LE SITE ET LE FORUM DE SETIF ET DE SA REGION


Bonjour et bienvenue sur le Site des Sétifiens.
Ce message s'affiche car vous n'êtes pas encore inscrit(e) ou vous ne vous êtes pas encore identifié(e).
Pour nous rejoindre et participer activement aux débats, inscrivez vous. Merci.


Derniers sujets
Sétif - La Mosquée Ibn Badis
ils ont dit au sujet de la générosité
"Le plus lent à promettre est toujours le plus fidèle à tenir."Jean-Jacques Rousseau
"Ce qui demeure le plus difficile à pardonner, c'est la charité qu'on a reçue."José Artur
"Celui qui cache sa générosité est doublement généreux."José Narosky
"Il faut savoir se prêter au rêve lorsque le rêve se prête à nous."Albert Camus
"La charité, comme la raison, est un des éléments de notre connaissance."Georges Bernanos
"La devise de l'homme vertueux est renfermée dans ces deux mots, donner et pardonner."Jean Le Rond d' Alembert
"La générosité, c'est toujours le sacrifice de soi ; il en est l'essence." Henry de Montherlant
"Le serment est-il donc un moyen imaginé pour donner la vraisemblance au mensonge?"Alphonse Karr

ils ont dit au sujet de la médisance
"Une médisance anonyme est peut-être plus honteuse qu'une calomnie signée."Victor Hugo
"Se calomnier soi-même est la grande tentation des âmes nobles."Jean Dutourd
"Mieux vaudrait, après votre mort, une méchante épitaphe que, de votre vivant, un mauvais renom."William Shakespeare
"La médisance irrite les hommes et ne les corrige pas." Nicolas Machiavel
"Mentir pour nuire est calomnie : c'est la pire espèce de mensonge."Jean-Jacques Rousseau
"Il faut toujours que tout ce qui est grand soit attaqué par les petits esprit."Voltaire
"On finit toujours par mépriser ceux qui sont trop facilement de notre avis."Jules Renard
"Le monde accuse, soupçonne et calomnie avec une déplorable facilité."Guy de Maupassant
Code AFRICAWIN 160x600
Fin du code AFRICAWIN
Flux RSS

Yahoo! 
Google Reader 
MSN 
AOL 
NewsGator 
Netvibes 
Bloglines 


ils ont dit au sujet de l’égoïsme
""Moi, j'ai pas de cancer, j'en n'aurai jamais, je suis contre."Pierre Desproges
"Egoïsme : Se plaindre de celui des autres, et ne pas s'apercevoir du sien."Gustave Flaubert
"Egoïsme de prétendre vivre pour les autres : nul n'a besoin que l'on vive pour lui."Jacques Attali
"Egotiste : Personne de goût médiocre, plus intéressée par elle-même que par moi."Ambrose Bierce
"Il n'est jamais facile de négocier avec des gens qui se savent dans leur tort."André Frossard
"L’égoïsme, voilà le genre d’amour qui est justement décrié, parce qu’il n’est pas l’amour de soi, mais une passion désordonnée de soi"Aristote
"Il ne suffit pas d'être heureux : il faut encore que les autres ne le soient pas."Jules Renard

L'Histoire des Touaregs .

Page 1 sur 2 1, 2  Suivant

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

L'Histoire des Touaregs .

Message par moulay le Mer 02 Avr 2008, 22:26

Ce topic devrait figurer au niveau du chapitre de l'histoire mondiale en raison de la dissémination à travers plusieurs pays et sur une grande superficie de ce peuple étrange et fascinant .



La photo est malheureusement légérement escamotée puisque le peuple touareg s'étend jusqu'au Tchad à l'est .

Courte présentation



"Touareg" est un terme probablement d'origine arabe, qui a été répandu par les français. Il signifierait "abandonné des Dieux", mais cette proposition fait sourciller les Touaregs! Selon d´autres sources plus vraisemblables, il serait dérivé du nom d´une ville lybienne nommée Targa (Fezzan, sud Lybien) : en fait Targa serait tout simplement l´ancien nom du Fezzan lybien... Selon certains Touaregs, ils sont descendants de Tarik Ibn Ziad, un grand conquérant Berbère qui conquit l´Espagne au 9ème siècle.

Les Touaregs ont toujours vécu dans l'ouest africain, dans ce qui s'appelait autrefois l'Afrique Occidentale Française (AOF).

Origines


Les Touaregs sont de lointains cousins des Égyptiens et Marocains.
Ils ont notamment hérité de leur culture et leur religion : l'Islam.
La religion chrétienne a peut être également eu une certaine influence. Au niveau artistique : les artisans forgerons Touaregs sculptent traditionnellement de très belles croix .

Pourtant, ils ne sont pas Arabes: les Touaregs sont d´origine Amazigh ils parlent un dialecte Amazigh ancien et l'écriture Tifinagh dans ses nombreuses variantes régionales, a influencé l'alphabet Berbère d'aujourd'hui.
Aujourd´hui les Touaregs sont métissés avec les populations arabes et noires sub-sahariennes et présentent de nombreuses composantes, il est difficile de les .

Même si la religion. l´Islam, est un fondement de leur existence, ils ne sont pas grands fervents de pratique religieuse pour la plupart. On retrouve cependant les grands traits de la pratique, l´impureté de la viande de porc par exemple est une question toujours considérée avec importance par les Touaregs, la prière est aussi un moment privilégié. Ceci n'est pas vrai pour tous les Touaregs, et certaines régions abritent des Touaregs très pratiquants, notament dans la région du Kidal.

En fait, ils n'aiment pas particulièrement se faire appeler "Touaregs" et souvent préfèrent être appelés Imajeghen, Imouhaghen ou Kel tamasheq. Aux temps de crise qui succédaient à la colonisation, certains d'entre eux, pauvres et sans travail étaient aussi appellés shumar ou ishomar du fait de leur situation précaire, l´origine du mot est la phonétique du mot français 'chômeur'.

La présence française

Au début du siècle, les français repartent à la conquête de l´Afrique. Les défaites en prusse en 1870 ont un peu émoussé la fierté de l´armée française.
L´Afrique reste à explorer pour les colons, et redonne de nouveaux espoirs à la France. Un probléme géographique se pose en fait entre le nord (Maghreb) et le sud (Soudan français, actuel Mali), la coupure du Sahara isolera à l´avenir les deux Afriques.

Il faut relier le nord au sud par le rail!

Les officiers Dupontel et Freycinet en seront chargés. Au delà d´une simple liaison économique, il s´agit également d´unir les unités militaires Françaises du nord et celle du sud.

Les divisions du nord étaient réunies sous l´appellation "Armée d´Afrique" ou les "Culs Rouges", les divisions du sud étaient les véritables colonies gardées par l´armée "la Coloniale", dépendante de la marine dont les soldats étaient familièrement appellés "les Culs Noirs".
D´ailleurs les deux colonies ne s´apprécient que moyennement.

Dans le désert les militaires rencontrent une opposition farouche, au delà de l´aridité et de l´obligation de tracer son chemin au milieu de fournaises, des petites armées de guerriers sur des chameaux, les Touaregs règnent sur le désert, et l´envahisseur ne passera pas... quasiment toutes les tentatives de traversée du Sahara seront vouées à l´échec, decimées par des guerriers Touaregs.

"En 1881, le Colonel Flatters, parti d'Ouagla le 4 décembre 1880 pour étudier le tracé d'une voie ferrée centrale, fut massacré à Bir el Garama, 1.000 kilomètres au Sud d'Ouargla, par les Touareg.
En 1886, la tentative de Palat pour traverser le Sahara échoue dans des conditions identiques.
En 1889, Douls connaît le même échec, qui se répête en 1896, quand le Marquis de Morès périt comme ses devanciers sous les coups des Touareg." (source)

L´habillement, le mystère, la violence des combats laissera longtemps des traces dans les esprits français... finalement ce sont là des combattants exceptionels auxquels ils ont à faire face, qui surgissent de nulle part et opposent une resistance sans retenue aux explorateurs français.




Peu de temps auparavant s´achevait la conférence de Berlin qui découpait et attribuait des morceaux d´Afrique aux puissances européennes. Certains officiers français ont outrepassé leur droit et ont couru contre les anglais, parmi eux les officiers Voulet et Chanoine...


Les français ont donc régi l'Afrique de l´Ouest comme une seul région : l'Afrique Occidentale Française (l'AOF)

Il a été envisagé la création d'un territoire saharien relativement indépendant. Il aurait couvert la région frontalière entre Mali et Niger appelée azawagh et azawak en englobant le Sahara central, et donc le sud de l´Algérie. Mais ce projet ne vit jamais le jour lorsque les Français découpèrent les frontières africaines.

Les rapports entre Français et Touaregs étaient plus que tendus. Les Français ont dirigé d'une main de fer la région en privant les Imashaghen de libertés. En fait les français ont eu des difficultés à s´imposer dans l´organisation économique et sociale locale. Ils utilisèrent avant tout les Touaregs comme transporteurs, ainsi qu´au combat, ayant fait l´experience de leur qualités guerrières et jouant avec les rivalités préexistantes entre les Touaregs et les populations locales.

Ce fut Laperrine, grand ami du Père de Foucault, qui a l´idée d´enrôler ces "corsaires du désert" comme main armé, police du désert.
En Algérie ce sont les Chambaas et les Touaregs, au Mali les Kountas et Touaregs encore qui font régner l´ordre... de nombreux Touaregs s´en accomodent parce que Laperrine leur offrait la possibilité de s´acheter deux chameaux, un chameau de paturage, et un chameau monté, ainsi qu´un équipement. De nombreux Touaregs trouvèrent là satisfaction et c´est ainsi que "Laperrine apprivoisa les Touaregs".

Les Français ont également imposé le paiement d´une taxe, "une dîme" par les différentes autorités Touarègues : la twise, impôt de suzeraineté, qui en regard des traditions locales était la reconnaissance de la domination des Français.

Il semble malgré la violente confrontation entre les Français et les Touaregs, que les uns exerçaient une certaine fascination sur les autres (malheureusement, pas toujours dans le sens que l'on croit). C´est d´ailleurs en partie de ces conflits que vient la réputation de terribles guerriers du désert des Touaregs, certains officiers français ont gardé le souvenir de passionnantes amitiés, certains s´y sont même mariés...

A suivre. Source : tuaregs.free

moulay
Accro
Accro

Masculin
Nombre de messages: 3502
Localisation: ALGERIE.
Humeur: OPTIMISTE
Date d'inscription: 09/01/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'Histoire des Touaregs .

Message par perigot le Ven 04 Avr 2008, 10:48

Sujet trés intéressant ... Les Touaregs sont un peuple fascinant et pratiquement mystérieux( pour les profanes) . Non point pour leurs étranges accoutrements et leurs coutumes particulières qui demandent à être expliqués , précisés , commentés , approfondies et notamment le port du voile sur le visage par l'homme plutôt que par le femme mais aussi pour leur organisation sociale , la hiérarchisation de leur vie en communauté et la prééminece de gouvernants parmi leurs femmes qui pourraient faire croire à l'existence chez eux d'une société matriarcale . Pourquoi les surnomme-t-on les hommes bleus ? Quel est le type de leur amazighité ? Eclairez SVP nos lanternes .


"C'est surtout ce qu'on ne comprend pas qu'on explique ."
Emile Meyerson.
"Pour bien savoir les choses , il en faut savoir le détail ; et comme il est presque infini , nos connaissances sont toujours superficielles et imparfaites."
Duc De La Rochefoucauldt.

perigot
Accro
Accro

Masculin
Nombre de messages: 1560
Localisation: Sétif
Date d'inscription: 19/02/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'Histoire des Touaregs .

Message par Diibel le Ven 04 Avr 2008, 16:00

moulay a écrit:



Origines


Les Touaregs sont de lointains cousins des Égyptiens et Marocains.
La religion chrétienne a peut être également eu une certaine influence. Au niveau artistique : les artisans forgerons Touaregs sculptent traditionnellement de très belles croix .

Source : tuaregs.free


"peut etre également" confused
La croix targuie à des ressemblances quasi totales avec celle des anciens égyptiens " la croix d'ANKH" ou latinisée " croix ansée" .

Diibel
Supermotivé
Supermotivé

Masculin
Nombre de messages: 247
Date d'inscription: 20/02/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'Histoire des Touaregs .

Message par moulay le Sam 05 Avr 2008, 07:04


Un homme bleu


Et voilà un texte qui définit les Touaregs ," hommes-bleus" :


Les Touareg ou Kel Tamasheq (au singulier un Targui) sont un peuple de Berbères de Sanhadja et de Zénète nomades Luwata et aussi d'origine des Banou Ifren , vivant dans le Sahara central, l'Algérie, la Libye et sur les bordures du Sahel, Niger, Mali, et Burkina Faso. Leur langue est le Tamajaq ou Tamasheq ou encore Tamahaq selon les régions. Ils utilisent un alphabet appelé tifinagh (prononcé tifinar).

Les Touareg sont parfois appelés les « hommes bleus », d'après la couleur de leur chèche. Teinte avec de l'indigo, elle décolore sur la peau avec le temps. Aujourd'hui, certains Touareg sont métissés avec les populations noires d'Afrique sub-saharienne. Ces populations sont confrontées à des formes d'assimilation culturelle et linguistique, à une marginalisation économique et politique qui les ont conduites à la lutte armée dans les années 1990. Beaucoup ont abandonné le nomadisme pour se fixer dans les grandes villes en bordure du Sahara, comme Tamanrasset en Algérie ou Agadez au Niger.


Étymologie
L'origine de ce nom est inconnu. Certains pensent qu'il provient d'un mot arabe qui signifie « abandonnés », d'autres qu'il dérive du nom d'une région libyenne, appelée encore à ce jour Targa (« rigole » ou « vallée »). C'est la région de Oubari, dans le Fezzan. La dénomination d'origine Aw-Targa (fils de Targa) en berbère atargi, à l'origine du nom pour certains, tandis que d'autre retiennent que depuis le milieu du XIXe siècle, les chroniqueurs médiévaux arabes les appelaient tawwareq. À l'époque coloniale, les Français ont utilisé et popularisé le mot Touareg comme le pluriel de Targui en français (féminin Targuia, pluriel Twareg). Cette distinction est progressivement à tort abandonnée, et l'on accorde de plus en plus le mot comme en français (un Touareg, une guitare touarègue, etc...). Les Touareg préfèrent d'ailleurs se désigner eux-mêmes par « Imajaghan » ou Imuhagh (noble et libre) ou par « Kel Tamajaq » (les gens de Tamajaq). Notons que Tamahaq, Tamajaq et Tamachaq sont toutes les trois des déformations de Tamazight dues à une altération par les accents du sud.


Pays

Carte de localisation du territoire touaregDivisés en plusieurs confédérations et tribus, un million et demi de Touareg vivent sur 5 pays du continent africain (barrières pour un peuple sans frontière). À l'intérieur de ce territoire, les Kel Tamasheq se sont longtemps joués des limites des états. Ceux-ci ont pourtant réussi à leur inculquer les normes de la douane et des passeports.

Ce territoire, appelé tinariwen (les déserts), est comme son nom l'indique découpé en plusieurs terres. De ces nombreux déserts, il y a le désert proprement dit : le Ténéré. Les autres terres sont plus ou moins arides, plates et montagneuses, parmi lesquels on peut citer celles qui font l'objet d'un article Wikipédia : Adrar, Azawagh, Hoggar, Tadmait, Tanezruft, Tassili N'Ajjer ou encore Tibesti.


Des villes et villages des touargs sont listés ci-dessous :
Abalagh
Agadez
Aguel'hoc.
Essouk
Djanet
Illizi (Alezi)
Gao (Gawa)
Ghat
Tchin-Tabaraden (In Tibaraden)
Keita
Kidal
Tamanrasset (Tamanghasat)
Tessalit
Tombouctou (Tin Bektu)

Vie sociale
La société touareg était très hiérarchisée, on peut rapidement classer les individus dans les catégories suivantes :

Imajaghan : tribus nobles ;
Imrad : tribus vassales ;
Ineslemen : tribus maraboutiques (au singulier ineslem signifie « musulman ») ;
Inaden : forgerons noirs ;
Irawellan : anciens captifs touareg ;
Iklan : esclaves noirs (au singulier akli signifie « noir ») ;
Bellas : esclaves libérés de langue Songhaï ;
Bouzou : esclaves libérés de langue haoussa.
Les Touareg sont monogames, même si sous l'influence de l'Islam quelques individus prennent plusieurs femmes[réf. nécessaire]. Le futur marié doit apporter une dot composée de dromadaires (appelés « chameaux » au Sahara) et de bœufs à la famille de la mariée. La tente et son ameublement est fournie au couple par la famille de la mariée, cette dernière en gardera la propriété en cas de divorce, laissant son ex-mari sans toit. Les mariés appartiennent presque toujours à la même caste[réf. nécessaire].

Les Touareg portent traditionnellement une sorte de long vêtement souvent nommé « boubou » (en étoffe de coton nommé « bazin »), et un chèche appelé aussi taguelmoust (tagelmust en berbère), ou encore « turban ». Le chèche est une sorte de turban d'environ 4-5 mètres de long qui s'enroule sur la tête pour se protéger du soleil, du vent, de la pluie, du sable, du froid...
Traditionnellement, l'homme ne quitte jamais son turban. Il peut être de différentes couleurs, telles que rouge, jaune, vert, mais deux couleurs ont une signification spéciale. Le blanc est porté pour montrer un signe de respect, un jour particulier. Le chèche indigo est fait à partir de lin, souvent avec un tissage complexe. Il est porté les jours de fête (et les jours de froid car il est plus chaud que le chèche en coton). Sa teinture tend à déteindre sur la peau, donnant au targui le surnom d’homme bleu.


Culture
L'origine exacte des Touareg reste inconnue ; ils sont vraisemblablement descendants des tribus Zénète et Lemta de la confédération berbère sanhadja[3]. Il est certain qu'ils sont de culture berbère, l'usage du même alphabet le tifinagh et de la même base linguistique le tamasheq sont là pour l'attester.

Le cérémonial du thé est une manière de montrer l'hospitalité, et un prétexte pour discuter avec le visiteur de passage. Le thé a été introduit au début du XXe siècle au travers de l'influence arabo-musulmane. Il n'est pas très poli de refuser un thé ou de ne pas boire les trois thés. En effet les mêmes feuilles de thé vert sont utilisées pour confectionner trois services à la suite. Cependant, l'adage Le premier thé est amer comme la vie, le second est fort comme l'amour et le dernier est doux comme la mort est à attribuer au peuple Sahraoui, résidant dans tout l'Ouest du Sahara.

Chaque année, en janvier, a lieu le festival du désert à Essakane, près de Tombouctou au Mali, ainsi que celui d'Essouk, prés de Kidal. Plusieurs autres festivals ont lieu à travers le pays Touareg, manifestations qui offrent une vraie occasion pour découvrir la culture touarègue: la cure salée à In-Gall, près d'Agadez. Les fêtes traditionnelles de Gani et Bianou à Agadez.

Depuis les années 1990 la musique touarègue s'est enrichie d'un nouveau courant : le blues touareg avec notamment le groupe Tinariwen ou bien Toumast. Les festivals de tourisme de Ghat et Ghadames en Libye. La fête de Sabiba à Djanet en Algérie.



Histoire
Jusqu'aux années 1900, le monde touarègue était organisé en confédérations ayant chacune sont propre ettabel (tambour) symbole de la chefferie et un Amenokal (pluriel Imenokalan), chef traditionnel élu par les sages à l'issu des palabres.

Les principaux groupes confédérés sont :

Kel Ajjer dans la région du Tassili N'Ajjer, entre Ghat et Djanet ;
Kel Ahaggar, dans les montagnes du Ahaggar ;
Kel Adagh dans l'adrar des Ifoghas au nord du Mali ;
Kel Antessar dans la région de Tin Bektu (Tombouctou) ;
Ioullemiden Kel Ataram (ceux de l'ouest) avec pour centre Ménaka ;
Ioullemiden Kel Denneg (ceux de l'est, appelés aussi Targeigareit (le centre). Le fief des Kel Denneg se trouve dans la région de Azawagh, vers Tchin-Tabaraden, Tahoua et Abalagh ;
Kel Gress, dans le Damergou (Tanut) ;
Kel Aïr, dans les montagnes de l'Aïr, dont les grandes villes sont Agadez, Timia, et Iférouane.
Quelques Imenokalan touareg :

Tin Hinan, ou Tamenokalt, matriarche et reine de Ahaggar ;
Karidanna, premier amenokal et fondateur de la fédération des Ioullemiden ;
Ibrahim ag Abakkada, chef des Azjer ;
Moussa ag Amastan, amenokal d'Ahaggar ;
Makhammad ag Katamay, chef des Iwillimidan Kel Denneg ;
Abdurrakhman Tagama, sultan d'Agadez ;
Al Khorer, résistant, chef des Ioullemiden Kel Denneg ;
Fihrun ag Amansar, résistant, chef des Ioullemiden Kel Ataram ;
Amud, chef des Kel Ajjer ;
Mohamed Ali ag Attaher, amenokal des Kel Ansar, décédé en exil au Maroc en 1994 ;
Mohamed Elmehdi ag Attaher, actuel Amenokal des Kel Ansar.
Tribus touareg :

Ait Awari
Awraghan
Alwalitan
Ashsharifan
Dabbakar
Itaguane
Daw Sahak
Idnan
Ifughas
Iherherane
Igdalan
Igoran
Ihaggaran
Ijawanjawatan
Imanghasatan
Imannan
Imaqqarghasan
Ikanawan
Irawalan
Ishadanharan
Izawitan
Illisawan
Kel Aghlal
Kel Assuk
Kel Away
Kel Faday
Kel Ferwan
Kel Ghala
Kel Ansar
Kel Nan
Kel Tadaley
Kel Tafidat
Kel Takriza
Kel Tin Alkum
Kel Ghat
Taitoq
Teggermet
Tellem Edes
Udalan

Personnalités touareg
Mohamed Almokhtar ag Hawad, marabout des kel Ansar ;
Aligurran ou Anigourran, sage et héros des légendes anciennes ;
Afellan, guerrier libre, cavalier et célèbre poète ;
Kaocen, chef de la résistance contre la colonisation française en 1916 ;
Alla ag Albachir, résistant de l'Adrar des Ifoghas des années 1960 ;
Hadj Moussa Hakhamoukh, militant du FLN pendant la guerre d'indépendance d'Algérie ;
Alladi ag Alla, résistant ;
Mohamed Moussa, ingénieur de l'aviation civile, il a été syndicaliste et très actif lors de la conférence nationale souveraine du Niger tenue en 1992. il participa au gouvernement de transition comme ministre de l'intérieur et ministre des transports en 1992 et 1993 ;
Mano Dayak, leader de la résistance des années 1990, dans l'Ayr ;
Keddou ag Ossad, chanteur et guitariste ;
Abdallah ag Oumbadougou, chanteur et guitariste de la résistance.
Rhissa ag Boula, chef de la principale rébellion armée du Niger des années 1990, il signa en avril 1994 des accords de paix qui permirent la fin de la rébellion, le retour de la paix au Niger. Il participa à plusieurs gouvernements dont ceux du président Ibrahim Mainassara baré, Daouda Malam Waké et Hama Amadou sous la présidence de Tandja Mamadou.

moulay
Accro
Accro

Masculin
Nombre de messages: 3502
Localisation: ALGERIE.
Humeur: OPTIMISTE
Date d'inscription: 09/01/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'Histoire des Touaregs .

Message par moulay le Dim 06 Avr 2008, 11:27

La période post-coloniale - 1960



Tout au long des années trente, la situation touarègue s'est détériorée considérablement.

Les états qui ont émergé autour du Sahara, Niger, Mali... ont pris la succession du joug français en écartant les nomades des plans et des ambitions de développement de ces nouvelles puissances. Pourtant le départ des français laissait enfin le champ libre à la discussion entre les peuples, pour fonder des états où les Touaregs défendraient leur 'droit d'exister'.

En fait, lorsque l'Afrique de l'Ouest était régie par une même autorité, les frontières sahariennes avaient cessé d'exister, mais les barrières laissées par le colonisateur seraient désormais soumises à un contrôle rigoureux au grand dam des chameliers voyageurs, et les vieilles rancunes... il fallait notemment bâtir des pays neufs pour faire cohabiter de fiers Touaregs et des Hommes qu'ils auraient autrefois considérés comme leurs esclaves : tâche bien compromise tant au Niger qu'au Mali.

Niger
Au Niger, le premier président du Niger - Diori Hamani - a choisi un Touareg nommé Mouddour Zakara pour mener un ministère des "affaires nomades & sahariennes". Ceci sans doute pour assurer les Touaregs d'une volonté de dialogue et d'une certaine considération.

Mais entre 1974 et 1987, ils étaient soumis au régime dictatorial du colonel et futur général Seyni Kountché, de l'éthnie Djerma. Les Touaregs ont réagi en organisant une grande manifestation publique de mécontentement. En 1976, ils tentèrent même un coup d'état.
En 1985, deux soldats de l'armée du Niger auraient été tués par des dissidents Touaregs, peut-être sous influence lybienne qui tentèrent en vain de motiver les bédouins des environs de Tchin Tabaraden à engager une révolte de plus grande ampleur. Encore un échec, mais la rivalité entre les Touaregs et Kountche s'affirme de plus en plus bien que ce dernier soit en proie à la maladie. Cet évènement sera le point culminant des vives tensions qui existèrent sous le règne de Kountché.

Car en 1987, la mort du président le Général Kountché, "ennemi de la Lybie et des Touaregs", et l'arrivée du nouveau président le colonel Ali Saïbou - un Djerma lui aussi - laissait présager de nouvelles perspectives pour les nomades du Nord. Le nouveau président envisagea de tourner son pays vers la démocratie : il essaya en première mesure de motiver le retour des réfugiés qui avaient fui le régime de son prédécesseur en Lybie et en Algérie en s'y rendant personnellement. Il rompit de fait les mauvaises relations que le général Kountché entretenait avec le colonel Khadafi, et lors d´un voyage en Lybie, offrit l´amnistie aux nombreux exilés Nigériens. Les réfugiés posèrent tout de même quelques conditions (qui seront des questions récurrentes dans la problématique de la situation des Touaregs) : des mesures d´équité, un statut d´auto-administration dans le nord... les Touaregs sont heureux de quitter les casernes.

Mali
Une première insurrection y eut lieu fin 1962, contre le gouvernement de Bamako dirigé à l'époque par Modibo Keita. Les Touaregs n'eurent en réponse et au bout d'un an de luttes qu'une sévère répression qui décima les tribus des Adrar des Ifoghas, d'où avait été lancé le mouvement par les Kel Adagh. Quelques 5000 Touaregs, jeunes pour la plupart s'exileront en Libye.

Le Mali voulut toujours rester en dehors de la crise qui se profilait. L'Algérie serait son partenaire, en livrant les chefs Touaregs réfugiés au sud du pays. L'algérie deviendra pourtant une terre d'exil pour de nombreux Touaregs, à Tamanrasset et Ghanet.

Mais le comportement paradoxal de l´Algérie est également conditionné par son incapacité à maintenir ses camps de réfugiés en fonctionnement. Elle se voit contrainte d´expulser au début, puis officiellement avec l'accord du Niger et du Mali de faire rapatrier de nombreux réfugiés : en 1990 quelques 20 à 25,000 réfugiés furent rassemblés sur la frontière, à In Guezzam et répartis dans un camp au Niger près de Tchin Tabaraden. (seuls 18,000 réfugiés parmi les 25,000 au départ on été acceptés en fait, Touaregs de "nationalité" Nigérienne)

Le FIDA, Fond International pour le Développement Agricole participera financièrement à l´opération.

Il faut également noter l'indifférence de la France qui était maîtresse de cette région pendant plusieurs années et qui brutalement, laisse livrée à la violence cette Afrique renaissante. Quelques initiatives seront lancées par des organismes français : comme la Coopération Française, mais l'aide est détournée, pas de vivres, couvertures, tentes pour les nouveaux "ishomar"... les aides internationales se retrouveront en vente sur les marchés de Tahoua ou Niamey...

moulay
Accro
Accro

Masculin
Nombre de messages: 3502
Localisation: ALGERIE.
Humeur: OPTIMISTE
Date d'inscription: 09/01/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'Histoire des Touaregs .

Message par moulay le Mer 09 Avr 2008, 10:41

Les prémisses de la rébellion
Les besoins et les difficultés des Touaregs ont toujours étés ignorés - voire méprisés - de l'opinion mondiale.

Ils ont toujours dans leur histoire été mis de côté quand les états émergeants ont commencé à se développer. Pourtant ils sont historiquement les hommes du désert et leur territoire reste depuis des siècles inchangé.

Les touaregs se retrouvent cloîtrés dans des bidonvilles en périphérie des grandes villes, ou poussés à l'exil.

L'exaspération les a poussé à prendre les armes et à mener une longue rébellion. Initiée par les premières manifestations des années soixante.



..".Qu'est-ce qui a donc poussé ces hommes à aller à la guerre ? ... Ce sont des frustrations longuement endurées par une partie de la population nigérienne qui seraient l'origine de la rébellion.
Moussa Ghali a 30 ans. Éleveur, il est membre du MNJ depuis mai 2007. Sous un arbre, il nettoie son arme en ruminant: « J'ai des frères en prison, alors qu'ils n'ont rien fait. Rien fait. D'autres encore sont morts. Les militaires les ont tués. Comme ça ! Si je vais en justice pour essayer de comprendre ce qui s'est passé, le gouvernement va m'enfermer aussi. »
De leur côté, Aklou Sidi Sidi et Agaly Wartarene appartiennent l'état major du MNJ. Agent de développement dans le civil, Aklou Sidi Sidi, la quarantaine, est combattant et conseiller du président du MNJ. Il dénonce pour sa part la corruption. « Ça fait vingt ans que je travaille sur le terrain, et j'ai vu les programmes de développement détournés, l'argent qui disparaît dans les poches des politiciens et des responsables administratifs, au lieu d'aller directement aux communautés. » Pour preuve, il montre la case de santé inachevée de Tchilizdag, un village voisin de l'oued. Un amas de pierres laissé sur le côté, les fondations du bâtiment sont construites. Il n'y a rien de plus. « C'est l'exemple type d'un ouvrage qui a été initié par le programme spécial du président de la République. Il devrait être achevé depuis 2003... Mais il ne l'a jamais été, alors qu'au niveau des statistiques nationales, il est considéré comme étant une case de santé opérationnelle... Tchilizdag est un bourg agricole composé de deux cent cinquante-trois ménages vivant, entre autres, de la culture de l'oignon. Le chef de village explique que le dispensaire le plus proche est à 35 kilomètres, et que les déplacements se font ici à dos d'âne... Difficile, par exemple, de transporter une femme sur le point d'accoucher dans de telles conditions.


Autre ressenti, celui du capitaine Agaly Wartarene, 43 ans, militaire et chef de poste administratif de la ville d'Iférouane, située aussi dans le massif de l'Air. Cet ancien représentant du sous-préfet de région raconte sa marginalisation progressive en tant que Touareg. « En poste depuis mars 2004, j'étais chargé de chapeauter les chefs militaires et de gendarmerie d'Iférouane. Ils devaient me rendre compte de leurs activités quotidiennes.» Ces derniers ont, petit à petit, commencé à ne communiquer qu'entre eux. « Avec le début de la rébellion, cela s'est amplifié. J'ai démissionné en juillet dernier. J'en avais assez de faire de la figuration, de subir des réflexions. »
Moussa Ghali de résumer simplement : « On lutte maintenant pour changer ça, pour trouver la justice. » Exactions, corruption, pauvreté et exclusion font donc partie des ressorts qui ont poussé la plupart de ces hommes à la révolte.
... En 2006, une loi impose même que 15% des bénéfices des sociétés minières soient redistribués aux collectivités territoriales concernées. L'occasion pour ces dernières d'avoir enfin un budget propre et de pourvoir au développement de leurs zones administratives. Mais rien de tout cela n'aurait été respecté, au regard des témoignages précédents. Aujourd'hui, le MNJ réclame l'application des accords de 1995, la mise en œuvre effective de la décentralisation et, nouvel élément, une vraie répartition des revenus issus de l'exploitation minière. « Nous demandons 50% de ces revenus », déclare de sa voix douce Agaly Alambo. Assis sur un lit de camp, entouré de combattants et d'officiers, le président du MNJ, s'exprime. « Depuis quarante ans d'exploitation minière, il n'y a jamais eu 1 franc pour cette population », poursuit celui qui connaît parfaitement les rouages du budget d'une collectivité locale. Il a, en effet, été adjoint au sous-préfet d'Arlit, la ville où se trouvent les mines uranifères, de 1995 à 1996. Il est persuadé qu'aucune partie des revenus de l'exploitation de l’uranium n’est reversée à la population.
La stratégie du Mouvement est aujourd'hui la suivante : « Nous souhaitons que, du moment où il existe une exploitation, la population en profite », précise Agaly Alambo. « Dans un département, on trouve cinq ou six communes. Et elles n'ont pas de budget. Elles ont besoin d'éducation, de dispensaires, de beaucoup de choses encore. Donc, ce pourcentage doit revenir à ces différentes communes. »
Une idée de partage, venue aux cadres du MNJ depuis la ruée vers l'uranium observée ces dernières années au niveau mondial, et notablement dans la région nord-ouest du Niger. Mais, de l'application des accords de 1995 à la répartition des revenus issus de l'exploitation du sol nigérien, le gouvernement a toujours fait la sourde oreille. C'est pourquoi la guérilla a éclaté...


« Les armes, c'est pas notre choix », assure Agaly Alombo. « On est obligés de les reprendre... pour que le gouvernement nous comprenne. » Depuis le début des combats menés par le MNJ en février 2007, les négociations avec les autorités sont au point mort.
Fin août, le gouvernement a même décrété l'état d'urgence dans la région d'Agadez. Ceci implique l'extension des pouvoirs des forces de défense et de sécurité, et la part belle à de possibles abus. Depuis, les tensions vont crescendo. Pendant que le MNJ attaque les convois militaires, fait des morts et des prisonniers dans l'armée, des exactions contre des civils sont perpétrés par l'armée régulière, jusqu'aux portes du massif de l'Aïr.
À une journée de voiture de l'oued se trouve Issenga, un lieu situé près de la ville de Gougarame. C'est dans cette étendue désertique qu'un charnier a été découvert. Neuf personnes ont été tuées, et leurs corps jetés dans une source. Rhissa, éleveur de 41 ans, est membre de cette famille assassinée. À côté des sépultures, il raconte le drame. « Une fois par mois, ils vont à Arlit vendre des animaux en échange de mil. Sur le chemin du retour, des gens les ont vu à sept kilomètres d'ici prendre l'axe pour rentrer chez eux, mais ils ne sont jamais arrivés à destination. Comme les militaires patrouillaient dans la zone, on n'a pas pu les chercher tout de suite. Une fois les soldats partis, on a d'abord trouvé les cadavres de nos six chameaux attachés et tués par balles. À dix mètres de là, on a découvert une chaussure, puis un pantalon, puis une chemise... ». Jusqu’aux dépouilles, tassées dans le puits naturel. Père, mère, oncles, Rhissa a tout perdu, et il ne comprend pas qu'on s'attaque de la sorte à des villageois. Il est persuadé que c'est l'œuvre des militaires. Habitués de ce type de faits, ces derniers auraient tué neuf autres personnes, à quelques kilomètres de là."

moulay
Accro
Accro

Masculin
Nombre de messages: 3502
Localisation: ALGERIE.
Humeur: OPTIMISTE
Date d'inscription: 09/01/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'Histoire des Touaregs .

Message par perigot le Mer 09 Avr 2008, 14:11

Un article trés intéressant à lire sur : "LA CONSTRUCTION DU MYTHE TOUAREG" .


-----------> CLIQUEZ ICI POUR LIRE L'ARTICLE

perigot
Accro
Accro

Masculin
Nombre de messages: 1560
Localisation: Sétif
Date d'inscription: 19/02/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'Histoire des Touaregs .

Message par moulay le Ven 18 Avr 2008, 16:37

La société targuie


es Touareg forment une société très hiérarchisée, répartie en plusieurs tribus, dont les plus importantes sont les Kel Rela, les Dag Ghali, les Issaqqamaren, les Ait Laoin, etc. Leur civilisation et leurs coutumes distinguent nettement les Imoûhagh. Tandis que les femmes sortent à visage découvert, les hommes, portent un long voile « Thagualmoust », qui est symbole de pudeur et qui les protège du sable et du soleil.



Les Imouhagh sont monogames, la filiation s’établit par la femme, l’enfant appartient à la tribu et à la classe sociale de sa mère. Ce sont les femmes qui assurent l’éducation.
Les Imouhagh de l’Ahaggar s’établissent en deux catégories socio-économiques : les nomades et les sédentares.

Les Kel Ahaggar ne se sont accomodés qu’à partir du XIX° siècle à la vie sédentaire, pour des besoins économiques. Durant le règne de l’Aménokhal Ahmed Ag Mohamed El Bakri (1830-1877), le village d’Idelès (1840) a connu, les premières techniques agricoles, importées des régions du Touat (Adrar), du Tidikelt (In Salah) et de Djanet par le biais de Hadj Ahmed (mayer des Kel Ahaggar). Idelès sera suivi par d’autres village : Tazrouk, Abalessa, Terhanânet, etc.

La tribu des Kel Gali, dignes descendants de Takamat (compagne de la reine Tn Hinane), faisant allégeance à la tribu des Kel Rela (descendants de la reine Tin Hinane), sont dénommés Kel Ouli (propriétaires de cheptel), car ils se consacraient essentiellement à l’élevage du bétail (chèvres et moutons).

Ils nomadisent principalement dans la région naturelle de l’Atakor, qui constitue leur aire de prédilection. On les retrouve actuellement en grande majorité sédentarisés dans les régions d’Hirafok, d’Idelès, de Terhanânet, de Tagmart N’ataram et Tagmart n’aféla.


La femme targuie


i l'histoire des Touareg est intimement liée au désert, elle l'est aussi grâce au rôle essentiel joué par la femme.

En effet originellement le premier noyau targui a été constitué par la noble Tin Hinan et Takama. Tin Hinan fut la reine qui prit les armes pour défendre son peuple et les idéaux de son pays.

Le régime matriarcal continue à déteindre sur la vie sociopolitique du Hoggar ; la femme targuie occupe encore une place importante dans sa société, et notamment dans le domaine socioculturel.

C'est elle qui transmet l'Amenokhal de la lignée des Kel Ghela. C'est aussi le vecteur porteur de l'essence de sa culture. En effet ce sont les mères qui apprennent à leurs filles l'écriture du Tifinagh, l'art de l'imzad. L'imzad est cette vièle monocorde qui est jouée exclusivement par des femmes artistes qui avaient seules le droit de faire vibrer cet instrument. L'imzad fat partie des reliques d'un passé où la splendeur touarègue s'appuyait essentiellement sur des pratiques guerrières désormais prohibées.

Dans les combats, les guerriers cherchaient toujours à être braves de peur que leur femme ou leur fiancée ne les privent des sons de l'imzad… « Il n'y aura pas de musique » disaient-ils au retour d'un combat malheureux et la seule perspective d'entendre jouer l'imzad suffisait à leur insuffler du courage et à les inciter à vaincre l'ennemi.

Cette particularité a conféré à l'imzad non seulement le pouvoir mais également le rôle et la valorisation de la femme qui reste sans conteste le pilier central de la communauté vers lequel tous les regards convergent.

Jusqu'à nos jours de Tamanrasset à Djanet, d'Agadés à Niamey ou de Kidal à Bamako, partout dans l'Ahaggar des Ifoghas, au milieu de ces massifs rocheux et de leurs plaines désertiques résonne encore le son de cette complainte musicale propre à l'imzad qui continue à ce jour d'accompagner des poèmes et des histoires romancées chantés par des hommes.

On ne peut parler de l'Ahal et de l'imzad sans faire référence à la belle Dassine, une femme qui a marqué son époque. De nos jours encore on évoque avec émotion ces symboles vivants de la culture touarègue. Ainsi qu'à Tamanrasset, Alamine Khawlen est citée, à Bordj El Haouas c'est Zegri Aïcha, à Djanet c'est Tarzagh, à Ideless c'est Eddaber Biyat. Hélas, le nombre des gardiennes de ce temple de la culture touarègue s'amenuise et risque de disparaître.

moulay
Accro
Accro

Masculin
Nombre de messages: 3502
Localisation: ALGERIE.
Humeur: OPTIMISTE
Date d'inscription: 09/01/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'Histoire des Touaregs .

Message par sahara le Dim 27 Avr 2008, 07:04

Bonjour à vous,

Vous trouverez sur ce lien un reportage Arte sur la rébellion touareg, ce document est visible une semaine, dépêchez-vous....

http://plus7.arte.tv/fr/detailPage/1697660,CmC=1997502,scheduleId=1992304.html

Amicalement
S.

sahara
Supermotivé
Supermotivé

Féminin
Nombre de messages: 297
Date d'inscription: 20/03/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'Histoire des Touaregs .

Message par sahara le Dim 27 Avr 2008, 09:49

perigot a écrit:

"C'est surtout ce qu'on ne comprend pas qu'on explique ."
Emile Meyerson.
"Pour bien savoir les choses , il en faut savoir le détail ; et comme il est presque infini , nos connaissances sont toujours superficielles et imparfaites."
Duc De La Rochefoucauldt.


Pour poursuivre dans votre réflexion Perigot....

...........Mieux vaut voir de ses yeux qu'être informé par autrui (proverbe touareg)

Bien à Vous
S.

sahara
Supermotivé
Supermotivé

Féminin
Nombre de messages: 297
Date d'inscription: 20/03/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'Histoire des Touaregs .

Message par perigot le Dim 27 Avr 2008, 13:48

sahara a écrit:
perigot a écrit:

"C'est surtout ce qu'on ne comprend pas qu'on explique ."
Emile Meyerson.
"Pour bien savoir les choses , il en faut savoir le détail ; et comme il est presque infini , nos connaissances sont toujours superficielles et imparfaites."
Duc De La Rochefoucauldt.


Pour poursuivre dans votre réflexion Perigot....

...........Mieux vaut voir de ses yeux qu'être informé par autrui (proverbe touareg)

Bien à Vous
S.



Merci Sahara pour cette constatation et merci pour ton lien , en espérant apprendre beaucoup plus de choses sur ce peuple fascinant de la part de ceux et de celles qui le connaissent bien.


"Trois opérations: Voir , opération de l'oeil . Observer , opération de l'esprit.Contempler , opération de l'âme . Quiconque arrive à cette troisième opération entre dans le domaine de l'art."

Emile Bernard.

perigot
Accro
Accro

Masculin
Nombre de messages: 1560
Localisation: Sétif
Date d'inscription: 19/02/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'Histoire des Touaregs .

Message par sahara le Dim 27 Avr 2008, 23:45

Il semble assez difficile de parler des touaregs sans rendre un bel hommage au Sahara…
…Alors, comme nous sommes ici chez nous, en Algérie…un peu de chauvinisme, mais point trop n’en faut et acceptons sans modération cet Appel du Désert

Entre 3 thés, un touareg dirait sûrement, le désert ne s’explique pas il se vit………

http://www.dailymotion.com/relevance/search/reportage+sahara+touareg/video/x3646c_le-desert-algerien-sur-son-31

http://www.dailymotion.com/related/x3646c_le-desert-algerien-sur-son-31/video/x36519_le-sud-algerientaghit?from=rss

Voici une vision un petit moins poétique mais plutôt géostratégique de ce que peut être aussi le Sahara.

http://www.dailymotion.com/relevance/search/sahara/video/x2oga2_le-dessous-des-cartes-le-sahara_creation


Artoufat
S.
--------------------------------------------

Quand on a connu le désert, on lui reste à jamais redevable d’une épreuve bénéfique, celle qui vous enjoint d’oublier. Le silence du désert vous dépouille. Par là, vous devenez vous-même. C’est-à-dire rien. Mais un rien qui écoute. Edmond Jabès

sahara
Supermotivé
Supermotivé

Féminin
Nombre de messages: 297
Date d'inscription: 20/03/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'Histoire des Touaregs .

Message par Boualem le Lun 28 Avr 2008, 01:00

sahara a écrit:Il semble assez difficile de parler des touaregs sans rendre un bel hommage au Sahara…
…Alors, comme nous sommes ici chez nous, en Algérie…un peu de chauvinisme, mais point trop n’en faut et acceptons sans modération cet Appel du Désert

Entre 3 thés, un touareg dirait sûrement, le désert ne s’explique pas il se vit………
Artoufat
S.
--------------------------------------------


Je vous invite à prendre un thé bien émoussé
http://youtube.com/watch?v=surJ4VwIe38&feature=related

L'adage dit: Atey bla kechkeche ki Targui bla chéche.
Un thé sans mousse est tel un targui sans turban ( tête nue ).

Thanamyrth

@rTHYMLILITH

Boualem
Accro
Accro

Masculin
Nombre de messages: 2790
Date d'inscription: 26/04/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'Histoire des Touaregs .

Message par moulay le Lun 28 Avr 2008, 09:39

Voilà un sujet inédit et passionnant . Beaucoup d'Algériens voient d'un certain oeil le Sahara pour son petrole et son sble fin et son soleil . Nos Touaregs , nous ne les connaissons pas bien. Et pourtant ils sont extraordinaires.. good Merci Sahara pour les documents et merci de nous faire partager ta passion... merci Boualem pour le thé mythique. Rolling Eyes good

moulay
Accro
Accro

Masculin
Nombre de messages: 3502
Localisation: ALGERIE.
Humeur: OPTIMISTE
Date d'inscription: 09/01/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'Histoire des Touaregs .

Message par lamria le Lun 28 Avr 2008, 09:50

j'ai déjà gouté au thé du sahara, et je peux vous dire que j'ai tout simplement adoré

Et en voilà une de ces belles oeuvres de benyaa ( encore et toujours grrr ) , immortalisant ce beau rituel



b'sahatkoum

lamria
Supermotivé
Supermotivé

Féminin
Nombre de messages: 249
Localisation: alger
Emploi/loisirs: lecture, musique, la nature
Humeur: optimiste
Date d'inscription: 14/04/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'Histoire des Touaregs .

Message par Zeryab le Lun 28 Avr 2008, 13:15

Boualem a écrit:

Je vous invite à prendre un thé bien émoussé
http://youtube.com/watch?v=surJ4VwIe38&feature=related

L'adage dit: Atey bla kechkeche ki Targui bla chéche.
Un thé sans mousse est tel un targui sans turban ( tête nue ).

Thanamyrth

@rTHYMLILITH


Je vois que t'es déjà installé, traaaaaaanquille, comme diraient, shab le Midi (sud de France)

Mais en fait, j'ai jeté un coup temeplus sur la vidéo, et je me demandais où tu peux bien brancher ton poste pour être connecté avec la civilisation ptit mdr


TAHIYATI

Zeryab
Accro
Accro

Masculin
Nombre de messages: 1671
Date d'inscription: 09/03/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'Histoire des Touaregs .

Message par sahara le Lun 28 Avr 2008, 17:12

Boualem a écrit:quote]

Je vous invite à prendre un thé bien émoussé
http://youtube.com/watch?v=surJ4VwIe38&feature=related

L'adage dit: Atey bla kechkeche ki Targui bla chéche.
Un thé sans mousse est tel un targui sans turban ( tête nue ).

Thanamyrth

@rTHYMLILITH


Merci pour l'invitation Boualem, que je ne peux refuser.. good

La mousse est synonyme de chance et de fortune, il paraît...Est-elle à ta convenance Boualem ?



Méchoui dont j'ai oublié le nom... C'est du foie entouré de graisse..Un régal pour les carnivores


Taguella, pain touareg, qui tient à l'estomac, rien à dire vous ne mourrez pas de faim dans le désert...


Nouvelle sur ce site, je profite de ce fil qui me tient à coeur (merci Moulay) comme beaucoup d'autres d'ailleurs, pour vous saluer autour de ce beau et bon repas.

Je prends beaucoup de plaisir à apprendre parmi vous… Tanemert

Amicalement
S.

sahara
Supermotivé
Supermotivé

Féminin
Nombre de messages: 297
Date d'inscription: 20/03/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'Histoire des Touaregs .

Message par moulay le Lun 28 Avr 2008, 23:05

marhaba Sahara . Longue vie parmi nous . Very Happy

moulay
Accro
Accro

Masculin
Nombre de messages: 3502
Localisation: ALGERIE.
Humeur: OPTIMISTE
Date d'inscription: 09/01/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'Histoire des Touaregs .

Message par sahara le Mar 29 Avr 2008, 08:15

Merci Moulay



Voici un article interessant, sur l'évolution ou plutôt l'adaptation de la culture Touareg de nos jours à travers la musique......

Article publié par Faiza SEDDIK ARKAM anthropologue en formation , dans le cadre du colloque international sur l’Imzad qui a eu lieu a Tamanrasset le 30 avril 2004. Organisé par l’association "sauver l’imzad ".

La fonction magico-religieuse et thérapeutique de la musique chez les Touareg de l’Ahaggar
Les Touareg Kel Ahaggar face à l’histoire


La société touarègue Kel Ahaggar a toujours suscité, au delà de l’intérêt proprement scientifique, une curieuse fascination quasi légendaire parmi de nombreux explorateurs, voyageurs, médecins coloniaux qui ont eu à la rencontrer. Le désert et ses nomades constituent l’autre monde, si ce n’est l’envers du monde, celui peut-être des origines, l’espace des prophètes et le lieu de la naissance des religions. Il est le lieu de la mystique par excellence. La rudesse du climat saharien et l’inhospitalité de ces zones arides ont fait que les hommes qui y vivent se sont adaptés à un environnement hostile en organisant leur mode de vie en respect avec la nature. La société touarègue Kel Ahaggar actuelle a hérité des échanges socioculturels, politiques et économiques avec les populations du Nord et du Sud. Les échanges commerciaux transsahariens, l’élevage pastoral et le trafic caravanier ayant fait son histoire, elle a, par la suite, subi les effets de la colonisation. La fin des rezzous et la quasi disparition du trafic caravanier ont miné l’économie touarègue. Les frontières arbitraires ont été établies durant cette période et elles ont été maintenues après les indépendances. Les Touareg qui nomadisaient dans ces territoires du Sahara et du Sahel ont vu leur espace se rétrécir considérablement. Les différents groupements Touareg se trouvent dispersés dans les différents États, Mali, Niger, Algérie, Libye et Burkina Faso. Pour ce qui concerne les Kel Ahaggar (Algérie), des changements significatifs ont été apportés par l’accession du pays à l’indépendance et notamment, par l’introduction du salariat, la scolarisation des enfants, la sédentarisation et les coopératives agricoles. La crise du pastoralisme traversée par l’Ahaggar a provoqué des mutations socio-économiques importantes et un passage progressif vers une certaine forme de sédentarisation. L’insertion agricole des harâtîn (cultivateurs noirs), des Iklan (anciens esclaves) et la paupérisation des nomades ont provoqué leur afflux vers les centres de culture ou vers la ville à la recherche d’un travail salarié. La société des Kel Ahaggar a été marquée, depuis le début des années soixante-dix, par une série de bouleversements induits par le contact de l’économie moderne et la dégradation de l’environnement naturel. La sécheresse provoqua un brusque afflux de « réfugiés » Touareg nomadisant du Niger et du Mali, vers Tamanrasset et les autres centres frontaliers. Cette société tente, tant bien que mal, de s’adapter physiquement et psychiquement aux nouvelles conditions de vie amenées par la sédentarité. Et pour ne pas se laisser dépérir, elle crée de nouveaux mécanismes de défense inspirés d’un système magico-religieux et thérapeutique qui prend son origine dans sa culture et les croyances ancestrales construisant sa cosmogonie, ainsi que dans l’Islam qui s’est adapté à cet univers de croyances. Ce système est lui-même en pleine recomposition car subissant progressivement des influences diverses caractéristiques des différents apports culturels. L’intégration de certains rituels venus d’ailleurs, lors des plus importantes cérémonies, en est le signe. La sédentarisation induit aussi une cohabitation avec les villageois, un changement de travail, de régime alimentaire et d’habitat mais aussi de nouvelles influences sur le plan culturel, notamment musical. Cette transformation est particulièrement sensible dans les formes artistiques de la tradition noble, telle que la pratique de l’imzad. L’un des soucis de la jeunesse touarègue actuellement est de maintenir des symboles culturels forts telles que la pratique musicale, la poésie, la danse chamelière lors des illugan qui retracent l’histoire d’un passé guerrier prestigieux. Une musique, traditionnellement réservée à un groupe dominant, se trouve réappropriée par l’ensemble de la société touarègue, toutes catégories confondues, qui en fait son principal vecteur culturel et identitaire.

