LE SITE ET LE FORUM DE SETIF ET DE SA REGION


Bonjour et bienvenue sur le Site des Sétifiens.
Ce message s'affiche car vous n'êtes pas encore inscrit(e) ou vous ne vous êtes pas encore identifié(e).
Pour nous rejoindre et participer activement aux débats, inscrivez vous. Merci.


Derniers sujets
Sétif - La Mosquée Ibn Badis
ils ont dit au sujet de la générosité
"Le plus lent à promettre est toujours le plus fidèle à tenir."Jean-Jacques Rousseau
"Ce qui demeure le plus difficile à pardonner, c'est la charité qu'on a reçue."José Artur
"Celui qui cache sa générosité est doublement généreux."José Narosky
"Il faut savoir se prêter au rêve lorsque le rêve se prête à nous."Albert Camus
"La charité, comme la raison, est un des éléments de notre connaissance."Georges Bernanos
"La devise de l'homme vertueux est renfermée dans ces deux mots, donner et pardonner."Jean Le Rond d' Alembert
"La générosité, c'est toujours le sacrifice de soi ; il en est l'essence." Henry de Montherlant
"Le serment est-il donc un moyen imaginé pour donner la vraisemblance au mensonge?"Alphonse Karr

ils ont dit au sujet de la médisance
"Une médisance anonyme est peut-être plus honteuse qu'une calomnie signée."Victor Hugo
"Se calomnier soi-même est la grande tentation des âmes nobles."Jean Dutourd
"Mieux vaudrait, après votre mort, une méchante épitaphe que, de votre vivant, un mauvais renom."William Shakespeare
"La médisance irrite les hommes et ne les corrige pas." Nicolas Machiavel
"Mentir pour nuire est calomnie : c'est la pire espèce de mensonge."Jean-Jacques Rousseau
"Il faut toujours que tout ce qui est grand soit attaqué par les petits esprit."Voltaire
"On finit toujours par mépriser ceux qui sont trop facilement de notre avis."Jules Renard
"Le monde accuse, soupçonne et calomnie avec une déplorable facilité."Guy de Maupassant
Code AFRICAWIN 160x600
Fin du code AFRICAWIN
Flux RSS

Yahoo! 
Google Reader 
MSN 
AOL 
NewsGator 
Netvibes 
Bloglines 


ils ont dit au sujet de l’égoïsme
""Moi, j'ai pas de cancer, j'en n'aurai jamais, je suis contre."Pierre Desproges
"Egoïsme : Se plaindre de celui des autres, et ne pas s'apercevoir du sien."Gustave Flaubert
"Egoïsme de prétendre vivre pour les autres : nul n'a besoin que l'on vive pour lui."Jacques Attali
"Egotiste : Personne de goût médiocre, plus intéressée par elle-même que par moi."Ambrose Bierce
"Il n'est jamais facile de négocier avec des gens qui se savent dans leur tort."André Frossard
"L’égoïsme, voilà le genre d’amour qui est justement décrié, parce qu’il n’est pas l’amour de soi, mais une passion désordonnée de soi"Aristote
"Il ne suffit pas d'être heureux : il faut encore que les autres ne le soient pas."Jules Renard

"Seigneur, délivre nous de la francophonie"

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

"Seigneur, délivre nous de la francophonie"

Message par Séléné le Dim 24 Oct 2010, 10:42

A propos des langues véhiculaires ou vernaculaires, hégémoniques ou dominées, conquérantes ou indigènes, quand donc les écrivains africains, pour ne parler que de nous, auront-ils enfin le courage de dénoncer le tunnel de faux problèmes et de mystification où l'on ne cesse de vouloir les enterrer ?

Qu'est-ce que c'est que cet acte d'allégeance ou d'amour à la langue française qu'on attend de nous ? Pourquoi faudrait-il que je fasse fête au français ? Parce que j'écris en français ? Habitant la banlieue, je prends ma voiture chaque matin pour aller travailler au centre de la ville. Qui oserait me demander de faire une déclaration d'amour à ma voiture ?

Dans combien de peuples divers, à travers le monde, les écrivains utilisent la langue anglaise ! Irlandais, Canadiens, Britanniques, Américains ... Rien qu'en Amérique, il y a les Noirs, les Hispaniques, les Chinois, les Juifs, les Scandinaves, les Germaniques, les Anglo-saxons, sans compter tous les autres. Dans chacun de ces peuples, il y a des écrivains de langue anglaise. Feraient-ils fête à l'anglais ? Aiment-ils l'anglais ? Ils n'en savent sans doute rien. La question ne leur a même jamais été posée, elle serait incongrue. Ils vivent l'anglais comme le poisson l'océan, innocemment; à peine sauraient-ils dire que cette langue s'appelle bien ainsi, à quel moment leur peuple y est entré, et à la suite de quels événements. Ils ont avec l'anglais une relation de confiance naturelle, la seule vraiment souhaitable, au lieu du concubinage tourmenté.

Car, il ne faut pas s'y tromper, l'écrivain n'est ni un démagogue de la langue ni un rat de laboratoire; c'est avant tout un créateur de mythes. Que les politiciens s'acharnent à conférer le pouvoir à certaines langues, à en dépouiller telles autres selon les critères qui leur sont propres, c'est leur affaire; nous leur souhaitons bien du plaisir. Que les fanatiques de la recherche s'acharnent à décortiquer le destin des langues, leur naissance hasardeuse, leur vie belliqueuse ou pacifique, leur fin anonyme ou fracassante, c'est l'affaire des chercheurs.

L'écrivain est, avant tout, un homme de terrain, un praticien qui met en œuvre les appareils linguistiques qui se trouvent à sa disposition, non un discoureur ou un entomologiste. Il peut, certes, donner son avis, à condition que ce ne soit pas un avis autorisé. Sinon il prête le flanc à la mystification, aux diverses entreprises de détournement.

Le fait est que l'écrivain a sa propre échelle de priorités, en tête de laquelle figure l'exercice de son pouvoir créateur dans sa totalité, dans son intégralité mais non le privilège d'écrire dans telle langue de préférence. C'est peu de dire que la liberté du citoyen a quelque chose à voir là-dedans – liberté de parler de tout sans tabou, liberté d'aller et venir, liberté universelle de choix. En vérité, la liberté est le ressort de tout.

Je sens bien qu'un de ces jours je me ferai anglophone, sans retour ni regret. La langue anglaise est aujourd'hui, mieux que la langue française, loin devant la langue française, la langue de la liberté, autant dire de la créativité.

Ce n'est certainement pas un hasard si le premier Prix Nobel Africain de littérature est anglophone. L'anglais est la langue où se débattent librement aujourd'hui tous les grands problèmes du monde, au contraire du français, première victime du délire de censure qui asphyxie la francophonie, et pas seulement dans l'Afrique des dictatures.

Mon premier problème, le premier problème de l'écrivain que je suis, c'est d'écrire librement ce que je rêve d'écrire, ce que j'aspire à écrire, ce que je brûle d'écrire sans avoir à surveiller ma plume, trier les mots, filtrer les idées, de peur d'irriter un dictateur, de déplaire à un ministre de la coopération ou de la francophonie, d'irriter un Foccart.

Je veux pouvoir écrire avec l'assurance que mon œuvre sera exposée, comme celles de tous mes confrères blancs et noirs, sans discrimination aucune, dans les vitrines des libraires, appréciée par les critiques au-delà des tabous et des consignes occultes des pouvoirs, diffusée à travers l'Afrique, lue par mon public africain.

Quelle que soit la langue, pourvu qu'elle m'offre ces facilités, j'en deviens idolâtre.

C'est cette liberté, ce vertige de créer dans la joie et l'authenticité que la francophonie a été jusqu'ici impuissante à offrir aux écrivains africains, avec ses sens interdits même quand ils sont autorisés, ses domaines réservés, ses chasses gardées, ses dictateurs de fer. Entre les intellectuels africains et les roitelets nègres, il y a bien longtemps que Paris a choisi. Les appels, les sermons pressants, les institutions aussi riches soient-elles, n'y feront rien : la francophonie officielle est condamnée à être l'étendard de parade de plumitifs mercenaires, et la risée des créateurs indépendants.

Je n'irais pas jusqu'à dire que la langue n'est rien; la vérité est qu'elle importe peu, comme le flacon bien connu d'un poète célèbre, pourvu que j'aie l'ivresse créatrice.


Mongo BETI

----------------------------------------------




Séléné
Accro
Accro

Féminin
Nombre de messages: 2635
Localisation: Sarkoland
Humeur: Séléné le Retour !
Date d'inscription: 02/08/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: "Seigneur, délivre nous de la francophonie"

Message par alakhtal le Dim 24 Oct 2010, 14:22

Sarko a promis monts et merveilles hier aux Africains : pourquoi pas un eventuel poste de membre permanent africain au conseil de sécurité de l'ONU ..... distrait

_________________
"Si la Loi divine présente un sens extérieur et un sens intérieur, c’est à cause de la diversité qui existe dans le naturel des hommes". Ibn Ruchd.

alakhtal
Accro
Accro

Masculin
Nombre de messages: 2138
Localisation: Algérie
Date d'inscription: 10/01/2008

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum