!
أَتَجعَـلُ إِقدامـي إِذا الخَيـلُ أَحجَـمَـت وَكَــرّي إِذا لَــم يَـمـنَـعِ الـدَبــرَ مـانِــعُ
سَواءً وَمَن لا يُقدِمُ المُهرَ في الوَغى وَمِــن دَبـــرُهُ عِـنــدَ الـهَـزاهِـزِ ضـائِــعُ
إِذا قيلَ يا اِبنَ الوَردِ أَقدِم إِلى الوَغى أَجَـبــتُ فَـلاقـانـي كَــمِــيٌّ مُــقــارِعُ
بِكَـفّـي مِــنَ المَـأثـورِ كَالمِـلـحِ لَـونُـهُ حَـديــثٌ بِـإِخــلاصِ الـذُكــورَةِ قـاطِــعُ
فَـأَتــرُكُــهُ بِـالــقــاعِ رَهــنـــاً بِـبَــلــدَةٍ تَـعــاوَرُهُ فـيـهــا الـضِـبــاعُ الـخَـوامِــعُ
مُحـالِـفَ قـــاعٍ كـــانَ عَـنــهُ بِـمَـعـزِلٍ وَلَـكِــنَّ حَـيــنَ الـمَــرءُ لا بُـــدَّ واقِـــعُ
فَـلا أَنـا مِمّـا جَــرَّتِ الـحَـربُ مُشـتَـكٍ وَلا أَنــا مِـمّـا أَحــدَثَ الـدَهــرُ جـــازِعُ
وَلا بَـصَــري عِـنــدَ الـهِـيـاجِ بِـطـامِــحٍ كَـأَنّـي بَعـيـرٌ فــارَقَ الـشَــولَ نـــازِعُ
عروة بن الورد
سَواءً وَمَن لا يُقدِمُ المُهرَ في الوَغى وَمِــن دَبـــرُهُ عِـنــدَ الـهَـزاهِـزِ ضـائِــعُ
إِذا قيلَ يا اِبنَ الوَردِ أَقدِم إِلى الوَغى أَجَـبــتُ فَـلاقـانـي كَــمِــيٌّ مُــقــارِعُ
بِكَـفّـي مِــنَ المَـأثـورِ كَالمِـلـحِ لَـونُـهُ حَـديــثٌ بِـإِخــلاصِ الـذُكــورَةِ قـاطِــعُ
فَـأَتــرُكُــهُ بِـالــقــاعِ رَهــنـــاً بِـبَــلــدَةٍ تَـعــاوَرُهُ فـيـهــا الـضِـبــاعُ الـخَـوامِــعُ
مُحـالِـفَ قـــاعٍ كـــانَ عَـنــهُ بِـمَـعـزِلٍ وَلَـكِــنَّ حَـيــنَ الـمَــرءُ لا بُـــدَّ واقِـــعُ
فَـلا أَنـا مِمّـا جَــرَّتِ الـحَـربُ مُشـتَـكٍ وَلا أَنــا مِـمّـا أَحــدَثَ الـدَهــرُ جـــازِعُ
وَلا بَـصَــري عِـنــدَ الـهِـيـاجِ بِـطـامِــحٍ كَـأَنّـي بَعـيـرٌ فــارَقَ الـشَــولَ نـــازِعُ
عروة بن الورد
TAHIYATI

Zeryab- Accro

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Nombre de messages: 1671
Date d'inscription: 09/03/2008
Re: La poésie arabe et les problèmes de traduction.
Zeryab a écrit:
Que Dieu confonde le gueux qui choisi la nuit obscure
pour aller sucer de vieux os autour de l'abattoir;
qui prend pour sa part du butin en ce monde une nuit
où, par hasard, un ami l'héberge en loyal service;
qui dort le soir et se réveille les jambes pliées,
ôtant les cailloux de sous son flanc incrusté de garvier.
Magnifique est le gueux dont le visage resplendit
tel un flambeau lumineux aux mains d'un porteur de flamme.
Il domine de haut ses ennemis, qui le redoutent
comme on craint la flèche, au jeu, qui désigne le perdant.[/b]
Traduction: René Khawam.[/center]
PS: Je n'ai pas le poéme en Arabe, alors si quelqu'un peut nous le trouver...!
TAHIYATI
Salam ,
أقلى على اللوم يابنت منذر
ونامى , وأن لم تشتهى النوم فاسهرى
*********************
لحى الله صعلوكا إذا جن ليله
مصافى الفجاجى الفا كل مجزر
يعد الغنى من نفسه , كل ليلة
أصاب قراها من صديق ميسر
ينام عشاء ثم يصبح طاوى
يحت الحصى عن جنبه المتعفر
ولكن صعلوكا صفيحة وجهه
كضوء شهاب القابس المتنور
مطلا على أعدائه يزجرونه
بساحتهم زجر المنيح المشهر
ونامى , وأن لم تشتهى النوم فاسهرى
*********************
لحى الله صعلوكا إذا جن ليله
مصافى الفجاجى الفا كل مجزر
يعد الغنى من نفسه , كل ليلة
أصاب قراها من صديق ميسر
ينام عشاء ثم يصبح طاوى
يحت الحصى عن جنبه المتعفر
ولكن صعلوكا صفيحة وجهه
كضوء شهاب القابس المتنور
مطلا على أعدائه يزجرونه
بساحتهم زجر المنيح المشهر
Dernière édition par Diibel le Lun 17 Mar 2008, 17:03, édité 1 fois
Diibel- Supermotivé

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Nombre de messages: 247
Date d'inscription: 20/02/2008
Re: La poésie arabe et les problèmes de traduction.
أخـلاقُ مجـدكَ جلـتْ ، مـا لـهـا خـطـرٌ ، في البأسِ والجودِ بينَ العِلمِ والخبـرِ
مـتــوجٌ بالمـعـالـي ، فــــوقَ مـفـرقــهِ ، وفي الوَغي ضَيغَمٌ في صُورة ِ القمرِ
مـتــوجٌ بالمـعـالـي ، فــــوقَ مـفـرقــهِ ، وفي الوَغي ضَيغَمٌ في صُورة ِ القمرِ
Mon cher Diibel, je ne saurais te remercier que par ces quelques vers de Nâbigha, et sans faillir à mes devoirs, et pour te remercier aussi pour ton message d'accueil. Un ami, elbeliouni, que j'ai rencontré sur un autre forum frère, était ainsi!!
S'il est une puissance dont le pouvoir absolu se soit exercé d'une manière continue, disait René Khawam, avec une autorité souvraine et souvent tyrannique, sur les Arabes de toute origine et de toute condition, savants ou naïfs, belliqueux ou paisibles, sceptiques ou exaltés, c'est bien la poésie. Reine majestueuse et confidente attendrie.
On rapporte que Nâbigha A'thoubyani, de la tribu de Djaâd, était resté quarante jours sans pouvoir composer un seul vers. Sa tribu ayant fait une razzia fructueuse aux dépens de l'ennemi, il en ressentit si grande joie que le désir de rimer le reprit. Les obstacles disparurent comme par enchantement et il improvisa dans l'instant l'une de ses plus belles élégies. << Par Dieu, lui dirent alors les gens de sa tribu, nous sommes beaucoup plus heureux de voir la langue de notre poète se délier que de montrer à nos voisins l'étendard de notre victoire! >>
Il acquit une large renommée et fréquenta tour à tour les rois arabes qui gardaient les frontières de l'Empire Perse ou Byzantin. Ses vers d'une grande plénitude harmonieuse, mettent en jeu une subtilité et une finesse qui ont toujours charmé les esprits les plus délicats. Il réalise un accord parfait entre l'image, l'expression et l'idée. On lui doit une des plus magnifiques "Mouâallaqates", يَـــا دَارَ مَــيَّــةَ بالـعَـلـيْـاءِ qu'on verra sur le topic approprié et initié par notre ami Perigot.
و استبقِ ودكَ للصديـقِ ، ولا تكـن قـتـبـاً يـعــضّ بـغــاربٍ ، مـلـحـاحـا
فالرفـقُ يـمـنٌ ، والأنــاة ُ سـعـادة ٌ ، فتـأنّ فــي رفــقٍ تـنـالُ نجـاحـاَ
واليـأسُ ممّـا فـاتَ يُعـقِـبُ راحَــة ً ، ولــربّ مَطـعَـمـة ٍ تَـعــودُ ذُبـاحــا
يعدُ ابنَ جَفنَة َ وابن هاتكِ عَرشه، و الحارثـيـنِ ، بـــأن يـزيــدَ فـلاحــا
ولقـد رأى أنّ الذيـن هــوَ غالَـهُـمْ، قــد غــالَ حمـيـرَ قيلـهـا الصـبـاحـاَ
والتَّـبّـعـيـنِ، وذا نُــــؤاسٍ، غُــــدوَة ً و عـلا أذينـة َ ، سـالـبَ الأرواحــا
النابغة الذبياني
فالرفـقُ يـمـنٌ ، والأنــاة ُ سـعـادة ٌ ، فتـأنّ فــي رفــقٍ تـنـالُ نجـاحـاَ
واليـأسُ ممّـا فـاتَ يُعـقِـبُ راحَــة ً ، ولــربّ مَطـعَـمـة ٍ تَـعــودُ ذُبـاحــا
يعدُ ابنَ جَفنَة َ وابن هاتكِ عَرشه، و الحارثـيـنِ ، بـــأن يـزيــدَ فـلاحــا
ولقـد رأى أنّ الذيـن هــوَ غالَـهُـمْ، قــد غــالَ حمـيـرَ قيلـهـا الصـبـاحـاَ
والتَّـبّـعـيـنِ، وذا نُــــؤاسٍ، غُــــدوَة ً و عـلا أذينـة َ ، سـالـبَ الأرواحــا
النابغة الذبياني
TAHIYATI

Zeryab- Accro

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Nombre de messages: 1671
Date d'inscription: 09/03/2008
Re: La poésie arabe et les problèmes de traduction.
Encore un mot sur les traductions, et d'après René Khawam - dans son ouvrage Anthologie de la poésie Arabe -, qu'on s'étonne pas, de voir tant de traductions s'arrêter à la signification la plus étroite du poème, laissant fuir entre les mots de la langue qui le transpose la précieuse ambiguïté de sa poésie. Ainsi s'expliquent des jugements comme celui-ci : << Cet art (la poésie) qui semble si frais dans les plus anciens spécimens a rarement pu s'éloigner des chemins battus, et comme des moutons et des vaches, les poètes, soit arabes, soit persans, soit turcs ou urdus, n'ont fait que ruminer jusqu'à ce jour >> (F. Krenkow, Encyclopédie de l'Islam tome IV). De son côté, A.S. Tritton écrit: << Le poète (arabe) examine le monde à travers un microscope. Son attention s'attache aux moindres particularités des lieux et des animaux, et fait de la poésie, de la géologie et de l'anatomie versifiées; quelque chose d'intraduisible et d'ennuyeux. Le poète vise aux discours puissants et le résultat - pour des esprits occidentaux - en est souvent grotesque et même rebutant. La comparaison des doigts de femme à des petites branches d'arbre ou à des chenilles en sont des exemples.>> ( Encyclopédie de l'Islam, t.IV).
L'hypertrophie monstrueuse des facultés de l'esprit critique, l'analyse logique des plus infimes détails au détriment de leur appréhension sensitive, l'oubli de la dimension symbolique, sont les principales causes de cette incompréhension qui a si bien fait école jusqu'à nos jours, souvent même chez les arabisants les plus distingués.
Nos poètes ont senti plus que d'autres le poids de la destinée. Malgré les contradictions inhérentes à toute vie humaine, ils ont cru en la beauté, tout en la sachant fragile et peut-être à jamais hors d'atteinte. Ce sentiment, à la fois douleureux et émerveillé, ne les a pas empêchés de persévérer dans leur quête avec une constance, une fidélité à leurs propres traditions qui est leur plus sûre fierté.
Toujours, dans cette période primitive, comment ne pas citer le prince errant, Imrou Al-Qays, chassé de sa tribu, il parcourt le monde en quête d'aventures galantes ou d'exploits guerriers. Recherché par les femmes et toujours malheureux, il noue de nombreuses intrigues pour venger son père assassiné et fait même un séjour à la cour de Byzance. Délicat et sensuel, c'est un passionné de l'amour.
Il n'est pas le seul, d'ailleurs; un authentique chevalier-poète, Antara, tout en jouant fièrement du sabre et de la lance lors des affrontements entre tribus, consacre le plus clair de sa vie au service de sa Dame - et cherche à oublier dans les combats son amour malheureux.
Bien sûr, on aura certainement l'occasion de les voir et admirer leurs oeuvres plus amplement dans le topic qui leur est consacré par notre brillant Perigot, dans les "MOUÂLAQATTES", tel Tarafa, ou encore Zouhayr ibn Salama, pour ne citer qu'eux.
Voici un des merveilleux témoignages de la bravoure de la cavalerie, de notre Cavalier-Poète, Antara!!!
و في الحديث بقية، مع تحياتي المسائية
TAHIYATI
L'hypertrophie monstrueuse des facultés de l'esprit critique, l'analyse logique des plus infimes détails au détriment de leur appréhension sensitive, l'oubli de la dimension symbolique, sont les principales causes de cette incompréhension qui a si bien fait école jusqu'à nos jours, souvent même chez les arabisants les plus distingués.
Nos poètes ont senti plus que d'autres le poids de la destinée. Malgré les contradictions inhérentes à toute vie humaine, ils ont cru en la beauté, tout en la sachant fragile et peut-être à jamais hors d'atteinte. Ce sentiment, à la fois douleureux et émerveillé, ne les a pas empêchés de persévérer dans leur quête avec une constance, une fidélité à leurs propres traditions qui est leur plus sûre fierté.
Toujours, dans cette période primitive, comment ne pas citer le prince errant, Imrou Al-Qays, chassé de sa tribu, il parcourt le monde en quête d'aventures galantes ou d'exploits guerriers. Recherché par les femmes et toujours malheureux, il noue de nombreuses intrigues pour venger son père assassiné et fait même un séjour à la cour de Byzance. Délicat et sensuel, c'est un passionné de l'amour.
Il n'est pas le seul, d'ailleurs; un authentique chevalier-poète, Antara, tout en jouant fièrement du sabre et de la lance lors des affrontements entre tribus, consacre le plus clair de sa vie au service de sa Dame - et cherche à oublier dans les combats son amour malheureux.
Bien sûr, on aura certainement l'occasion de les voir et admirer leurs oeuvres plus amplement dans le topic qui leur est consacré par notre brillant Perigot, dans les "MOUÂLAQATTES", tel Tarafa, ou encore Zouhayr ibn Salama, pour ne citer qu'eux.
كَأنـي إذْ نَزَلْـتُ عَـلـى المُعَـلّـى نَزَلْتُ عَلـى البَـوَاذِخِ مِـنْ شَمَـامٍ
فما ملك العـراق علـى المعلـى بـمـقـتــدر ولا مــلـــك الــشـــآم
أصد نشـاص ذي القرنيـن حتـى تـولـى عــارضُ المـلـك الـهـمـام
أقَرَّ حَشا امرِىء القَيسِ بنِ حُجرٍ بـنُــو تَــيْــمٍ مَـصَـابِـيـحُ الــظّــلامِ
امرؤ القيس
فما ملك العـراق علـى المعلـى بـمـقـتــدر ولا مــلـــك الــشـــآم
أصد نشـاص ذي القرنيـن حتـى تـولـى عــارضُ المـلـك الـهـمـام
أقَرَّ حَشا امرِىء القَيسِ بنِ حُجرٍ بـنُــو تَــيْــمٍ مَـصَـابِـيـحُ الــظّــلامِ
امرؤ القيس
Voici un des merveilleux témoignages de la bravoure de la cavalerie, de notre Cavalier-Poète, Antara!!!
أَنــا فــي الـحَـربِ الـعَـوانِ غَـيــرُ مَـجـهــولِ الـمَـكــانِ
أَيـنَـمـا نــــادى الـمُـنــادي فـي دُجـى النَـقـعِ يَـرانـي
وَحُـسـامـي مَـــع قَـنـاتـي لِـفِــعــالــي شـــاهِــــدانِ
أَنَّـنــي أَطـعَــنُ خَـصـمــي وَهــــوَ يَـقـظــانُ الـجَـنــانِ
أَسـقِــهِ كَــــأسَ الـمَـنـايـا وَقِــراهــا مِــنـــهُ دانـــــي
أُشـعِــلُ الـنــارَ بِـبَـأســي وَأَطــــاهــــا بِــجِــنــانـــي
إِنَّــنــي لَــيـــثٌ عَــبـــوسٌ لَيسَ لي في الخَلقِ ثاني
خُــلِــقَ الــرُمــحُ لِـكَـفّــي وَالـحُـســامُ الـهِـنـدُوانــي
وَمَعـي فــي المَـهـدِ كـانـا فَــوقَ صَــدري يُؤنِسـانـي
فَـــإِذا مـــا الأَرضُ صـــارَت وَردَةً مِـــثــــلَ الـــدُهــــانِ
وَالـدِمــا تَــجــري عَـلَـيـهـا لَـونُــهــا أَحــمَـــرُ قــانـــي
وَرَأَيـــتُ الـخَـيــلَ تَــهــوي فـي نَواحـي الصَحصَـحـانِ
فَـاِسـقِـيـانـي لا بِــكَـــأسٍ مِــــــن دَمٍ كَـــالأُرجُــــوانِ
أَسمِـعـانـي نَـغـمَـةَ الأَس يـــافِ حَــتّــى تُـطـرِبـانـي
أَطـيَـبُ الأَصــواتِ عِـنــدي حُسـنُ صَـوتِ الهِنـدُوانـي
وَصَــريــرُ الــرُمــحِ جَــهـــراً فـي الوَغـى يَـومَ الطِعـانِ
وَصِــيـــاحُ الــقَـــومِ فــيـــهِ وَهــــوَ لِـلأَبـطــالِ دانــــي
عنترة
أَيـنَـمـا نــــادى الـمُـنــادي فـي دُجـى النَـقـعِ يَـرانـي
وَحُـسـامـي مَـــع قَـنـاتـي لِـفِــعــالــي شـــاهِــــدانِ
أَنَّـنــي أَطـعَــنُ خَـصـمــي وَهــــوَ يَـقـظــانُ الـجَـنــانِ
أَسـقِــهِ كَــــأسَ الـمَـنـايـا وَقِــراهــا مِــنـــهُ دانـــــي
أُشـعِــلُ الـنــارَ بِـبَـأســي وَأَطــــاهــــا بِــجِــنــانـــي
إِنَّــنــي لَــيـــثٌ عَــبـــوسٌ لَيسَ لي في الخَلقِ ثاني
خُــلِــقَ الــرُمــحُ لِـكَـفّــي وَالـحُـســامُ الـهِـنـدُوانــي
وَمَعـي فــي المَـهـدِ كـانـا فَــوقَ صَــدري يُؤنِسـانـي
فَـــإِذا مـــا الأَرضُ صـــارَت وَردَةً مِـــثــــلَ الـــدُهــــانِ
وَالـدِمــا تَــجــري عَـلَـيـهـا لَـونُــهــا أَحــمَـــرُ قــانـــي
وَرَأَيـــتُ الـخَـيــلَ تَــهــوي فـي نَواحـي الصَحصَـحـانِ
فَـاِسـقِـيـانـي لا بِــكَـــأسٍ مِــــــن دَمٍ كَـــالأُرجُــــوانِ
أَسمِـعـانـي نَـغـمَـةَ الأَس يـــافِ حَــتّــى تُـطـرِبـانـي
أَطـيَـبُ الأَصــواتِ عِـنــدي حُسـنُ صَـوتِ الهِنـدُوانـي
وَصَــريــرُ الــرُمــحِ جَــهـــراً فـي الوَغـى يَـومَ الطِعـانِ
وَصِــيـــاحُ الــقَـــومِ فــيـــهِ وَهــــوَ لِـلأَبـطــالِ دانــــي
عنترة
و في الحديث بقية، مع تحياتي المسائية
TAHIYATI

Zeryab- Accro

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Date d'inscription: 09/03/2008
Re: La poésie arabe et les problèmes de traduction.
C'est enfin avec les femmes qu' on transitra de l'époque primitive vers le début de l'ère musulmane - Elles avaient large accès à la parole publique - qui se font naturellement l'écho du malheur de leurs frères ou de leurs amants tués au combat, et qui savent au besoin manier bellement l'insulte à l'endroit de l'ennemi meurtrier - ainsi de l'échange "poétique" fameux qui vit s'affronter Salma, fille de la tribu de 'Oumays et la grande Al-khansa.
Salma lui jeta un défi affirmant que les hommes de sa tribu auraient poursuivi avec courage la vengeance de leur chef, tué par les Soulaym, tribu d'Al-khansa, si l'Islam n'était pas venu mettre fin aux guerres fratricides de la Djahilya.
PS: je n'ai pas là non plus la version arabe, Diibel si tu nous lis
La Réponse d'Al-khansa fût terrible!!
Al-khansa passe pour la plus grande poétesse arabe. Elle pleura ses deux frères, Mouâwiya et Sakhr et leur consacra des élégies qui firent sa renommée.
Et pour faire plaisir à notre amie Kamir, en voici :
TAHIYATI
Salma lui jeta un défi affirmant que les hommes de sa tribu auraient poursuivi avec courage la vengeance de leur chef, tué par les Soulaym, tribu d'Al-khansa, si l'Islam n'était pas venu mettre fin aux guerres fratricides de la Djahilya.
Existait un homme qu fit halte, le jour
du combat de Ghoumaysa, et ne voulut point blesser,
bien qu'il eût saigné beaucoup d'ennemis durant sa vie.
Or ce chef de noblesse, homme mûr, inspirant le respect,
tomba percé de coups alors que la vieillesse
n'avait point posé sur ses cheveux la couronne blanche.
Un bref instant, entre le lever du soleil et la nuit,
a vu cerner celui qui trouvait un mari aux veuves
et rompre le mariage de l'époux de ce clan.
Sans les conseils tenus entre nos deux tribus,
pour embrasser l'Islam et laisser la vengeance,
Soulaym après ce coup aurait vu l'ennemi !
Trad. R. Khawam
du combat de Ghoumaysa, et ne voulut point blesser,
bien qu'il eût saigné beaucoup d'ennemis durant sa vie.
Or ce chef de noblesse, homme mûr, inspirant le respect,
tomba percé de coups alors que la vieillesse
n'avait point posé sur ses cheveux la couronne blanche.
Un bref instant, entre le lever du soleil et la nuit,
a vu cerner celui qui trouvait un mari aux veuves
et rompre le mariage de l'époux de ce clan.
Sans les conseils tenus entre nos deux tribus,
pour embrasser l'Islam et laisser la vengeance,
Soulaym après ce coup aurait vu l'ennemi !
Trad. R. Khawam
PS: je n'ai pas là non plus la version arabe, Diibel si tu nous lis
La Réponse d'Al-khansa fût terrible!!
Il te faut secouer dans un van le monceau des idées
pour en ôter l'erreur qui se manifeste en ces mots :
il nous suffit des coups assenés aujourd'hui, hier,
sans fin ni répit, par le cruel bélier de la guerre.
Certes Khalid mérite plus que vous d'être excusé,
car bien vite il s'éleva, suivant le droit chemin.
Il quitta l'erreur dans laquelle il s'était fourvoyé
pour survivre, de la Vérité éclatante, la voie.
Près de vous, avec la permission de Dieu,
et toujours de ferme propos, il n'a souci des présages
que le gibier, en fuyant de droite ou de gauche,
rend visibles au chasseur indécis.
A longs cris de deuil, ils ont clamé la mort de Malik,
quand l'eurent abattu, à Tâdj, des cavaliers farouches,
dans un tourbillon de poussière au combat soulevée,
qui rendait sombre leur visage et noircissait leurs traits.
S'il arrive que Salma t'incite à pleurer Malik,
peu nous importe que ce deuil augmente l'affliction,
nous laissons volontiers s'épancher les lamentations,
et les cris plaintifs du héraut ainsi que des pleureuses.
Trad. R. Khawam
ذَري عَـنـكِ أَقــوالَ الـضَـلالِ كَـفـى بِـنـا لِكَبشِ الوَغى في اليَومِ وَالأَمسِ ناطِحا
فَـخــالِــدُ أَولـــــى بِـالـتَــعَــذُّرِ مِــنــكُــمُ غَــداةَ عَــلا نَهـجـاً مِــنَ الـحَـقِّ واضِـحـا
عَلَيـكُـم بِــإِذنِ الـلَـهِ يُـزجــي مُصَـمِّـمـاً سَــوانِـــحَ لا تَـكــبــو لَــهـــا وَبَــوارِحـــا
نَـعَــوا مـالِـكـاً بِـالـتــاجِ لَــمّــا هَـبَـطـنَـهُ عَـوابِـسَ فــي هـابـي الغُـبـارِ كَـوالِـحـا
فَـإِن تَــكُ قَــد أَبكَـتـكَ سَلـمـى بِمـالِـكٍ تَـرَكــنــا عَــلَــيــهِ نــائِــحــاتٍ وَنــائِــحــا
الخنساء
pour en ôter l'erreur qui se manifeste en ces mots :
il nous suffit des coups assenés aujourd'hui, hier,
sans fin ni répit, par le cruel bélier de la guerre.
Certes Khalid mérite plus que vous d'être excusé,
car bien vite il s'éleva, suivant le droit chemin.
Il quitta l'erreur dans laquelle il s'était fourvoyé
pour survivre, de la Vérité éclatante, la voie.
Près de vous, avec la permission de Dieu,
et toujours de ferme propos, il n'a souci des présages
que le gibier, en fuyant de droite ou de gauche,
rend visibles au chasseur indécis.
A longs cris de deuil, ils ont clamé la mort de Malik,
quand l'eurent abattu, à Tâdj, des cavaliers farouches,
dans un tourbillon de poussière au combat soulevée,
qui rendait sombre leur visage et noircissait leurs traits.
S'il arrive que Salma t'incite à pleurer Malik,
peu nous importe que ce deuil augmente l'affliction,
nous laissons volontiers s'épancher les lamentations,
et les cris plaintifs du héraut ainsi que des pleureuses.
Trad. R. Khawam
ذَري عَـنـكِ أَقــوالَ الـضَـلالِ كَـفـى بِـنـا لِكَبشِ الوَغى في اليَومِ وَالأَمسِ ناطِحا
فَـخــالِــدُ أَولـــــى بِـالـتَــعَــذُّرِ مِــنــكُــمُ غَــداةَ عَــلا نَهـجـاً مِــنَ الـحَـقِّ واضِـحـا
عَلَيـكُـم بِــإِذنِ الـلَـهِ يُـزجــي مُصَـمِّـمـاً سَــوانِـــحَ لا تَـكــبــو لَــهـــا وَبَــوارِحـــا
نَـعَــوا مـالِـكـاً بِـالـتــاجِ لَــمّــا هَـبَـطـنَـهُ عَـوابِـسَ فــي هـابـي الغُـبـارِ كَـوالِـحـا
فَـإِن تَــكُ قَــد أَبكَـتـكَ سَلـمـى بِمـالِـكٍ تَـرَكــنــا عَــلَــيــهِ نــائِــحــاتٍ وَنــائِــحــا
الخنساء
Al-khansa passe pour la plus grande poétesse arabe. Elle pleura ses deux frères, Mouâwiya et Sakhr et leur consacra des élégies qui firent sa renommée.
Et pour faire plaisir à notre amie Kamir, en voici :
أَعَـيـنَـيَّ جـــودا وَلا تَـجـمُــدا أَلا تَبـكِـيـانِ لِـصَـخـرِ الــنَــدى
أَلا تَبكِيـانِ الـجَـريءَ الجَمـيـلَ أَلا تَبكِـيـانِ الفَـتـى الـسَـيِّـدا
طَويـلَ النِـجـادِ رَفـيـعَ العِـمـادِ ســـــادَ عَـشـيـرَتَــهُ أَمـــــرَدا
إِذا الـقَــومُ مَـــدّوا بِـأَيـديـهِـمِ إِلــى المَـجـدِ مَــدَّ إِلَـيـهِ يَــدا
فَـنـالَ الَّــذي فَــوقَ أَيـديـهِـمِ مِنَ المَجدِ ثُمَّ مَضـى مُصعِـدا
يُكَلِّـفُـهُ الـقَــومُ مـــا عـالُـهُـم وَإِن كـــانَ أَصـغَـرَهُـم مَـولِــدا
تَرى المَجدَ يَهـوي إِلـى بَيتِـهِ يَرى أَفضَلَ الكَسبِ أَن يُحمَدا
وَإِن ذُكِــــرَ الـمَـجــدُ أَلـفَـيـتَـهُ تَـــأَزَّرَ بِالـمَـجـدِ ثُـــمَّ اِرتَـــدى
الخنساء
أَلا تَبكِيـانِ الـجَـريءَ الجَمـيـلَ أَلا تَبكِـيـانِ الفَـتـى الـسَـيِّـدا
طَويـلَ النِـجـادِ رَفـيـعَ العِـمـادِ ســـــادَ عَـشـيـرَتَــهُ أَمـــــرَدا
إِذا الـقَــومُ مَـــدّوا بِـأَيـديـهِـمِ إِلــى المَـجـدِ مَــدَّ إِلَـيـهِ يَــدا
فَـنـالَ الَّــذي فَــوقَ أَيـديـهِـمِ مِنَ المَجدِ ثُمَّ مَضـى مُصعِـدا
يُكَلِّـفُـهُ الـقَــومُ مـــا عـالُـهُـم وَإِن كـــانَ أَصـغَـرَهُـم مَـولِــدا
تَرى المَجدَ يَهـوي إِلـى بَيتِـهِ يَرى أَفضَلَ الكَسبِ أَن يُحمَدا
وَإِن ذُكِــــرَ الـمَـجــدُ أَلـفَـيـتَـهُ تَـــأَزَّرَ بِالـمَـجـدِ ثُـــمَّ اِرتَـــدى
الخنساء
TAHIYATI

Zeryab- Accro

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Date d'inscription: 09/03/2008
Re: La poésie arabe et les problèmes de traduction.
Zeryab a écrit:C'est enfin avec les femmes qu' on transitra de l'époque primitive vers le début de l'ère musulmane - Elles avaient large accès à la parole publique - qui se font naturellement l'écho du malheur de leurs frères ou de leurs amants tués au combat, et qui savent au besoin manier bellement l'insulte à l'endroit de l'ennemi meurtrier - ainsi de l'échange "poétique" fameux qui vit s'affronter Salma, fille de la tribu de 'Oumays et la grande Al-khansa.
Salma lui jeta un défi affirmant que les hommes de sa tribu auraient poursuivi avec courage la vengeance de leur chef, tué par les Soulaym, tribu d'Al-khansa, si l'Islam n'était pas venu mettre fin aux guerres fratricides de la Djahilya.Existait un homme qu fit halte, le jour
du combat de Ghoumaysa, et ne voulut point blesser,
bien qu'il eût saigné beaucoup d'ennemis durant sa vie.
Or ce chef de noblesse, homme mûr, inspirant le respect,
tomba percé de coups alors que la vieillesse
n'avait point posé sur ses cheveux la couronne blanche.
Un bref instant, entre le lever du soleil et la nuit,
a vu cerner celui qui trouvait un mari aux veuves
et rompre le mariage de l'époux de ce clan.
Sans les conseils tenus entre nos deux tribus,
pour embrasser l'Islam et laisser la vengeance,
Soulaym après ce coup aurait vu l'ennemi !
Trad. R. Khawam
TAHIYATI
Sallam Alikoum,
فكائن ترى يوم العميصاء من فــتى
أصيب ولم يجرح وقد كان جـارحا
ألظت بـخطاب الأيـــامى وطلقت
غــداتئذ مـنهن من كان ناكـحا
ماصعهم بــسر وأصحاب جـحدم
ومرة حتى يتركوا البرك ضـابحا
ولولا مقال الـقوم للقوم أســلموا
لـلاقت سليـــم يوم ذلك ناطحا
أصيب ولم يجرح وقد كان جـارحا
ألظت بـخطاب الأيـــامى وطلقت
غــداتئذ مـنهن من كان ناكـحا
ماصعهم بــسر وأصحاب جـحدم
ومرة حتى يتركوا البرك ضـابحا
ولولا مقال الـقوم للقوم أســلموا
لـلاقت سليـــم يوم ذلك ناطحا
Diibel- Supermotivé

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Date d'inscription: 20/02/2008
Re: La poésie arabe et les problèmes de traduction.
Génial, mon cher Diibel... et voilà, y a qu'à demander, et on te servira.
Merci infiniment, et que Dieu te le rendra.
TAHIYATI
Merci infiniment, et que Dieu te le rendra.
TAHIYATI

Zeryab- Accro

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Nombre de messages: 1671
Date d'inscription: 09/03/2008
Re: La poésie arabe et les problèmes de traduction.
وليسَ لِمَنْ يَرْكَـبِ الهَـوْلَ بُغْيـة وليس لرحـلٍ حطَّـه الله حامـلُ
إذا أنتَ لم تُقْصِرْ عن الجَهْلِ والخَنَا أصبتَ حليماً أو أصابـكَ جاهـلُ
إذا أنتَ لم تُقْصِرْ عن الجَهْلِ والخَنَا أصبتَ حليماً أو أصابـكَ جاهـلُ
Parmi les poètes dits "Moukhathramoun" de cette époque de transit de l'ère musulmane, Kaâb ibn Zouhayr, né dans une famille de poètes, compose ses vers avec un soin méticuleux, soucieux d'une adaptation exacte de l'image et de l'expression à l'idée. Il prononce un éloge du prophète (saws) en vers rutilants que la postérité conservera pieusement jusqu'à nos jours.
مسحَ النبيُّ جبينـهُ فله بياضٌ بالخـدودِ
وبوجهـه ديباجـة كرم النُّبُوة ِ والجُدُودِ
وبوجهـه ديباجـة كرم النُّبُوة ِ والجُدُودِ
Hassane ibn Thabit est chargé par le prophète lui-même de défendre sa cause auprès des poètes non musulmans. Car chacun admet d'évidence que la poésie doit demeurer l'expression par excellence de l'âme communautaire, et d'ailleurs l'Islam ne bat nullement en brèche l'acquis de fière liberté qu'ont toujours revendiqué les gens des tribus.
بطيبـةَ رسـمٌ للرسـولِ ومعهـدُ منيرٌ ، وقد تعفو الرسـومُ وتهمـد
ولا تنمحي الآياتُ من دارِ حرمـةٍ بِها منبرُ الهادي الذي كانَ يصعـدُ
وواضـحُ آيـاتٍ، وباقـي معالـمٍ وربعٌ لهُ فيـهِ مصلـىً ومسجـدُ
بِها حجراتٌ كانَ ينـزلُ وسطهـا منَ اللهِ نـورٌ يستضـاءُ، ويوقـدُ
معالمُ لَم تطمسْ على العهـدِ آيهـا أتاها البلى، فـالآيُ منهـا تجـددُ
ولا تنمحي الآياتُ من دارِ حرمـةٍ بِها منبرُ الهادي الذي كانَ يصعـدُ
وواضـحُ آيـاتٍ، وباقـي معالـمٍ وربعٌ لهُ فيـهِ مصلـىً ومسجـدُ
بِها حجراتٌ كانَ ينـزلُ وسطهـا منَ اللهِ نـورٌ يستضـاءُ، ويوقـدُ
معالمُ لَم تطمسْ على العهـدِ آيهـا أتاها البلى، فـالآيُ منهـا تجـددُ
Parmi ces derniers, Al-Houtay'a, dont la langue venimeuse, le persiflage brillant, cachent une sensibilité délicate. Il subissait en permanence la démengeaison de s'en prendre à autrui, et s'il ne trouvait personne à qui parler, il retournait ses saillies contre lui-même.
أدِبُّ وراءُ نقـدة كـلّ يــو م
ودُونكَ بالمدينة ِ أَلْـفُ بـاب
و أحبسُ في القواء المحل بيتي
ودُنَكَ عَازِبٌ صَخِبُ الذُّبَـابِ
أُحاذرُ إنْ قَدَرْتَ علـيَّ يومـاً
عقابك والأليمَ مـن العـذاب
ألست بجاعلي كبنـي جعيـلٍ
هـداك الله أوكبنـي جنـاب
ودُونكَ بالمدينة ِ أَلْـفُ بـاب
و أحبسُ في القواء المحل بيتي
ودُنَكَ عَازِبٌ صَخِبُ الذُّبَـابِ
أُحاذرُ إنْ قَدَرْتَ علـيَّ يومـاً
عقابك والأليمَ مـن العـذاب
ألست بجاعلي كبنـي جعيـلٍ
هـداك الله أوكبنـي جنـاب
Il n'existe pas une seule figure de l'époque qui a vu naître l'Islam au VIIème siècle plus "surdéterminée", plus propice au rêve, à la poésie et à l'emballement des passions que celle de l'imam Ali ibn Aby Taleb, cousin et gendre du prophète. À la fois profondément impliqué dans l'histoire et enveloppé d'un "épais halo mythique", il est celui qui, immédiatement et dès la petite enfance, a adhéré à la nouvelle religion. Compagnon de toutes les batailles contre les polythéistes de son clan, guerrier redoutable dans des arènes encore plus lointaines, intrépide et preux cavalier.
فلا تصحـب أخـا الجهـل وإيــــاك وايــــاه
فكـم مـن جـاهـل أردى حليـمـاً حـيـن آخــاه
يُقـاسُ المَـرْءُ بالـمَـرْءِ إذا مــا هُــوَ مـاشـاهُ
وللقلـب علـى القـلـبِ دَلِـيْـلٌ حِـيْـنَ يَلْـقَـاهُ
وللشـيء مـن الـشـيء مقـايـيـسٌ وأشـبــاه
وفي العيـن غنـى للعيـن أنْ تَـنْـطِـقَ أَفْـــواهُ
فكـم مـن جـاهـل أردى حليـمـاً حـيـن آخــاه
يُقـاسُ المَـرْءُ بالـمَـرْءِ إذا مــا هُــوَ مـاشـاهُ
وللقلـب علـى القـلـبِ دَلِـيْـلٌ حِـيْـنَ يَلْـقَـاهُ
وللشـيء مـن الـشـيء مقـايـيـسٌ وأشـبــاه
وفي العيـن غنـى للعيـن أنْ تَـنْـطِـقَ أَفْـــواهُ

Zeryab- Accro

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Date d'inscription: 09/03/2008
Re: La poésie arabe et les problèmes de traduction.
Une place à part revient aux trois champions de la guerre des rimes qui, au tournant des VIIème et VIIIème siècles, fit les beaux jours des lettrés de Damas : Al-Akhtal, Al-Farazdaq et Djarir.
Le premier, bien qu'appartenant à la tribu des taghlib chrétiens, fut le chantre de la dynastie Omayyade, et désigné comme poète officiel de la cour du khalifale. Ses moeurs étaient celles d'un poète, et il ne se défendait ni de fréquenter les chanteuses ni de boire du vin. Cependant il portait fièrement sa croix d'or au cou et participait avec sa tribu au pèlerinage du sanctuaire de Saint-Sergius. Il resta fidèle toute sa vie à la vie nomade, refusant non sans insolence le confort de la Cour de Damas.
إِذا ما قُلتُ قَد صالَحتُ بَكراً
أَبى الإضغان وَالنَسَبُ البَعيدُ
وَمُهراقُ الدِماءِ بِـوارِداتٍ
تَبيدُ المُخزِيـاتُ وَلا تَبيـدُ
وَأَيّـامٌ لَنـا وَلَهُـم طِـوالٌ
يَعَضُّ الهامَ فيهِـنَّ الحَديـدُ
هُما أَخَوانِ يَصطَلِيانِ نـاراً
رِداءُ المَوتِ بَينَهُما جَديـدُ
يَشولُ اِبنُ اللَبونِ إِذا رَآني
وَيَخشاني الضُواضِيَةُ المُعيدُ
أَتوعِدُني الوِبارُ بَنو سُلَيـمٍ
وَما تَحمي الوِبارُ وَلا تَصيدُ
وَما جَرَحَت يَدي بِبَني سُلَيمٍ
وَلا شِعري فَيَهجوني الشَريدُ
وَلَولا أَن أُخَشِّنَ صَدرَ مَعنٍ
وَعُتبَةَ قامَ بِالحَرَمِ النَشيـدُ
الأخطل
Quant à Al-Farazdaq, de son vrai nom Hamman ibn Ghalib ibn Saâs'a. soutint avec courage la guerre des rimes contre ses rivaux Djarir et Al-Akhtal.
Il était si redouté qu'il obligea par ses vers le puissant khalife Mouâwiya à rendre un héritage injustement confisqué. Brillant et venimeux, il cultiva comme aucun autre l'art de se faire détester, et d'autant mieux que ses chants lascifs avaient le don de hérisser le poil des cagots. Ce qui ne l'empêchait pas d'être respecté. Esprit teigneux mais d'une rare constance, il sut, dans les années difficiles, rester fidèle à la maison de l'Imam Ali, n'hésitant pas porter secours aux humbles et aux réprouvés. La richesse de son verbe est immense, et nombre de ses vers, superbement frappés, sont passés en proverbes.
Qui pourrait de nos jours s'adresser à nos dirigeants, même au plus bas de l'échelle, de la sorte ?!!
Djarir, enfin, on dit de lui, pieux et honnête. C'est un poète satirique, il défendit sa tribu, les Banou Yarbou'e, contre son rival, Al-Farazdaq, qui soutenait celle des Moudjachi.
Toute sa vie il croisa le fer avec ses détracteurs, et s'attaqua même au poète Al-Akhtal qu'il remplaça comme panégyriste officiel de la Cour sous Yazid ibn Mouâwiya. Sa verve est mordante et la véhémence de ses ripostes ( toujours sur le même mètre et la même rime que ses adversaires) l'entraînait souvent à des excès de langage dont il se repentait ensuite.
On peut regretter que ses ennemis ne lui aient pas laissé le temps de composer des élégies, car il y excelle.
ألاَ ليتَ شعري ما البحيرةَ فاعلُ بها الدهرُ أوْ ما يفعلـنَّ أميرهـا
فناجيتُ نفسي في الملاءِ وخاليـاً بصرمكَ فاستعصى علىَّ ضميرها
TAHIYATI
Le premier, bien qu'appartenant à la tribu des taghlib chrétiens, fut le chantre de la dynastie Omayyade, et désigné comme poète officiel de la cour du khalifale. Ses moeurs étaient celles d'un poète, et il ne se défendait ni de fréquenter les chanteuses ni de boire du vin. Cependant il portait fièrement sa croix d'or au cou et participait avec sa tribu au pèlerinage du sanctuaire de Saint-Sergius. Il resta fidèle toute sa vie à la vie nomade, refusant non sans insolence le confort de la Cour de Damas.
إِذا ما قُلتُ قَد صالَحتُ بَكراً
أَبى الإضغان وَالنَسَبُ البَعيدُ
وَمُهراقُ الدِماءِ بِـوارِداتٍ
تَبيدُ المُخزِيـاتُ وَلا تَبيـدُ
وَأَيّـامٌ لَنـا وَلَهُـم طِـوالٌ
يَعَضُّ الهامَ فيهِـنَّ الحَديـدُ
هُما أَخَوانِ يَصطَلِيانِ نـاراً
رِداءُ المَوتِ بَينَهُما جَديـدُ
يَشولُ اِبنُ اللَبونِ إِذا رَآني
وَيَخشاني الضُواضِيَةُ المُعيدُ
أَتوعِدُني الوِبارُ بَنو سُلَيـمٍ
وَما تَحمي الوِبارُ وَلا تَصيدُ
وَما جَرَحَت يَدي بِبَني سُلَيمٍ
وَلا شِعري فَيَهجوني الشَريدُ
وَلَولا أَن أُخَشِّنَ صَدرَ مَعنٍ
وَعُتبَةَ قامَ بِالحَرَمِ النَشيـدُ
الأخطل
Quant à Al-Farazdaq, de son vrai nom Hamman ibn Ghalib ibn Saâs'a. soutint avec courage la guerre des rimes contre ses rivaux Djarir et Al-Akhtal.
Il était si redouté qu'il obligea par ses vers le puissant khalife Mouâwiya à rendre un héritage injustement confisqué. Brillant et venimeux, il cultiva comme aucun autre l'art de se faire détester, et d'autant mieux que ses chants lascifs avaient le don de hérisser le poil des cagots. Ce qui ne l'empêchait pas d'être respecté. Esprit teigneux mais d'une rare constance, il sut, dans les années difficiles, rester fidèle à la maison de l'Imam Ali, n'hésitant pas porter secours aux humbles et aux réprouvés. La richesse de son verbe est immense, et nombre de ses vers, superbement frappés, sont passés en proverbes.
Qui pourrait de nos jours s'adresser à nos dirigeants, même au plus bas de l'échelle, de la sorte ?!!
أتَأكُلُ مِيرَاثَ الحُتـاتِ ظُلامَـةً، وَمِيرَاثُ حَرْبٍ جَامدٌ لكَ ذائِبُـهْ
أبُوكَ وعَمّي يا مُعَـاوِيَ أوْرَثَـا تُرَاثاً، فَيَحْتَازُ التّـرَاثَ أقَارِبُـهْ
فلو كان هذا الدين فـي جاهليـة عَرَفْتَ من المولى القَليلُ جَلايُبهْ
فَلَوْ كَانَ هذا الأمرُ في غَيرِ مُلكِكمْ لأبْدَيْتُهُ، أوْ غَصّ بِالماءِ شارِبُـهْ
وَكمْ من أبٍ لي يا مُعاوِيَ لم يَكُنْ أبُوكَ الذي من عَبْدِ شَمسٍ يُقارِبُ
أبُوكَ وعَمّي يا مُعَـاوِيَ أوْرَثَـا تُرَاثاً، فَيَحْتَازُ التّـرَاثَ أقَارِبُـهْ
فلو كان هذا الدين فـي جاهليـة عَرَفْتَ من المولى القَليلُ جَلايُبهْ
فَلَوْ كَانَ هذا الأمرُ في غَيرِ مُلكِكمْ لأبْدَيْتُهُ، أوْ غَصّ بِالماءِ شارِبُـهْ
وَكمْ من أبٍ لي يا مُعاوِيَ لم يَكُنْ أبُوكَ الذي من عَبْدِ شَمسٍ يُقارِبُ
Djarir, enfin, on dit de lui, pieux et honnête. C'est un poète satirique, il défendit sa tribu, les Banou Yarbou'e, contre son rival, Al-Farazdaq, qui soutenait celle des Moudjachi.
Toute sa vie il croisa le fer avec ses détracteurs, et s'attaqua même au poète Al-Akhtal qu'il remplaça comme panégyriste officiel de la Cour sous Yazid ibn Mouâwiya. Sa verve est mordante et la véhémence de ses ripostes ( toujours sur le même mètre et la même rime que ses adversaires) l'entraînait souvent à des excès de langage dont il se repentait ensuite.
On peut regretter que ses ennemis ne lui aient pas laissé le temps de composer des élégies, car il y excelle.
ألاَ ليتَ شعري ما البحيرةَ فاعلُ بها الدهرُ أوْ ما يفعلـنَّ أميرهـا
فناجيتُ نفسي في الملاءِ وخاليـاً بصرمكَ فاستعصى علىَّ ضميرها
TAHIYATI

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