Les transformations de l’espace musical traditionnel
Les modes de transmission du savoir oral se trouvant affectés, l’influence des médias et de la radio a beaucoup joué dans l’étouffement et le repli de certains éléments culturels, caractéristiques des Touareg. L’authenticité culturelle se perd progressivement pour laisser la place à la folklorisation encouragée par les politiques locales qui ne voient là qu’un attrait pour les touristes. Les occasions qui réunissaient la communauté touarègue régulièrement autour des assemblées musicales et poétiques se font rares, les rituels traditionnels qui avaient lieu autour des événements les plus importants de la vie ne trouvent plus d’espace adéquat, ils s’adaptent et évoluent dans un espace différent, lorsqu’ils ne disparaissent pas complètement. On assiste par contre à une reconquête des nouveaux espaces semi urbains, celles des quartiers périphériques de Tamanrasset où la communauté se réunit la nuit, organise des zahuten, (de l’arabe zahu : divertissement, distraction), souvent au son du tambour ou de la guitare. C’est ainsi que des soirées galantes s’organisaient autour de Lala, la grande dame du tindi au quartier de Tahaggart e choumèra, réunissant les jeunes touareg autour du tindi. Lors de ces retrouvailles, il y a toujours un sévère code de conduite à respecter, c’est ce que les Touareg nomment l’achak ou la fameuse takarakit (dignité) touarègue qui est ainsi mise en œuvre. Dans ces quartiers, on célèbre aussi régulièrement des tazengharet qui entraînent des possessions, et des khomissa, un rituel de possession venant du Niger et mené traditionnellement par des forgerons. Les danses provoquent régulièrement des transes, agelled, qui se déroulent dans un brouillard de fumée d’encens. Ces danses et ces musiques réunissent des jeunes gens d’horizons différents, parmi eux des ischumers, ces réfugiés Touareg du Niger et du Mali qui voyagent beaucoup et qui fêtent ainsi leur retour. Un nouveau style dit « al guitara » introduit par la jeunesse de l’Adagh se diffuse très vite parmi les Kel Ahaggar. Dans ce nouveau style à la guitare, l’artiste s’individualise, il s’accompagne à la guitare et chante des textes subversifs, remettant en cause l’ordre établi, mais chante aussi les amours impossibles. Face aux bouleversements que vit la société touarègue, la musique, les fêtes rituelles, le tindi, la tazengharet et plus rarement l’imzad semblent réunir ces populations et offrir un espace de « défoulement ». C’est ainsi qu’ils expriment leur bonheur de se retrouver mais aussi leurs angoisses. Le son de la tazengharet, le bruit du tambour mortier et le tindi agissent comme un aimant. Ces fêtes attirent irrésistiblement les gens là où elles se font. Le rituel musical est un moment où une même émotion est partagée, le même état de communion. Ce moment rituel réunit une communauté en souffrance. Plus les choses vont mal, plus on entend de la musique, afin de chasser les mauvais génies, de retrouver l’harmonie dans l’espace et le temps. C’est comme un baromètre du climat social et le même phénomène est observé par F. Borel au Niger (1986).
(...)

sahara
Supermotivé
Supermotivé

Féminin
Nombre de messages: 297
Date d'inscription: 20/03/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'Histoire des Touaregs .

Message par sahara le Mar 29 Avr 2008, 08:16

(…..)
Le cas de l’imzad
En Ahaggar, certains genres musicaux sont en voix de disparition et ne gardent que très peu de pratiquants, mais ceci concerne essentiellement l’imzad : « Il apparaît d’autres part que le mouvement de religiosité assez intense qui accompagne la « pacification » de l’Ahaggar avec l’arrivée des chorfa venus du Nord joue indirectement un rôle dans la disparition progressive de certains genres musicaux », (MÉCHERI Saada, 1996 : p33). Durant la période coloniale, déjà, certains auteurs ajoutent que : « dans certains campements (...) l’imzad a été rigoureusement interdit, car les nouveaux puritains lui attribuent une influence licencieuse sur la jeunesse », (L. Balout, M. Gast, 1959). Sur l’air de l’imzad joué par une femme, un homme chante des poésies et seul le son de sa voix accompagne l’instrument. L’ambiance est alors à la séduction et à la poésie. La séduction du violon, les cours d’amour, lors des assemblées poétiques autour de l’ahal inquiétaient les puritains, qui étaient sous l’influence des groupes religieux de chorfa qui se sont introduits durant cette période dans la société touarègue. L’imzad, intimement associé aux poésies guerrières et aux chants d’amours, a perdu ses thèmes, mais la créativité poétique demeure vive, elle s’accompagne de guitare et de Luth, instruments introduits par l’échange culturel avec les styles des autres régions du pays et celles des pays voisins. L’imzad demeure néanmoins l’instrument emblématique de toute une culture. Une autre fonction de la musique d’imzad semble exister depuis longtemps en Ahaggar, celle d’accompagner des cérémonies d’exorcisme, mais cette fonction s’observe de plus en plus rarement, peut-être aussi parce que le maintien de l’imzad en général pose actuellement problème, bien que considéré comme l’élément le plus prestigieux de la culture touarègue. Chez les Touareg de l’Air on continue cependant de jouer de L’anzad (anzad ou tindi n gumatten) pour « chasser les génies de la tête du malade », (Borel, 1986 : p 112). La poésie chantée traditionnellement associée à l’imzad était le genre poétique par excellence de la noblesse touarègue traditionnelle : « Aussi bien le contenu sémantique que le cadre d’exécution de ces chants reflètent le mode de vie et l’éthique de l’ancienne classe dominante » (Mécheri Saada, 1986 : p 96). Les thèmes de ces chants sont en premier lieu l’amour et la guerre ainsi que la satire. Or nous avons eu le loisir de l’observer dans un contexte différent, au cours d’un pèlerinage, à proximité du village Tarhananet, et accompagnant exceptionnellement une tazengharet et dans ce cas il avait précis une fonction thérapeutique. Cette tazengharet avait tout l’aspect d’un rituel de possession. Un jeune homme décrit comme possédé s’est distingué par un comportement étrange, il s’était éloigné du cercle de danse et s’était rapproché de Khaoulen, qui était assise à proximité et jouait du violon, pour lui exiger de la musique. Khaoulen, est l’une des dernières gardiennes de cet art musical ancestral. La musicienne assise et tenant fermement l’instrument sur elle, jouait en retrait de la scène différents airs, elle adaptait progressivement les rythmes selon l’état et la gestuelle du possédé, jusqu’à trouver le rythme qui lui correspond. Elle portait une très grande attention à l’évolution de son état. Ce dernier, tout en effectuant des gestes désordonnés, s’approchait d’elle en tapant des pieds sur le sol, rukud, provoquant un brouillard de sable, la menaçant de son bâton, et lui exigeant avec des cris de fureur, d’une voix inaudible de changer de rythme. La musicienne, qui semblait habituée à ce genre de réactions gardait sa sérénité, arrêtait son jeu le temps qu’il s’éloigne, et reprenait de plus belle en changeant de rythme au fur et à mesure, accompagnant ainsi sa danse. Les rythmes de l’imzad changeaient en fonction de l’évolution de l’état de cet homme tombé en transe, egullel. Le jeune possédé tournoyait l’air perdu et hagard, yeghlel, il tournait, il tournait, jusqu’à tomber en catalepsie. On disait alors de lui iswa, qu’il avait bu, qu’il a été arrosé par les chants et par la musique. Il s’agissait bien dans ce cas de rythmes joués pour les génies, et ces rythmes n’accompagnaient aucun chant particulier lié aux thèmes traditionnels de l’imzad. Il se jouait à proximité d’une tazengharet qui elle traditionnellement n’introduisait pas de musique instrumentale. Il s’agirait donc de « devises musicales », comme pour les Songhays du Niger, les textes rituels sont chantés le plus souvent avec accompagnement instrumentale (Rouch 1960 : 135), mais souvent aussi joués à la vièle sans être chantés, ainsi ils « fournissent la substance même de la musique de possession », (Rouget 1988 : 193). Mais force est de constater que cette maîtrise du violon qu’est l’imzad, de cet art musical et thérapeutique, n’est maintenue que par quelques rares femmes initiées. Il se pose alors le problème de la transmission des savoirs. La création d’une école d’imzad par une association qui travaille à promouvoir ce patrimoine ancestral est une initiative qui va dans le sens de favoriser la transmission des générations selon une pédagogie qui allie la tradition et la modernité. Le poids des religieux ne semble pas peser outre mesure sur la pratique musicale, car elle persiste mais sous d’autres formes. Les manifestations religieuses telles que les ziara (pèlerinages) sont l’occasion pour réunir de nombreuses cérémonies musicales. Ces dernières voisinent avec des rituels soufis tels que le Dzikr (a), azzeker (t), et le chant mystique d’el Busiri « el borda », que l’on retrouve également lors des mariages Touareg. C’est surtout l’évolution socio-économique et la transformation du mode de vie qui ont provoqué des mutations au sein de la société touarègue. Pour que ces musiques puissent encore se maintenir, il aurait fallu qu’elles retrouvent le rôle social qui faisait leur prestige. Et le rôle magico thérapeutique n’est pas des moindres.
L’attitude la plus fréquente des touareg Imuhagh (libres) face à une maladie mentale qu’ils soupçonnent avoir été causée par un génie kel essuf est soit le recours au tindi, lorsqu’il s’agit d’une femme, confiée en cas d’échec au taleb (marabout), soit l’isolement et l’immobilisation temporaire du malade, si ce dernier est un homme et qu’il a un comportement violent. Ils attachent le « fou » en attendant de le confier, soit au docteur « el khtour », soit au taleb. Les Imuhagh (Touareg nobles ou tributaires) ne s’aventureront pas à proximité d’une tazengharet, associé au culte des esclaves, razziés du Soudan ancien. Car, s’ils ne sont pas armés de Takouba, d’épée de fer, les Imuhagh ont peur de se laisser emporter par la « Tigellud », traduit improprement par l’état de transe et d’être ainsi la cible des génies, donc soumis malgré eux à la domination passagère des Iklan, qui vont réussir à les entraîner par le chemin de la possession dans le « contre monde », celui des Kel essuf.

Le cas du tindi
Le tindi est une cérémonie musicale autour de poésies tisiwal chantées par des femmes touarègues, centré autour d’un instrument musical traditionnel appelé le tindi (tambour mortier en bois). Il n’était jadis joué exclusivement que par des femmes nobles. Cette pratique semble s’être propagée également au sein des autres catégories sociales. Il prend une forme magico thérapeutique lorsqu’il est organisé autour d’une femme possédée qui effectuera une danse assise (balancement de la tête et du corps). Ce rituel a lieu au sein du campement, sous une tente ou à l’extérieur de celle-ci mais en cercle restreint, et ce au cours de la journée. Il est organisé pour une femme qu’on soupçonne être touchée par des kel essuf blancs ellelen, et qui donne les signes d’une dépression, le plus souvent post natale (fragilité après un accouchement). Cette cérémonie rituelle concerne souvent les problèmes féminins liés à la sexualité et à la maternité. Dans ce cas là, une femme va s’asseoir à proximité de la personne malade, jambes croisées et frapper le tindi. Les femmes assises autour des instruments les accompagnent en tapant des mains et en chantant, tandis que les hommes, debout, font un bruit de fond de gorge appelé « la taxemxemt ». La cérémonie débute par une mélodie forte, syncopée, destinée à provoquer la transe, ou egaled, ce rythme rapide va amener le malade dans le monde des Kel essuf « objet de ses peurs et de ses désirs » (Hawad 1979 : 81). Le rythme se ralentit accompagné alors de poèmes tristes, chantés par les femmes. Un peu plus tard le thème mélodique change de nouveau pour s’achever sur des mélodies douces, décrivant un paysage joyeux de la vie sociale. Un dialogue se noue ainsi entre le malade et l’assemblée facilitant le retour du malade parmi les siens. Ce changement de rythmes correspond aux variations de rythmes destinés aux génies. Le tindi, c’est juste pour te réjouir, pour t’apporter du réconfort, te permettre de te socialiser de nouveau avec les autres, me disent les femmes de l’Ahaggar. Le tindi a également une fonction sociale, il permet la réintégration du malade dans le groupe, la resocialisation. Cette fonction thérapeutique du tindi est très usitée chez les Touareg du Niger (Voir Rasmussen, 1991), ou elle concerne également les hommes, Hawad nous décrit une de ces cérémonie autour d’un tindi : « le malade vêtu de son costume de fête parfumé, muni d’un sabre afin de lutter contre les mauvais esprits, est amené au milieu du cercle formée par l’assemblée » (Hawad 1979 : 80). Une cérémonie similaire semble se maintenir en Ahaggar mais dans un cercle très privé et dans quelques rares campements, elle concerne essentiellement les femmes, les hommes eux, sont dirigés vers les marabouts. Par contre, on observe régulièrement des tindi lors des plus importantes manifestations musicales touarègues, souvent organisées autour des Illugan, la ronde des chameaux. Rasmussen, qui a étudié la possession féminine touarègue chez les Kel Ewey, se base sur les critères esthétiques de la danse. Les femmes nobles, dit-elle, touchées par l’infortune et l’invasion des génies, sont amenées à danser tout en s’imposant des critères esthétiques à respecter : « La danse de la tête, en tant que mouvement gracieux et contrôlé, et son trope central oscillant comme la branche d’un arbre encapsulent des symboles culturels essentiels afin de les rendre presque acceptables en termes esthétiques et symboliques parmi les nobles touareg traditionnels. Cependant, ce mouvement laisse supposer que l’on est malade, ou seul, ou dans un état de sauvagerie ayant besoin d’exorcisme », (Rasmussen 1994 : p75). Cette danse est associée au jeu du tindi appelée « tindi n gumatten », ce rituel réunit l’ensemble de la société touarègue. L’auteur dit que le comportement d’une femme « en transe » théâtralise un drame social, mettant en interaction une forme artistique et une expression sociale. L’exhibition des femmes n’étant pas d’une grande valeur chez les Touareg nobles, en particulier lors d’occasions où sont mélangées les différentes catégories sociales. La possession semble néanmoins assimiler le conflit entre eux et réunit dans un même rituel des couples traditionnellement tenus en opposition, nobles et esclaves, femmes et hommes, jeunes et vieux. La société accepte de voir une femme noble danser avec la tête et s’exhiber ainsi seulement si cela est justifié par l’état d’agalled. Ce mouvement est considéré comme strictement féminin, on dit que ce sont les esprits qui dansent en elle : « les femmes en état de transe transforment la culture soudanaise », nous dit Rasmussen, elles exécutent un mouvement gracieux et contrôlé de la tête et du buste pour le faire accepter dans leur milieu noble : « La danse de la tête est un compromis élégant qui brouille la ligne entre la danse et la possession, qui prend des images acceptables dans des chansons et des façons de bouger appropriées. », (Rasmussen 1994). Dans le pays Touareg voisin des Kel Ahaggar, dans l’Ajjer par exemple, des chants spécifiques et rythmes de tindi sont réservés aux génies, ils sont d’ailleurs appelés « tindi Rohé », le tindi des esprits4. L’existence de tels chants spécifiques destinés aux génies prouve bien que partout les Touareg organisent des cérémonies magico thérapeutiques à base de chants et de danse. De même que dans l’Aïr, la musique et les chants offrent un espace de communion et un espace thérapeutique. En principe, on ne chante ni ne joue d’un instrument à n’importe quel moment. Il existe des occasions spécifiques dont les deux plus importantes, les plus souvent évoquées par les Touareg nomades, sont les « séances pour les génies », au cours desquelles on joue l’anzad ou le tindi (avec ou sans chants vocaux) pour guérir une personne malade, c’est à dire pour « chasser les génies de son corps », et les fêtes (baptême, mariage) qui voient les hommes s’exhiber sur leur chameau préféré pour effectuer une ronde de chameaux5. Certains devins egahanen ont le pouvoir de distinguer les Kel essuf noirs des Kel essuf blancs. Les techniques de divination sont variées, car s’il y a bien possession par un Kel essuf, la nature du génie impose le rituel. Si c’est un Kel essuf blanc (ellelen, libre), on dirige la personne possédée vers le tindi ; c’est alors uniquement les hommes libres lui feront une danse pour lui. Si c’est un Kel essuf « mélangé » mixte, tout le monde danse pour lui (libres et esclaves). Si c’est un Kel essuf noir (akli : esclave), seuls les iklan dansent. La danse des iklan est une danse debout, et ce sont des femmes possédées qui pratiquent une danse assise au son du tindi. Les chants consacrés aux génies ne sont pas connus de tous, malgré la transmission des répertoires des chants aux classes serviles : « les nobles conservant pour elles-mêmes les chants consacrés aux génies » (F. Borel, 1981 : 114). Il existerait d’autres couleurs de génies chez les Touareg (Rasmussen, 1995) ; les génies bleus, proches des noirs et les génies rouges. La possession par les génies rouges est traitée par les marabouts. Dans le monde de la surnature se maintient ainsi la hiérarchie sociale de manière symbolique.
(…..)

sahara
Supermotivé
Supermotivé

Féminin
Nombre de messages: 297
Date d'inscription: 20/03/2008

Revenir en haut Aller en bas

Page 1 sur 2 1, 2  Suivant

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum